Une bonne partie des économies décrites ici restera sans doute lettre morte: le lobby pharmaceutique veille au grain. Il est parvenu à bloquer en octobre 2008 une révision partielle de la loi sur l’assurance maladie défavorable pour lui et à obtenir en décembre 2008 que les médicaments soient exclus des importations parallèles. Neuf parlementaires lui sont même directement liés (Hans Altherr, Felix Gutzwiller, Rolf Schweiger, Alexander Baumann, Martine Brunschwig Graf, Brigitta Gadient, Hans Rudolf Gysin, Theophil Pfister et Markus Zemp), soit 5 PLRD, 2 UDC, 1 PBD et 1 PDC. Pour accentuer encore la pression sur le gouvernement, la pharma ne manque jamais une occasion de rappeler qu’elle représente 34?000 emplois et une valeur ajoutée de 22 milliards pour la Suisse, soit 5% du PIB. «Si les conditions-cadres de la Suisse devaient ne plus nous convenir, nous pourrions aussitôt déplacer notre siège», menaçait en février le patron de Novartis, Daniel Vasella. Le petit marché suisse des médicaments (environ 1,2% de son chiffre d’affaires global) ne suffit pas à expliquer cet activisme: les prix pratiqués ici sont utilisés comme référence par environ 70 autres Etats. A tel point qu’une baisse en Suisse coûterait cher à la branche, admet Thomas Cueni, secrétaire général d’Interpharma.
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