La crise se met en livres 3/6
Un dangereux excès de monnaie mondiale
Confrontés à l’effondrement du crédit, les banquiers centraux ont activé la planche à billets. Reste à éviter que le remède se révèle pire que le mal.
Les banquiers centraux pourraient se retrouver pris au piège des politiques monétaires ultra-expansionnistes qu’ils ont mises en œuvre pour sauver le système bancaire et éviter que la récession ne se transforme en dépression mondiale.
Une thèse soutenue par Patrick Artus – directeur de la recherche de Natixis, professeur à l’Ecole polytechnique et à l’Université Paris 1 – et Marie-Paule Virard – journaliste indépendante, ancienne rédactrice en chef d’Enjeux-Les Echos – dans cet ouvrage qui décortique les mécanismes ayant conduit à l’hyperliquidité actuelle et souligne les risques qu’elle induit.
Entre autres: favoriser la formation de bulles sur différents actifs et provoquer une perte de confiance dans les monnaies.
Durant cette crise, les banques centrales sont allées bien au-delà de leur rôle traditionnel de «prêteur en dernier ressort». Elles ont endossé celui d’«acheteur en dernier ressort» lorsqu’elles ont garni leurs bilans des actifs pourris jusque-là logés dans les comptes des banques commerciales.
Ce faisant, les banquiers centraux ont stabilisé les prix de produits dont les marchés s’étaient brusquement gelés. Ils ont également réussi à maintenir à un bas niveau les taux d’intérêt à long terme, via leurs achats directs de Bons du Trésor américains ou d’obligations souveraines européennes.
Reste que le déluge de liquidités – créé tant par ces achats directs des instituts d’émission des pays développés que par l’accumulation de gigantesques réserves de change par les pays émergents – incite les banques et leurs clients à utiliser l’effet de levier pour obtenir du rendement et à miser sur des actifs risqués; dont les monnaies qui deviennent objets de spéculation.
«Dès lors, le risque est grand – avertissent les auteurs – de fabriquer une nouvelle crise financière encore plus dévastatrice que celle que nous venons de vivre.»
Appel à «l’esprit de coopération». Pour éviter la réalisation de ce scénario catastrophe, ils prônent la création d’une «Organisation mondiale de la monnaie, sorte de “nouveau FMI” qui disposerait vraiment des moyens d’agir sur le choix des régimes de change et de coordonner le fonctionnement du système monétaire international.»
Sans se faire trop d’illusions sur les chances de voir se concrétiser leur suggestion... Il faudrait pour cela que «l’esprit de coopération prenne le pas sur les intérêts nationaux des grandes puissances économiques et financières.»
Peu probable, même si, pour ces spécialistes, «c’est à ce prix que les stratégies de sortie de crise des banques centrales éviteront une nouvelle secousse».
Autre ouvrage traitant du même thème: «In Fed we trust. Ben Bernanke’s war on the great panic», David Wessel, Crown Business (2009), 352 p.
Tags: banques centrales, la liquidité incontrôlable,
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| Réaction de nostrabeldus le 01.08.2011 à 19:12 | | Avis partagé avec avec Jean-François Morf
LES DETTES par Bossuet
Je ne... Avis partagé avec avec Jean-François Morf LES DETTES par Bossuet Je ne puis ici m'empêcher de reprendre en passant cet avis commun d'acquitter fidèlement certaines sortes de dettes, et d'oublier tout à fait les autres. Au lieu de savoir connaître ce que je dois fournir notre source, et ensuite de dispenser sagement ses eaux par tous les canaux qu'il faut remplir, on les fait couler sans ordre toutes d'un côté, et on laisse le reste à sec. Par exemple, les dettes de jeu sont privilégiées; et comme si ses lois étaient les plus saintes et les plus inviolables de toutes, on se pique d'honneur d'être fidèle; non point pour ne pas tromper, car au contraire on ne rougit pas de prendre tous les jours des avantages frauduleux, mais du moins pour payer exactement,pendant qu'on ne craint pas de faire misérablement languir des marchands et des ouvriers, qui seuls soutiennent depuis si longtemps cet éclat, que je puis bien appeler doublement emprunté, puisque vous le tirez ni de votre vertu, ni même de votre bourse; dont la famille éplorée, que votre réduit à la faim crie vengeance devant Dieu contre votre luxe : ou bien si l'on est soigneux de conserver du crédit, de peur de faire tarir les ruisseaux qui entretiennent votre vanité, on néglige les vieilles dettes, on ruine impitoyablement les anciens amis, amis malheureux et infortunés devenus ennemis par leurs bons offices, qu'on ne regarde plus désormais que comme des opportuns qu'on veut réduire, en les fatiguant, à des accommodements déraisonnables, ou à qui l'on croit faire assez de justice, quand on leur laisse après sa mort, les débris d'une maison ruinée, et les restes d'un naufrage que les flots emportent. Réflexions : On dépense l'argent physique qu'on possède et non celui qu'on a pas. C'est tout con, simple, mais on vit nettement mieux sans cartes de crédit.
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| Réaction de Jean-Francois Morf le 29.07.2011 à 15:37 | Les parent ont dit aux enfants: Ne jouez pas au... Les parent ont dit aux enfants: Ne jouez pas au casino, sinon vous serez tous punis! Les enfants ont quand même joué au casino, ils ont tout perdu en 2008. Mais les parents, au lieu de les punir, leur ont donné 14 mille milliards de $ en 2009, en s'endettant à mort pour leurs enfants! A présent, évidemment, les enfants n'obéissent plus du tout aux parents, et ils jouent à nouveau au casino, avec les 14 mille milliards de $ reçus! Et ils ont le culot de critiquer les parents pour leur endettement, qui a explosé à cause d'eux! Quelques enfants ont été punis: Bernard Madoff, Lehman Brothers. Après la crise de 1928, des milliers de banquiers spéculateurs avaient été mis en prison, et la spéculation sur les céréales avait même été interdite... W. Bush a supprimé toutes les lois éditées après 1928 pour empêcher qu'une telle crise recommence: il aura fallu bien peu de temps pour que tout recommence, comme en 1928. Mais pas question de remettre ces lois en vigueur: on ne veut pas changer le dogme du marché qui s'auto-régule, même s'il est prouvé qu'il est faux! | | |  |
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