Un plan visionnaire pour donner corps au Grand Lausanne
Par Daniel Audétat - Mis en ligne le 26.03.2009 à 06:00
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La ville transfigurée. Le périmètre de l’agglomération (en gris ci-dessous) contie nt d’immenses espaces (en rose) où tout est à faire.
Quelle flamme brûle-t-elle dans le cœur du syndic de Lausanne pour qu’il veuille battre tous les records de longévité à l’Hôtel de Ville? La fatuité, tout bêtement? Ou la conscience d’un enjeu supérieur, que n’éprouvent pas assez ceux qui prétendent si facilement être roi à la place du roi? «Pensez ce que vous voulez», répond Daniel Brélaz en grand démocrate. Puis, le syndic explique et réexplique la nature existentielle des choix que les Lausannois feront dans les mois, dans les années qui viennent. Le sort en question n’est pas celui de la commune, mais de toute l’agglomération.
Des nains politiques. Toujours davantage, le syndic de Lausanne devra être visionnaire et rassembleur. Grand problème, les institutions actuelles, communes ou canton, ne sont pas à la mesure des projets. Les unes trop morcelées, l’autre trop distant. Il faudra bien finir par refonder ces autorités. Avec le président du Projet d’agglomération Lausanne-Morges (Palm), Gustave Muheim (Belmont), Daniel Brélaz a déjà proposé de créer une instance supracommunale. La majorité des autres syndics du Palm ont préféré conserver l’entier de leurs petits pouvoirs. En attendant mieux, le syndic de Lausanne se doit d’être la locomotive de l’«agglo». Capacité qui n’est pas donnée à tout un chacun...
Un chantier géant. Faute d’autorité supracommunale, le canton a dû assumer jusqu’ici la haute main sur le Palm. Un projet d’ensemble a été remis à la Confédération, qui a accepté de le cofinancer. Mais il lui reste à dire dans quelle proportion, ce qui sera fait en 2010. Ensuite, il faudra construire. Tous ensemble, c’est-à-dire de façon coordonnée. Pas si simple, tant reste vif l’esprit de concurrence entre la commune de Lausanne et l’Ouest de l’agglomération.
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Le Palm, c''est quoi?
Pas encore baptisé. C’est un projet extraordinaire qui n’a pas encore trouvé son nom. Cela ne facilite pas sa publicité et nuit à l’enthousiasme qu’il devrait susciter. Pour l’heure, il n’a qu’un nom de travail, Palm, qui signifie: Projet d’agglomération Lausanne-Morges.
Une grande famille. Vingt-sept communes sont associées au sein du Palm. Sur leur territoire: 50% de la population du canton et 60% des emplois. Objectif du Palm: accueillir 40000 nouveaux habitants et 30000 nouveaux emplois d’ici à 2020.
Dynamique de vie. Principe du Palm: «construire la ville en ville» pour créer une «agglomération compacte» et préserver les espaces verts à l’intérieur de son périmètre, comme à l’extérieur. Sa méthode: déterminer les «sites stratégiques» où l’agglomération se développera. Son instrument: créer des «axes forts» de transports publics qui soutiendront la dynamique des «sites stratégiques» et aussi favoriser la mobilité douce en aménageant des itinéraires piétonniers.
Quatre coeurs et des sites. L’agglomération s’articulera en fonction de quatre cœurs urbains: les hypercentres de Pully, Lausanne, Renens et Morges. Neuf «sites stratégiques» sont retenus pour le développement de l’agglomération. Ils sont établis sur d’anciennes zones industrielles ou sur des espaces en friche. En fait, ce sont de nouveaux quartiers ou pans de ville qui vont peu à peu se construire, en mêlant activités et affectations (commerce, logement, culture, sport...), à l’image de ce qui s’est passé sur la plate-forme du Flon.
La timbale fédérale. Dans le reste du pays, une trentaine d’autres agglomérations sont en voie de constitution, chacune à sa manière. Et d’autres se préparent à l’exercice. Cet élan national ne relève pas du hasard. Il a été provoqué par la Confédération, qui propose de cofinancer les infrastructures de transports qui répondent à la logique d’agglomération. Les moyens de la Confédération sont toutefois limités: entre 2011 et 2014, 26 «agglos» se partageront 1,5 milliard de francs; entre 2015 et 2018, il restera 1,16 milliard de francs à distribuer.
Brélaz City? L’«agglo» lausannoise est bien partie: la Confédération a donné une très bonne note à son projet d’ensemble et envisage de financer 40% des 607 millions de francs prévus pour les transports entre 2011 et 2018. Mais, désormais, il faut donner corps à ces intentions, et donc populariser l’élan de ce projet d’«agglo» qui n’a pas encore trouvé son nom. New Brélaz City? Non, ça, ce serait vraiment trop...
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