Un poète nommé Jimmy Carter
L’ancien président américain écrit des vers chaque matin. Mais les hommes politiques font rarement les grands poètes.
POTINS. Il paraît que Jimmy Carter se lève tous les matins «une heure avant l’aube» pour écrire des poèmes. Voilà qui est sympathique; on imagine mal George W. Bush en faire autant. Toutefois, après avoir lu ceux que publient les éditions Buchet Chastel (Toujours un compte à rendre et autres poèmes), on n’en voudra pas à l’ancien locataire de la Maison-Blanche, de 1977 à 1981, s’il devait découvrir les joies paresseuses de la grasse matinée.
La poésie de Jimmy Carter est simple, rustique, pleine de braves gars, de beaux sentiments et d’une bonne terre américaine qui ne ment pas. Mais ces vers de mirliton démocrate démontrent une fois de plus que le poétique et le politique font rarement bon ménage. A cet égard, Léopold Senghor fut une exception – il était d’ailleurs poète avant de devenir chef d’Etat. A part lui, que d’horreurs! Au moins Carter estil fréquentable. A l’inverse de Mao qui plaçait la calligraphie et la poésie au-dessus de tout, et qui écrivait des vers de ce calibre: «Quand l’Armée rouge a passé, se répand le sourire.»
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