Médias
Tués par un obus
Par Luc Debraine - Mis en ligne le 27.04.2011 à 09:40
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Chris Hondros et Tim Hetherington étaient des photographes de guerre hors norme, et pas seulement par leur grand talent. Ils sont morts en Libye, à Misrata.
Si vous imaginez deux reporters de guerre à la Hemingway, causant à haute voix de leurs exploits le soir au bar, vous n’y êtes pas du tout. Les photographes Chris Hondros et Tim Hetherington, 41 ans chacun, tués le 20 avril par un obus à Misrata en Libye, ne cadraient pas avec ce cliché.
Chris Hondros, un Américain de l’agence Getty, était un passionné d’échecs et de musique classique qui montait au front en blazer. La veille de sa mort, il faisait encore la preuve de son talent avec des images des insurgés libyens composées avec une rigueur subtile.
Toujours très informé d’une situation de guerre donnée, et rapide, Chris Hondros avait été l’un des rares photographes à saisir la charge insensée à dos de chameaux des supporters de Moubarak sur la place Tahrir, au Caire.
Eduqué à Oxford, le grand Tim Hetherington considérait que la photographie en elle-même appartenait à une époque révolue. Pour lui, son Hasseblad n’était, comme sa petite caméra vidéo, qu’un outil multimédia parmi d’autres pour raconter la guerre de façon contemporaine.
Le documentaire de Tim Hetherington et Sebastian Junger, Restrepo, consacré à un camp militaire américain en Afghanistan, avait été nommé aux oscars en février dernier. Même s’il pensait que notre époque est «postphotographique», Tim Hetherington était un excellent professionnel respecté de ses confrères pour son intégrité.
Son image d’un GI affolé après un bombardement en Afghanistan avait raflé le prix World Press Photo 2007, la récompense suprême du photojournalisme.
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