Au sortir de l’aéroport de Carthage, les barrières sont levées et cela fait rire ton chauffeur. Parce que ce parking, avant, «était à Leila Trabelsi», la femme de Ben Ali, dit-il presque en confidence.
«ON VOIT REVENIR CES OPPOSANTS, DES VIEUX, QUI N’ÉTAIENT PAS DANS LA RUE.» Hamdi
C’est peut-être vrai, ou alors s’agit-il d’une simple rumeur. Mais dans la légende de la révolution, tout participe désormais du symbole, par ici, et ne plus payer un simple ticket de stationnement comme le reste.
Dans l’air libre et presque chaud de ce drôle de printemps en janvier, surnage ce sentiment d’incrédulité, le rêve impensable et devenu vrai, presque en douceur, comme le jasmin.
Mais la douceur, même au soleil, est si relative. Il y a eu des morts: 80, 100, 200? Peut-être davantage, ce qui est à la fois si peu et si énorme tout de même: des martyrs, pour les Tunisiens.
Mohamed Bouazizi, l’immolé de Sidi Bouzid, est devenu un héros. Et aux avant-postes, dans Tunis et ailleurs, les courageux qui ont manifesté ont pris parfois jusqu’au bout le risque de leur vie.
Les stores des échoppes restent baissés encore. Les hautes vitrines des grands importateurs automobiles, qui avaient souvent des liens avec le clan Ben Ali-Trabelsi, sont vides: véhicules cachés, ou alors quelque pillage.
Une attente éperdue demeure, à l’affût des nouvelles et démentis, rumeurs et communiqués, le tout relayé par l’internet. Pour les badauds, l’envie d’y croire est là. Mais l’habitude de la méfiance aussi, et donc une prudence de chat, construite sur des années à subir la forfaiture. Les gorges sont nouées encore. Il faut du temps pour délier les langues.
Avenue de la Liberté, 9 heures C’est un café sans vrai charme qui, en temps normal, doit être animé. Mélange formica et bois peint en vert, la voix de Zied Gharsa en fond sonore, on y passe vite, allant ou revenant du travail. Mais aujourd’hui, ils s’y asseyent avec une lenteur de jour de congé. Le boulot, ce ne sera pas avant la semaine prochaine et il faut pour le moment encaisser le choc de la révolution en buvant quelques bières.
Hamdi et Walid t’expliquent: «Il y a un mois, il aurait été impossible de parler politique au bistrot. De disserter en public sur le gouvernement, sur ce qu’il faudrait faire, sur ce que nous ne voulons plus, tout ça. On gardait nos avis pour nous, ou ça restait sur la table des familles, tout s’arrêtait dès qu’on ouvrait une porte ou une fenêtre.» Ils ont des demi-sourires, jettent encore des regards un peu inquiets ici ou là, par habitude.
C’est une révolution sans leader, sans parti, sans idéologie, sans armes et donc extraordinairement démocratique qui s’est menée en Tunisie, et cela la rend si inhabituelle. Ce fut comme si l’écorce terrestre avait bougé soudain, un tremblement de monde à la fois inéluctable et imprévisible.
La jeunesse de Tunis, quand on lui parlait d’espérance, était réputée ne s’intéresser qu’au club de football local. Mais elle s’est levée nourrie d’un fulgurant ras-le-bol, et rien n’a pu stopper la vague.
Depuis, les citoyens tunisiens n’ont qu’une crainte, sans cesse ressassée: «Que quelqu’un nous la vole, cette révolution», poursuit Hamdi. «C’est aussi pourquoi il y a une exaspération dès que quelqu’un revendique une quelconque paternité, ou une légitimité face à ce qui s’est passé.
On voit tout à coup revenir ces types, des opposants, des vieux, dont on n’avait jamais vu la tête, qui n’étaient pas dans la rue avec nous il y a trois semaines. Et maintenant, ils se repointent en Tunisie, passent à la télé et disent, voilà, je suis candidat à la présidence.»
