Un mariage sous tension
GENÈVE. La fusion entre libéraux et radicaux est presque réalisée. Mais de nombreuses voix la contestent. La stratégie «argent propre» du PLR sème le trouble.
Les bans sont publiés: le 14 avril, les libéraux et radicaux genevois se prononceront sur une fusion. Celle-ci sera effective «au plus tôt en juin et au plus tard pour les échéances électorales de 2011, municipales au printemps ou fédérales à l’automne», indique le vice-président du PLR Pierre Weiss. Les jeunes radicaux et libéraux ont franchi le pas en janvier. Sur le plan national, le PLR existe depuis janvier 2009.
«Cette fusion nous permettra de mieux nous profiler», estime Patrick Malek-Asghar, le président des radicaux genevois. Il y voit une manière de créer un pôle fort au centre droit à même de contrer l’UDC et le MCG qui ont effectué une percée lors des élections de 2009, alors que le centre droit est en régression (-1 siège pour les radicaux et -3 pour les libéraux). Aux yeux de Pierre Weiss, ce rapprochement permettra aussi «de lutter contre la division à l’excès du champ politique, qui s’est exprimée ces dernières années avec l’apparition du PBD ou des Verts libéraux». Et «là où la fusion a déjà eu lieu, elle a abouti à un rajeunissement du parti avec l’émergence de personnalités comme Philippe Nantermod en Valais ou Raphaël Comte à Neuchâtel.»
Cannibalisation. Mais, vu depuis le bout du lac, l’union a des airs de mariage forcé. Du côté des radicaux, on craint «une cannibalisation du parti par ce partenaire plus grand», comme le dit le député Gabriel Barrillier, ou on dénonce une alliance avec «une formation perçue par les citoyens comme celle du fric, des bagnoles et des propriétaires», selon son collègue Michel Ducret. Chez les libéraux, qui débattront de la fusion le 25 mars, on s’interroge sur la pertinence de se lier à un parti trop centriste. «Les libéraux genevois se reconnaissent plus dans le radicalisme alémanique – celui de Berne ou Zurich – que dans celui de Genève, imprégné de la vision centralisatrice de Guy-Olivier Segond et François Longchamp», dit le député Renaud Gautier. Le conseiller municipal (législatif, ndlr) Georges Queloz refuse, lui, de «tirer un trait sur 160 ans d’histoire». Au lieu d’attirer davantage d’électeurs, le nouveau parti libéral-radical va en perdre au profit de la droite populiste (MCG et UDC), qui aura un adversaire de moins, jugent Michel Ducret et Georges Queloz, le second n’hésitant pas à parler de «suicide politique».
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