«Nous allons tenir tête aux Américains et vaincre l’équipe des Vedagodz, gagnante l’an dernier», confie avec détermination Dominique Vidal, hacker éthique francogenevois établi dans la Cité de Calvin. L’homme ne ressemble pas au cliché du pirate informatique type, au look jean et tee-shirt usagés. Il a plutôt l’apparence discrète d’un cadre bancaire qui se fond dans la masse. Prêt pour une revanche, ce consultant en sécurité informatique s’apprête pourtant à retourner à Defcon, les championnats du monde de hacking. Pour la cinquième fois déjà.
En effet, du 30 juillet au 1er août 2010 à Las Vegas, le top ten des pirates informatiques de la planète va en découdre. Le hacker et son équipe, «Les Routards», sont prêts à vivre pendant trois jours et deux nuits les yeux rivés à leurs écrans d’ordinateur. Curieux, motivé par le défi, le Genevois a constitué la seule formation francophone, composée de Suisses, de Français, de Belges. Très aguerris à ces joutes de guerre électronique, ils vont se mesurer aux maîtres américains les plus réputés. «Comme le mouvement du hacking vient des Etats-Unis, le pays abrite de brillants spécialistes. Le challenge est énorme et ça nous plaît de défier les meilleurs!» observe Dominique Vidal.
Defcon 2010, du nom du programme de défense américain en cas d’attaque, constitue la conférence annuelle des hackers. Elle réunit chaque année près de 9000 adeptes qui viennent y suivre des présentations de haut vol. Le plus attendu de ce grand raout? Le championnat dans lequel se mesurent les meilleures formations.
«Capture the flag». Dominique Vidal et ses coéquipiers viennent à Las Vegas pour «Capture the flag», le challenge de sécurité informatique le plus élevé de l’évènement. «Dans ce défi, nous menons une cyberguerre contre les équipes adverses. Nous devons élaborer les meilleures stratégies pour défendre notre serveur et faire intrusion dans les systèmes des autres afin de prendre le pouvoir», explique le capitaine des hackers francophones. Defcon n’est pas une Mecque facilement accessible. La sélection des candidats est très poussée. Pour se qualifier, les prétendants doivent résoudre 36 épreuves de difficultés différentes sur un laps de temps de deux jours… en continu. Seuls les neuf meilleurs, et le champion en titre, restent en lice.
Hacker éthique. Dans la vie, Dominique Vidal travaille comme consultant en sécurité informatique en Suisse romande. Il est employé par une société de conseil, surtout active dans l’industrie financière et les organismes étatiques. Son activité au quotidien? Tout d’abord effectuer des tests d’intrusion chez ses clients. «Je dois me mettre dans la peau d’un hacker qui veut porter atteinte à un système informatique.» Ensuite, le spécialiste procède aussi à des audits de sécurité pour identifier les points faibles d’un système. Mais il n’en dira pas plus, sécurité oblige.
Né il y a quarante ans, ce Franco-Suisse est tombé très vite dans l’informatique. «Ma passion pour la branche a commencé très tôt. Dès l’âge de 12 ans, je me lançais à la découverte de mon premier ordinateur», explique-t-il. Dominique Vidal a suivi une formation d’ingénieur informatique à l’Institut national des sciences appliquées de Lyon qu’il a perfectionnée par plusieurs certifications en sécurité informatique. Il aime creuser les choses dans le moindre détail et maîtriser le fonctionnement de toute la chaîne informatique. Il s’est donc dirigé vers le hacking éthique en 2000, une profession très rémunératrice. Depuis, il est devenu un white hat, un pirate spécialisé dans la sécurité informatique. Et non pas un black hat, un pirate hors la loi.
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