Sur Facebook, qui fut l’un des bras numériques de la révolte, la proclamation du journaliste Taoufik Ben Brik, («Je suis le prophète de cette révolte car j’ai prédit l’histoire de la Tunisie à travers mes livres. Je suis le père légitime de la révolution»), qui se voit en favori pour l’élection suprême, a provoqué de forts énervements. La souffrance de Ben Brik, 50 ans, qui fut sans conteste l’un des adversaires honnis et persécutés de Ben Ali, lui vaut le respect des internautes à une condition: pas question qu’il s’en serve pour «confisquer» la révolution.
Moncef Marzouki, 65 ans, est logé plus ou moins à la même enseigne. L’ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, revenu depuis quelques jours au pays (il était parti en France), est désormais à la tête du parti du Congrès pour la république (CPR) qui vient d’être légalisé. Il a connu quelques petits succès populaires dans sa première tournée à travers le pays.
L’avocat Abderraouf Ayadi, lui aussi maintes fois harcelé, est vice-président du CPR: «Je crois, explique-t-il au téléphone, que l’avenir politique du pays va se construire au final autour de deux ou trois partis, qui formeront une colonne vertébrale gouvernementale. Et le CPR peut en faire partie.»
Cela ne signifie pas pour autant que Marzouki sera celui qui rassemblera le pays: l’homme est aussi très contesté, vu par certains comme un agent des Occidentaux, et il a même été secoué par quelques excités mardi à Tunis, alors qu’il voulait saluer la foule.
Dans le café de l’avenue de la Liberté, Hamdi reprend un verre. «Faut qu’on prenne le temps de les connaître. Il nous reste à apprendre à être libres. Mais au moins on parle, maintenant.»
Avenue Habib-Bourguiba, 12 heures Tous les jours ils marchent. Quelques centaines ou milliers de personnes sur ces ombragées Champs-Elysées de Tunis, et qui revendiquent le retrait complet du RCD du gouvernement de transition. Le RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique, fondé en 1988 par Ben Ali sur les cendres encore tièdes du parti de Bourguiba.
Ces trois lettres sont devenues depuis le 14 janvier, jour de la fuite du despote, l’a-b-c du ressentiment national s’exprimant de plus en plus librement. Car le RCD était partout et chez tout le monde: entre deux et trois millions de Tunisiens (sur une population de 10,5 millions d’habitants) avaient leur carte de membre, moins par foi ou idéologie que par facilité et opportunisme.
Démissions du parti des ministres appartenant encore au gouvernement, dissolution des instances du RCD, rien n’y fait: les citoyens persistent et veulent voir déguerpir des postes en vue l’ensemble de ces dirigeants qui viennent tour à tour clamer qu’ils n’ont au fond rien fait de mal puisque Ben Ali décidait de tout. «L’excuse est pire que la faute», s’exclame Slim, qui vient manifester tous les jours.
Dans les entreprises aussi, à la tête des journaux comme le quotidien La Presse, à la télévision, des patrons réputés trop proches du pouvoir sont ici ou là déposés par leurs propres employés.
Les policiers, là depuis le matin, enlèvent parfois leur casque et regardent tranquillement passer les banderoles ou drapeaux. Il y a des barbelés devant le ministère de l’Intérieur, des blindés de l’armée aux deux bouts de l’avenue. Les Tunisiens se font photographier devant les chars avec un drapeau national, apportent des fleurs aux militaires, les embrassent.
Le général Rachid Ammar, qui a refusé de tirer sur la foule, apparaît depuis comme l’un des sauveurs de la révolution. Pour le moment, l’affaire ne semble pas lui monter à la tête et ce chef d’état-major ne se voit guère sur un trône présidentiel. Mais il ne faudrait pas que le chaos politique perdure trop longtemps.
