L'Hebdo;
2004-03-18 Un séquoia sur le balcon peut faire de l'ombre au baobab du salon Verdure Foin des violettes modestes. Faites-vous tout petit devant votre Phoenix robellini ou votre Beaucarnea recurvata.
Verdure Foin des violettes modestes. Faites-vous tout petit devant votre Phoenix robellini ou votre Beaucarnea recurvata.Françoise Bouliannejardine pour vous.
On a tous en nous quelque chose du Douanier Rousseau. Des envies de végétation luxuriante où se perdre. Elevés auprès des jardinières de nos grands-mères, à l'aune des bégonias et des étoiles de Noël, on a pris goût à arroser, bouturer, observer la croissance et la floraison de ces belles capricieuses. Mais voilà. Un jour, il ne nous suffit plus de les multiplier, entassées à l'italienne ou dispersées dans tout l'appartement. Vient le désir d'un palmier, d'un yucca géant, d'un figuier. D'une pièce unique, comme une sculpture. «Le règne végétal est en train de prendre une place similaire à celle du règne animal dans nos maisons, confirme Raymond Weber, paysagiste lausannois. C'est un peu l'esprit du Japon. Là-bas, on cultive le bonsaï à l'extérieur, mais on le rentre à l'occasion des fêtes, parce qu'on en est fier et qu'on souhaite le montrer. On s'exprime à travers lui.»
Ses clients les plus pointus lui commandent désormais un, deux ou trois beaux sujets d'au moins 1,50 mètre - ou même du double voire du triple - plutôt qu'une foule de petits. L'essor des lofts et des jardins d'hiver en facilite l'acclimatation. Mais chaque nid peut accueillir son colosse. Il suffit de bien le choisir. «Les gens rêvent en général d'un oranger, d'un olivier ou même de bambous. Ce sont des espèces extrêmement difficiles à cultiver à l'intérieur. Mon rôle est de les guider vers un sujet tout aussi plaisant, mais moins récalcitrant.»
Sous-bois ou désert? Aiguillonné par sa passion, Raymond Weber est devenu une véritable encyclopédie. Son répertoire comprend une bonne centaine de géantes susceptibles de s'épanouir ici ou là. Avant d'y puiser, il va toujours sur place. D'abord chez l'acquéreur, puis chez le fournisseur. Principe: placer la bonne plante au bon endroit. Sans lumière zénithale, certaines feuilles risquent de pourrir. Une baie vitrée peut faire office de serre ou d'enfer, selon l'espèce choisie. «Moins on a de lumière, plus on va s'orienter vers les plantes tropicales de sous-bois. S'il y en a trop, ou presque trop, on optera pour des plantes du Sud, croissant dans un climat semi-désertique.»
En taille XXL, Phoenix robellini, Caryota ou Beaucarnea recurvata, au pied d'éléphant, représentent un véritable investissement. Plusieurs centaines voire plusieurs milliers de francs pour le Raphis excelsa ou le Dracanea compacta. Logiquement, plus la croissance est lente plus le prix d'un vieux sujet flambe. Ce qui ne l'empêchera pas de mourir s'il ne se plaît pas dans son nouvel environnement. Eviter ce genre de déception, c'est le métier de Raymond Weber et de tout bon paysagiste. A noter encore que l'hydroculture renchérit l'achat, 30% environ, mais augure une meilleure résistance et un entretien plus aisé.
Si l'inspiration vous venait d'essayer de faire d'un nain un géant, sachez enfin qu'à moins d'être un expert du pinçage et de la taille, et de plus un jardinier très patient, vous avez peu de chances d'obtenir de beaux résultats. Essayez alors plutôt les pinceaux, comme le Douanier Rousseau. |
Weber Création. Lausanne. Rue de Genève 17. Tél. 021 312 62 10.
Floriot Fleurs. Genève. Gare de Cornavin. Tél. 022 732 48 52.
Vivre en fleurs. Neuchâtel. Coq-d'Inde 3. Tél. 032 731 30 31.
Jardinerie du pénitencier de Regensdorf. Pöschwies, Roostrasse 49. Tél. 01 871 17 31.
«Les gens rêvent
d'un oranger, d'un olivier ou même de bambous. Ce sont des espèces extrêmement difficiles à cultiver à l'intérieur.»
Raymond Weber
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