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UN AUTRE AVENIR BANCAIRE

Mis en ligne le 28.05.2009 à 00:00

L'Hebdo; 2009-05-28

UN AUTRE AVENIR BANCAIRE

Tapis rouge pour riches étrangers

L'Hebdo N° 20

La présentation de M. Alexandre Zeller, banquier, lors du Forum des 100, m'a déçue par son manque de vision. Nos banquiers l'affirment: leur succès n'est pas basé uniquement sur l'accueil, en toute discrétion, de l'argent d' «évadés fiscaux». M. Zeller a énuméré plusieurs autres points forts de notre place financière: stabilité politique, économique et monétaire, surveillance et réglementation efficaces, protection de la sphère privée, main-d'Å“uvre hautement qualifiée, offre complète de services et de produits. Nous voilà donc rassurés, nos banques survivront sans mal à l'affaiblissement du secret bancaire grâce à une stratégie basée sur ces avantages. Eh bien non. La solution que nous propose M. Zeller est d'importer chez nous un maximum de riches étrangers fuyant physiquement leurs fiscs respectifs. Mais n'y a-t-il pas assez d'argent légitimement détenu par les personnes aisées de ce monde, une fois leurs impôts payés, pour nourrir les gestionnaires de fortune helvétiques? Les banquiers suisses sont-ils condamnés à viser le marché des riches étrangers prêts à tout pour échapper à leurs responsabilités face à la collectivité? Pourquoi, alors qu'on nous énumère tant d'autres qualités de notre place financière, continue-t-elle à se comporter comme si la tolérance face à l'évasion fiscale était son principal avantage concurrentiel? Et, enfin, a-t-on vraiment intérêt à persister dans une direction qui nous expose aux attaques violentes et parfois déloyales de nos voisins? Il y a quelques semaines, j'ai participé au Geneva Forum for Sustainable Investment. Il y avait là de nombreux banquiers et investisseurs convaincus qu'il est possible de faire des bénéfices, tout en respectant des principes éthiques, sociaux et environnementaux. Ils considèrent que la Suisse pourrait se positionner avantageusement dans ce secteur prospère et en plein développement. A mes yeux, c'est de ce type de vision innovante dont nous avons besoin aujourd'hui et non des recettes mêmes qui nous ont menés dans l'impasse.

Adèle Thorens Goumaz, conseillère nationale

POURQUOI POLÉMIQUER

Pour un musée au cÅ“ur du Léman

L'Hebdo N° 19

Pourquoi un article au sujet du projet de nouveau Musée des beaux-arts sous la rubrique Débats et polémiques? Il n'y a pas de polémique au sujet de ce projet - que le Conseil d'Etat vaudois a approuvé la semaine passée à l'unanimité (...). Votre proposition (réchauffée) de musée unique au cÅ“ur de la Suisse romande repose sur la seule juxtaposition de deux peintures de Perrier, l'une provenant de nos fonds, l'autre du Musée d'art et d'histoire de Genève. On aurait encore quelques Hodler en commun et, avec le Musée cantonal des beaux-arts de Sion, quelques Biéler. Raison suffisante pour tout centraliser? Et où? Mélangeons pêle-mêle musées municipaux, cantonaux, d'ici et d'ailleurs (et de France voisine, pendant qu'on y est), forçons-nous d'ignorer leur histoire et leurs richesses particulières, faisons fi de la notion de patrimoine (au nom de la globalisation?) et lançons-nous dans un débat qui durera aussi longtemps que dureront les structures de notre Confédération. (...)

Bernard Fibicher, directeur du MCBA Lausanne

NON AU TOUT LÉMANIQUE

La sérénité des paysages lémaniques peints par Alexandre Perrier cadre mal avec les eaux agitées et troubles d'un article voué à l'abîme de l'oubli. Comment le dénigrement successif pourrait-il être porteur de richesse pour l'avenir? Dénigrement d'un vote populaire, d'une analyse Idheap rendue publique, d'une conseillère d'Etat, d'une décision du Conseil d'Etat et, enfin, d'une procédure pas plus informatisée que ne l'est la rédaction de vos lignes. Dommage, car un vrai débat est légitime et souhaité. Il est d'ailleurs mis en place par l'autorité politique en charge du dossier. Sur le fond, c'est un bien mauvais service rendu à la construction d'une Suisse romande plus unie et plus forte. Je ne crois pas que la centralisation de la culture, fût-elle au cÅ“ur du Léman, soit précisément le meilleur incitatif. Un musée des beaux-arts lémanique mais encore un opéra lémanique, un orchestre symphonique lémanique, un théâtre lémanique, un ballet lémanique, etc., donc une autre borne. Loin de moi l'idée de vouloir en ériger. Au contraire, puissions-nous concevoir notre appartenance au paysage dans sa réelle universalité, celle de la reconnaissance de la diversité des êtres, des lieux, des genres et des formes. C'est un débat qui ne s'associe guère à la polémique. Il est encore temps de choisir.

Bernard Decrauzat, président du groupe d'évaluation des sites candidats

L'ITALIEN, LANGUE NATIONALE?

L'heure des Romands III

L'Hebdo N° 20

Il y a une vingtaine d'années, un conseiller fédéral tessinois avait proposé de rendre l'apprentissage de l'italien obligatoire dans tous les lycées de Suisse. Proposition sèchement refusée en Romandie et en Suisse alémanique, car on considérait l'italien comme une langue inutile au nord des Alpes. Je me souviens d'une caricature dans le Tages-Anzeiger. On y voyait une classe d'enfants alémaniques pendant un cours d'italien: un élève demande pourquoi apprendre l'italien. Réponse de l'enseignant: car l'italien est la langue de la Mafia et du Vatican. Je me souviens d'une offre de travail d'un institut fédéral de recherche situé en Romandie. On demandait aux candidats d'être de langue maternelle française, allemande ou anglaise. En d'autres mots, selon l'annonce, à égalité de compétences professionnelles, un anglophone ne parlant aucune langue nationale venait avant un citoyen suisse de langue maternelle italienne ou romanche et parlant trois ou quatre langues nationales plus l'anglais. Ces anecdotes illustrent bien la valeur qu'a l'italien, langue hypocritement appelée nationale, en Suisse. Je ne crois pas qu'un jour les Romands et les Alémaniques l'introduiront comme matière d'enseignement obligatoire dans leurs écoles.

C.A.

sur le site de L'Hebdo

LES COULISSES DE LA RÉDACTION COURAGEUX ANONYMES

Pour les journalistes, l'internet constitua d'abord un formidable gain de temps grâce à l'accès rapide à toutes sortes de banques de données. Malgré ses captivants avantages, la Toile a récemment perdu de son aura. D'abord flattés de voir leurs articles référencés par Google, les journalistes se sentent aujourd'hui floués. Qui paiera demain pour qu'ils enquêtent, vérifient leurs sources, certifient la qualité de l'information, publient des analyses dérangeantes pour les pouvoirs en place? Aux Etats-Unis, de prestigieux titres agonisent. L'internet présente une autre tare. Sur les blogs ou les courriers de lecteurs en ligne, maints internautes scellent leurs propos d'un courageux anonymat. Régulièrement, les rédactions s'interrogent: faut-il privilégier la liberté d'expression ou censurer ceux qui n'assument pas leurs propos? CT

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F1

«Les 15 derniers tours étaient difficiles, parce qu'il est facile de perdre sa concentration. Vous commencez à vous dire: «Si je continue, je vais gagner à Monaco. C'est la pire chose à faire.»

Jenson Button, vainqueur du GP de Monaco

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