Il y a aussi quelque chose du pèlerinage sur l’avenue Bourguiba. Des Tunisiens y sont morts. Une liberté s’y est frayé un passage entre lacrymogènes et matraques. Seuls quelques jours séparent les cadavres de cette langueur presque bon enfant désormais.
Alors ils affluent ici presque en touristes, ceux de Tunis et d’ailleurs. Ils font des photos avec leur téléphone, demeurent sidérés devant la vitrine du libraire, remplie depuis quelques heures de tous ces livres interdits. Le couvre-feu approche, et peu nombreux sont ceux qui le bravent. L’avenue, la nuit, est inquiétante de vide.
Rue du Lac-Malaren, 15 heures C’est le nouveau quartier des Berges du Lac, à l’est, immeubles modernes et chics, chantiers élégants en cours, quelques ambassades.
Soudain, un croisement et un attroupement au loin, tu t’approches de la petite foule joyeuse. D’un parking souterrain, les dépanneuses officielles sortent des voitures de luxe. Une centaine de personnes, voisins, passants, sont là, filmant avec leur portable.
Les automobiles appartenaient à Douraid et Akram Ben Ali, trentenaires désœuvrés et surtout neveux de qui vous savez. Ils habitaient dans l’immeuble et possédaient… 13 voitures. Un voisin féru en fait une liste à la Prévert blingbling: «Porsche Panamera blanche, Ferrari Maranello, Mercedes McLaren, Bentley, même une petite Fiat 500, etc. Il y en avait pour plusieurs millions de dinars.»
Tu regardes une Porsche Carrera 4S noire se faire évacuer, et ensuite une grosse Range Rover orange. Ce n’est même pas la vengeance, juste la revanche, les roues de l’Histoire qui tournent sous les applaudissements et les rires du public. La scène est stupéfiante.
Une vidéo sur YouTube te montre l’arrestation, quelque part en Tunisie, de Douraid et Akram. Ils font semble-t-il partie de la trentaine de proches de l’ancien pouvoir détenus par le gouvernement de transition.
Rue Sidi-Abdallah-Guech, 17 heures Tout ira si lentement, le pays se remettra mais ceux qui imaginent un miracle rapide déchanteront sans doute.
La croissance du pays, ses fondamentaux macroéconomiques (lire L’Hebdo du 20 janvier dernier) n’empêchent pas de terribles inégalités, avec un salaire minimal en dessous de 200 francs suisses.
Dans la Médina, qui fonctionne encore au ralenti, les touristes et badauds ont presque complètement disparu. Et une ruelle fameuse dit ces jours toutes les fractures et contradictions du pays: Sidi-Abdallah-Guech, cinquante mètres de long, parfois un mètre de large, l’une des rues officiellement consacrées à la prostitution.
Son existence légale, revendiquée, est supposée permettre de contrôler trafics, contrebande et maladies: les Kahba, filles de joie, ont historiquement ici statut de fonctionnaire et les rondes de la police sont fréquentes. Mais c’est aussi un coupe-gorge sordide où les adolescents de la ville vont en file indienne faire l’apprentissage du sexe avec ces filles payées quelques dinars.
La Tunisie, en avance au plan de l’égalité homme-femme dans le Maghreb, en avance en termes d’éducation, d’alphabétisation, permet aussi ce vertige étrange datant de l’époque coloniale.
De vieilles maquerelles voilées font le tri des clients à chaque porte, alors que les gamines dévêtues attendent sur l’escalier derrière elles. Un mauvais payeur, ou un querelleur: une courte bagarre éclate soudain, provoquant pour un instant l’éparpillement des clients.
Dans cette Médina splendide et sinueuse, blanche et bleue, on voudrait trouver tout cela vaguement pittoresque, comme une dure tradition ancienne, peut-être moins hypocrite qu’ailleurs où ces choses-là se cachent, et n’avoir donc pas trop l’air de faire la morale. Mais Sidi-Abdallah-Guech ressemble beaucoup à de l’esclavage.
