Suisse-Espagne
«Un Etat de Droit ne négocie jamais avec les terroristes»
Par Patrick Vallélian - Mis en ligne le 18.08.2010 à 18:07
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AMBASSADEUR ESPAGNOL. Fernando Riquelme Lidón estime que la création du Groupe parlementaire suisse d’amitié pour un processus de paix au Pays basque profite aux terroristes de l’ETA. Et non à la paix.
Vous nous dites que la création du Groupe parlementaire suisse d’amitié pour un processus de paix au Pays basque qui a succédé en juin au groupe d’amitié «Suisse-Peuple basque» pose problème à l’Espagne. Pourquoi?
Nous réagissons parce que nous constatons un manque d’information sur la réalité de l’Espagne et du Pays basque de la part des membres de ce groupe. Et ce manque de connaissance pourrait profiter politiquement aux terroristes.
Mais en soi, vouloir promouvoir la paix, c’est plutôt un noble but?
Effectivement. Le problème, c’est que la création de ce groupe profite à la stratégie d’internationalisation de la question basque, voulue par les terroristes du mouvement séparatiste. Le groupe suisse s’est d’ailleurs calqué sur celui qui existe au Parlement européen. Or ce dernier semble être nettement influencé par la gauche indépendantiste basque qui soutient les terroristes.
En clair, nos parlementaires se font manipuler par l’ETA?
Disons que l’ETA profite de cette vitrine pour laisser entendre qu’elle entretient des relations officielles avec le Parlement suisse. Ce qui n’est pas vrai et cela nous le savons. Nous l’expliquons d’ailleurs en Espagne où on se pose beaucoup de questions.
Justement, quelle a été la réaction en Espagne?
L’incompréhension. Le conflit dans le Pays basque est une question de politique intérieure. Ensuite, nous ne comprenons pas pourquoi des parlementaires suisses qui affirment eux-mêmes ne pas avoir les moyens de s’occuper vraiment de cette question se lancent dans une initiative si équivoque.
Avez-vous contacté le Gouvernement suisse pour faire part de votre inquiétude?
Pas au sujet du nouveau groupe dont nous savons que le poids politique est limité. En revanche, notre ministre des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos Cuyaubé, a évoqué la question du premier groupe «Suisse-Peuple basque» avec Micheline Calmy-Rey. Il lui a fait part de notre souci et de notre incompréhension. Ce que nous souhaitons faire savoir, c’est que son approche du conflit est erronée et qu’il y a un principe démocratique très simple: un Etat de droit ne négocie jamais avec des terroristes.
Votre réaction n’est-elle pas une manière aussi de rappeler à la Suisse que Batasuna (la vitrine politique de l’ETA, ndlr) est considérée comme une organisation terroriste dans toute l’Europe sauf dans notre pays?
Je ne veux pas me mêler des affaires helvétiques. Mais je me dis que si tout ce qui est légal en Europe l’est en Suisse, tout ce qui est illégal en Europe devrait l’être en Suisse également.
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