ESSAI
D’Alain Finkielkraut on retient trop souvent l’image du penseur indigné, du «mécontemporain» vivant pourtant adossé à l’actualité qui le désole. Ses livres font souvent entendre une autre musique, moins tempétueuse, et particulièrement celui-ci qui est dominé par l’admiration, la dette et le besoin de prolonger la conversation avec quelques œuvres rares ouvrant à «la grâce d’un cœur intelligent». De Milan Kundera à Karen Blixen en passant par Albert Camus, Philip Roth ou Henry James, Alain Finkielkraut célèbre une littérature qui, comme il l’écrit à propos de Vassili Grossman, «soustrait le particulier à la mainmise absolue du général». Ces lectures lumineuses font dire au roman ce que lui seul peut dire: l’ambiguïté fondamentale de l’existence humaine. MA