Rue de Marseille, 19 heures Le couvre-feu approche, les terrasses et bistrots du centre se vident rapidement, alors que la nuit vient. Les garçons insistent pour l’addition, il faut fermer. On entend comme ailleurs ce genre de malouf disco, de l’oud remixé pop pour stations de radio.
Discussion des divers chemins politiques en buvant un thé avec Nadhir, 23 ans, chômeur qui revient de la manifestation: ce qui l’intéresse, ce serait la fin du gouvernement de transition trop marqué RCD, puis un conseil des Sages pour former une Assemblée constituante avant des élections générales dans environ six mois. Mais évidemment, qui seront les Sages, et qui garantira leur indépendance?
Envoyé par Barack Obama, Jeffrey Feltman, diplomate en charge du Proche-Orient, est venu cette semaine à Tunis proposer l’aide américaine pour chercher des solutions.
Entre deux mélopées trop sucrées, passe tout à coup Changing of the Guards, la version magnifique de Patti Smith. On demande alors à Nadhir s’il sait que cette chanson raconte, à sa manière, ce qui se passe dans son pays? Il s’en moque, envoie une forte bourrade sur ton épaule et s’écrie «Vive la Tunisie, Monsieur! Vive la Tunisie!»
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Ali Zeddini, Ligue tunisienne des Droits de l'Homme
"La révolution, c'est une culture"
Sa casquette lui donne un vague air de Che des sables. Ali Zeddini, passion dans la voix, feu dans les yeux, ingénieur, est l’un des leaders de la légendaire Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), la plus ancienne d’Afrique et du monde arabe. Fondée dès 1976, elle fut toujours harcelée par le régime. Dans cette rue Baudelaire, quartier d’El Omrane, bureaux modestes, les polices de Ben Ali avaient leurs habitudes et souvent leurs barrages il y a quelques heures encore. L’organisation, lancée sous Bourguiba, dut survivre, voire résister aux tentatives d’infiltrations. Moncef Marzouki, opposant revenu au pays pour être candidat aux élections présidentielles, la dirigea au début des années 90. La LTDH se bat aujourd’hui en faveur d’une Tunisie ouverte, et assez courageuse pour inclure un parti islamiste à combattre avec les seules armes de la démocratie.
Cette révolution peut-elle encore mal tourner?
Je suis très optimiste, parce que je suis issu de ce peuple. Un peuple cultivé, doux, qui n’aime pas la violence. Le soulèvement n’est pas né d’attaques, mais de la rue et de son désespoir. C’est cette rue pacifique, cette jeunesse, qui est aujourd’hui garante du changement. Je n’ai même pas peur des militaires. Les généraux savent qu’il y a une ligne rouge à ne pas franchir.
On constate une difficulté à désigner une figure incarnant le changement. Y a-t-il un risque, lors des élections futures, d’éparpillement des voix rendant le pays impossible à gouverner?
Une grande partie des Tunisiens sont très heureux qu’il n’y ait pas de forte figure politique actuellement: ils en ont terriblement marre du culte de la personnalité. De Bourguiba à Ben Ali, nous en avons eu notre compte. Nous ne voulons plus d’idole, plus d’un leader charismatique. Et même si certains espèrent le chaos, je ne crois pas qu’il y ait l’idée de vengeance dans la population. Nous n’avons pas un problème d’individus, mais de système, et c’est cela qu’il faut faire basculer. La Tunisie est pleine de capacités politiques, de diplômés, d’universitaires, d’une société civile où les talents ne demandent qu’à s’exprimer. Le risque d’éparpillement des voix existe un peu, et alors? Peut-être faut-il en finir avec un système qui donne tant de pouvoir à un seul homme. Un régime construit sur une présidence plus symbolique, avec un premier ministre face à des groupes parlementaires divers, pouvant aussi le faire chuter, serait sans doute une piste d’avenir.
