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Conseil fédéral
Un patron fiable, mais peu réformiste

Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 11.08.2010 à 11:25

JOHANN SCHNEIDER-AMMANN. Le conseiller national et entrepreneur, ami de Nicolas Hayek, hésite encore quant à une candidature à la succession de Hans-Rudolf Merz. Portrait.

Johann Schneider-Ammann sera peut-être dans six semaines conseiller fédéral. Mais il y a fort à parier qu’il n’en tirera pas son plus grand motif de fierté lorsqu’il fera le bilan de son année 2010. Car ce patron de Langenthal a déjà réussi un autre exploit: avoir traversé la crise de ces deux dernières années sans avoir prononcé le moindre licenciement à la tête de son groupe Ammann, qui emploie plus de 3000 collaborateurs.

Ce sens de la responsabilité sociale a fait de lui un infatigable avocat de la place économique suisse, très populaire dans un canton de Berne désormais suspendu à ses lèvres: dira-t-il «oui» ou «non» à une candidature au Conseil fédéral? Pour l’instant, l’intéressé fait planer le suspense. De Chine où il se trouve en ce moment, il répond par courriel: «Laissez-moi réfléchir jusqu’au 21 août.»

Prudent de nature, ce Bernois de l’Emmental âgé de 58 ans veut d’abord s’assurer de ses chances d’être élu le 22 septembre prochain. Très réservé au premier abord – il est peu enclin au tutoiement –, il peut ensuite afficher un tempérament de fonceur lorsqu’il est convaincu d’une cause.

Multiples casquettes. C’est ainsi qu’il a multiplié les engagements: en dehors de son activité principale de CEO du groupe Ammann, il est aussi président de l’Association Swissmem, vice-président d’economiesuisse, président de Mikron Holding et membre du conseil d’administration de Swatch Group que son ami Nicolas Hayek lui a demandé d’intégrer en 1997. Même en avouant une semaine de travail de 80 heures, nombreux sont ceux qui se demandent comment il arrive à jongler avec toutes ces casquettes.

Jusqu’à présent pourtant, tout lui a réussi. Il n’a que 32 ans lorsque son beaupère lui confie les rênes du groupe Ammann, une entreprise suisse de machines de chantier qu’il reprend peu après la fin de sa formation d’ingénieur. En vingt ans, il va la transformer en global player possédant sept sites de production, dont un à Shanghai. Il paie de sa personne lorsqu’il part à la conquête de nouveaux marchés: «Le client n’achète pas que des machines, mais aussi de la confiance.»

Peu à peu, il devient l’un des hommes les plus influents du pays. Pas seulement en raison de sa fortune, que le magazine Bilanz estime entre 500 et 600 millions de francs. Mais aussi par son engagement dans des associations patronales. A economiesuisse, il engage en 2006 un bras de fer avec Marcel Ospel, le patron d’UBS qui est alors au sommet de sa gloire et qui aspire à un pouvoir sans partage au sein de l’association faîtière de l’économie. Johann Schneider-Ammann menace de démissionner. Deux ans plus tard, c’est Marcel Ospel qui quitte le comité de l’association par la toute petite porte. «Son coup de gueule a permis de réorienter l’association sur les besoins de l’économie réelle et des PME», note Bernard Rüeger, patron d’une entreprise de capteurs à Renens et membre du comité d’economiesuisse.

Président de l’association de la métallurgie Swissmem, Johann Schneider-Ammann a aussi appris à se frotter aux syndicats lors du renouvellement de la convention collective de travail. «C’est un homme fiable qui a le sens du partenariat social», note le syndicaliste d’Unia et conseiller national socialiste André Daguet, avant d’avertir: «C’est aussi un négociateur dur, un libéral qui croit que le marché est toujours mieux placé pour régler tous les problèmes.»

Même s’il s’engage sur de nombreux fronts, Johann Schneider-Ammann ne brille pas par son esprit réformiste sous la Coupole fédérale. Dans le dossier européen, le Bernois ne croit qu’à la poursuite de la voie bilatérale avec l’Union européenne. Plus surprenant: alors qu’il a souvent fustigé les salaires exorbitants de banquiers comme celui du CEO de Credit Suisse Brady Dougan, il s’oppose à une réglementation plus stricte pour les banques «trop grandes pour faire faillite». C’est ce qui explique pourquoi il s’est prudemment abstenu de paraître au côté de son ami Nicolas Hayek lorsque celui-ci s’est affiché avec Christoph Blocher (UDC) et Christian Levrat (PS) pour réclamer des mesures dans ce sens.

Contre-attaque. S’il est candidat, Johann Schneider-Ammann n’est pas élu d’avance, même s’il peut partir favori face à la conseillère d’Etat saint-galloise Karin Keller-Sutter. En Suisse orientale, l’opposition s’organise, emmenée par le conseiller national Werner Messmer (PLR/TG). Pour celui-ci, Karin Keller-Sutter (46 ans) incarne non seulement un vrai changement de génération, mais aussi un message aux électeurs du PLR: «Alors que notre parti est souvent accusé d’être trop lié aux associations économiques, ce serait un signal fort que de faire élire une femme libérale et moderne, mais qui n’en est pas directement issue. Je ne pense pas qu’un conseiller fédéral doive penser comme un entrepreneur.»


PROFIL: JOHANN SCHNEIDER-AMMANN

1952 Naissance à Sumiswald (BE).
1977 Diplôme d’ingénieur à l’EPFZ.
1984 Directeur du groupe Ammann.
1997 Conseil d’administration de Swatch Group.
1999 Election au Conseil national..


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Tags: Johann Schneider-Amman, conseil fédéral, Hans-Rudolf Merz, Swatch Group, PLR,

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Réaction de lovsmeralda
le 04.09.2010 à 11:05
qu'entendez-vous par peu réformiste?si l'étre demande à délocaliser les employés...
 



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