L’accord conclu mercredi résulte d’un long travail de rapprochement entamé en 2004. «Le CDH avait alors obtenu la conclusion d’un premier accord humanitaire, entre le JEM, le SLM et le gouvernement, se souvient Ahmed Hussein Adam. Nous lui faisons confiance depuis cette époque, d’autant plus qu’il n’a jamais interrompu le dialogue.» Celui-ci s’est poursuivi discrètement à travers une série de rencontres au Darfour, à Nairobi ou à Genève. Il s’est intensifié après l’échec des derniers pourparlers de paix, à la fin de 2007 en Libye, et a été élargi pour inclure les milices nomades arabes liées au gouvernement. «La dernière réunion a eu lieu il y a un mois à Genève», confirme Dennis McNamara.
En parallèle, de nouveaux pourparlers ont été lancés à Doha, au Qatar, en février 2009, sous la houlette du médiateur de l’ONU et de l’Union africaine pour le Darfour, le Burkinabé Djibril Bassolé. Le JEM et le SLM les boycottent. Y a-t-il un lien entre les deux processus? «L’accord de mercredi pourra servir de guide à un éventuel accord de paix, qui devra de toute façon contenir un volet humanitaire», juge Ahmed Hussein Adam. «Le but est de créer un “panier humanitaire” qui puisse nourrir un accord politique réglant le partage des richesses et du pouvoir et le retour des déplacés», note Dennis McNamara, qui rappelle que c’est un désaccord sur les questions humanitaires qui avait fait échouer les négociations d’Abuja de 2006. Pour Nils Kastberg, l’accord de Genève a permis de créer «une plateforme» qui pourra être réutilisée lors des pourparlers de Doha: «C’est ce qui est arrivé au Sud-Soudan, en amont des accords de paix de 2005.»
Et la Suisse? La Confédération n’est pas restée les bras croisés. Elle assure depuis 2007 des missions de bons offices et entretient des relations étroites avec Khartoum et les groupes rebelles, par l’entremise de son conseiller Günther Bächler, relève le Département fédéral des affaires étrangères. En décembre 2008, elle avait réuni une cinquantaine de délégués du SLM sur sol helvétique. Depuis octobre 2009, elle fait partie du comité directeur de l’équipe ONU/UA qui mène les pourparlers de Doha. Un expert suisse aide actuellement le LJM a élaborer un document sur le partage du pouvoir, «qui devrait servir de base pour de futures négociations de paix».
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