Avec les islamistes?
Il en existe un peu partout, dans certains quartiers de la banlieue ouest de Tunis par exemple. Contrairement à ce qu’on dit parfois, il n’y a guère de clivage éducationnel entre ville et campagne, et nous avons une certaine homogénéité sur les plans religieux, ethnique, ainsi que la parité homme-femme. Les jeunes qui discutent sur Facebook, Ben Ali les a crus apolitiques, ne s’intéressant qu’au football. C’était faux: ce sont eux la modernité et le vrai rempart contre l’islamisme.
Etre libre s’apprend. Six mois seulement avant les élections suffiront-ils?
J’étais l’autre jour dans un quartier populaire où les jeunes parlaient de comités populaires pour la culture. Ils ont raison: une révolution, c’est une culture. Ce n’est pas un événement éphémère, arrêté dans le temps. Il lui faut de la profondeur. C’est la postrévolution qui est plus importante que la révolte elle-même. Une capacité à instaurer une vision multidimensionnelle du changement, politique autant que sociale. Ils trouveront leur voie. La révolution ne fait que commencer.
Résidents discrets, touristes rapatriés et petits arrangements
La Suisse en position d'attente
La décision rapide de Micheline Calmy-Rey de bloquer les avoirs tunisiens en Suisse a été bien accueillie en Tunisie, et relayée en bonne place dans les journaux locaux. Les cercles diplomatiques helvétiques à Tunis ne sont pas restés inactifs au moment du déclenchement des troubles. L’ambassade a cherché le contact avec les 1374 résidents suisses dans le pays (dont 70% de doubles nationaux, avec une majorité de femmes ayant épousé des Tunisiens). Elle a reçu plus de 250 appels téléphoniques le premier jour, une vingtaine seulement dès le lendemain. Environ 500 touristes helvétiques étaient alors en Tunisie. Ils sont rentrés sans encombre.
Le gouvernement de Zine el-Abidine Ben Ali n’a ces dernières années guère été en bons termes avec la Suisse. Le 16 novembre 2005, le discours sur la liberté d’expression mené par Samuel Schmid, alors président de la Confédération invité à Tunis au deuxième Sommet mondial sur la société de l’information, avait mal passé. La Suisse n’était donc pas un lieu de passage privilégié du clan Ben Ali, même si des avoirs divers, voire un avion privé sur le tarmac genevois, ont tout de même été saisis.
Sur le plan économique, près de 70 entreprises (Bobst, ABB, la SGS, mais surtout des PME, à capitaux suisses ou mixtes) sont actives en Tunisie et attendent de reprendre une activité normale. Les Suisses travaillent aussi bien dans les composants électriques que le textile, souvent de façon offshore (exportations à partir de la Tunisie, peu ou pas d’impôts). Devaient-ils comme d’autres passer sous le joug mafieux des familles Ben Ali ou Trabelsi? Ils ne sont pas venus s’en vanter. Mais le cas de Nestlé (qui réalisait en 2010 en Tunisie un chiffre d’affaires de près de 48 millions de francs suisses), révélé par Blick, laisse penser que, comme d’autres, les grandes entreprises devaient «s’arranger» quelque peu. En 2005, c’est le sulfureux Sakhr el-Materi, beau-fils de Ben Ali (il a épousé sa fille Nasrine), qui pilote les approches auprès de Nestlé Tunisie. Son père, Moncef el-Materi, devient au printemps 2007 président du Conseil d’administration, puis président honoraire de Nestlé Tunisie. Il a opportunément été débarqué de ce poste il y a une semaine, après avoir été placé par la Suisse sur la liste des proches de Ben Ali. Et selon le service de presse du géant veveysan, Nestlé Tunisie est aujourd’hui une filiale dont les actions sont détenues à 99, 5% par Nestlé SA.
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