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Par Linda Bourget - Mis en ligne le 31.05.2011 à 15:05 |
La rumeur a fait l’effet d’une bombinette: UBS serait prête à délocaliser sa banque d’affaires à New York, Londres ou Singapour. L’établissement a officiellement démenti. Mais dixit le Wall Street Journal du 26 mai, il se prépare à «remanier la structure légale de sa banque d’investissement» sous pression de la Finma, régulateur des marchés financiers suisses. Coupable de pertes colossales (34 milliards de francs en 2008), la banque d’affaires avait manqué de mener le groupe à la faillite. Alors, que changerait pareille restructuration? Minimiser le risque. Pour UBS, l’enjeu est que cette unité échappe aux sévères exigences en matière de fonds propres qui se profilent en Suisse (la future loi too big to fail prévoit un niveau de fonds propres de 19% pour les deux grandes banques). Mais ce scénario présente aussi des avantages pour le pays, selon Jean-Baptiste Zufferey, membre du conseil d’administration de la Finma: «Contrairement à une succursale, une filiale de ce type est assez indépendante pour devoir gérer seule ses risques, en se soumettant aux exigences du marché dans lequel elle est basée. Le contrôle est donc accru.» En cas de catastrophe, telle que les pertes de 2008, ce rempart structurel permettrait-il de préserver les activités de détail et de gestion de fortune du groupe, basées en Suisse? «Le risque zéro n’existe pas: un avocat pourrait attaquer la holding mère en estimant qu’elle porte une part de responsabilités. Mais le pays serait nettement moins exposé», répond Jean-Baptiste Zufferey. Les unités qui se portent bien pourraient par ailleurs être vendues rapidement, afin de laisser les seules parties malades tomber en faillite; ce qui est très compliqué dans un modèle de banque intégrée. Pertes fiscales. Une délocalisation de la banque d’affaires aurait par contre des effets néfastes sur les recettes fiscales. Entre 2002 et 2006, UBS payait plus de 1 milliard de francs par an d’impôt sur le bénéfice aux collectivités publiques du pays. Or, en 2010, année du retour aux chiffres noirs, la banque d’affairespesait près de 30% des bénéfices du groupe. «Si une division est constituée en filiale, son bénéfice est taxé dans le pays où elle est basée, pas en Suisse», résume Henri Torrione, professeur de droit fiscal à l’Université de Fribourg. A noter que la Suisse a appris à vivre sans ces recettes: le crédit d’impôts dont jouit UBS depuis ses pertes de 2007 l’exonère en principe jusqu’en 2013. Une ablation de la banque d’affaires «générerait forcément des pertes d’emplois», s’inquiète en revanche Denise Chervet, de l’Association suisse des employés de banque. UBS indique que, sur l e s 17 000 équivalents plein temps que compte la division, 700 postes y sont, en Suisse, directement affiliés. Enfin, côté actionnaires, pas de révolution en vue malgré l’optimisme des investisseurs le 26 mai: «Plus qu’une possible délocalisation, ils ont salué la rumeur car elle indique qu’UBS s’inquiète de la rentabilité de sa banque d’affaires, dont les résultats sont en dessous de la cible», commente Rainer Skierka, analyste chez Sarasin. |









