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Ukraine: Le retour dans le giron russe rime avec équilibre
On réalise l’ampleur d’un pouvoir de nuisances lorsqu’il s’estompe. Depuis que l’Ukraine se rabiboche avec son voisin, grâce au retour d’un russophile à sa tête, les blocages qui la paralysaient se dissipent mystérieusement. Alors que le pays suffoque depuis deux ans - crise économique et corruption - un cercle (relativement) vertueux s’instaure. Le 28 juillet, le FMI lui a attribué un prêt de 15,7 milliards de francs. Or, cette instance refusait depuis un an d’accorder la dernière tranche des 17 milliards promis en 2008, de crainte qu’ils ne se volatilisent dans la corruption. Dans la foulée, Standard & Poor’s a réévalué la note souveraine à long terme en monnaie étrangère, qui passe de B à B+. Le prix pour ces bonnes nouvelles a déjà été payé. En six mois de présidence, Viktor Ianoukovitch a prolongé jusqu’en 2042 le contrat qui permet à la flotte russe de stationner à Sébastopol, abattant ainsi un des seuls atouts de l’Ukraine. De plus, le transit du gaz russe sera sans doute prochainement géré à 50% par Gazprom, via un consortium russo-ukrainien. Le pays qui a cru à son indépendance orange n’aura alors plus une seule carte à jouer. Ainsi inoffensif pour Moscou, il peut être mis sous perfusion de l’Ouest: qu’importe.
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