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TZIPIUVNI ET LE RETOUR DE «BIBI»

Mis en ligne le 30.10.2008 à 00:00

L'Hebdo; 2008-10-30

Israël TZIPIUVNI ET LE RETOUR DE «BIBI»

PARYVES STEINER

LES FAITS

Dimanche, Tzipi Livni, la dirigeante de Kadima, parti majoritaire au Parlement national, la Knesset, a suggéré au président israélien Shimon Peres de tenir des élections anticipées. Ce qu'il a accepté lundi. Elue il y a peu à la tête de Kadima en remplacement du démissionnaire Ehud Olmert, Tzipi Livni n'a pas réussi à ficeler un accord de coalition et ainsi à bâtir une majorité à la Knesset. Cette politicienne, que la presse israélienne et internationale voyait déjà accéder au poste de premier ministre, devra patienter. Toutefois, ses chances de conquérir la tête du Gouvernement israélien sont menacées sur sa droite par la poussée du Likoud de Benjamin « Bibi» Netanyahou, l'ancien premier ministre. Jusqu'ici, le Likoud caracolait en tête dans les sondages en cas d'élections anticipées. Mardi pourtant, Kadima le devançait.

LES COMMENTAIRES

Dans Haaretz, Ari Shavit s'énerve contre cette femme ambitieuse qui désirait «gouverner autrement». «Plutôt que de tenter de mettre sur pied un gouvernement capable d'incarner le changement et l'espoir, elle a essayé de forger un pouvoir de continuité (...). Plutôt que de se hisser au-dessus de la médiocrité de notre classe politique, elle s'est fait prendre dans la toile d'araignée de ces médiocres.» A l'inverse, pour le Financial Times, Tzipi Livni a résisté aux exigences, pécuniaires avant tout, des ultra-orthodoxes en échange de leur participation à une coalition. «Une preuve d'intégrité personnelle», écrit le quotidien. A Londres encore, The Times salue la décision de la présidente de Kadima d'aller aux urnes pour une «élection risquée, courageuse et juste». Les ultra-orthodoxes dans l'opposition en cas de victoire de sa part lui «laisseraient le champ libre pour la paix avec les Palestiniens». The Independent est moins optimiste. Il regrette l'occasion manquée par Tzipi Livni et craint le retour de Benjamin Netanyahou. «Si ce grand ami des colons de Cisjordanie revient aux affaires, nul besoin d'être prophète pour prédire des années de confrontations stériles et sanglantes», commente le quotidien britannique.

À SUIVRE

La campagne démarre et, qui sait, dans quelques mois, un gouvernement verra le jour. D'ici-là, Ehud Olmert, accusé de corruption, joue les intérimaires du pouvoir israélien. Discrédit assuré.




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