ÉCONOMIE & FINANCE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

BALLET NOCTURNE Le grand rond-point de Kigali est le théâtre d'un trafic incessant.
Jeremy Jowell / Majority World

HOME > ÉCONOMIE & FINANCE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Kigali, Rwanda
Un Singapour africain

Par Catherine Bellini - Mis en ligne le 27.09.2011 à 18:48

Dix-sept ans après le génocide, le Rwanda relève la tête: sécurité exceptionnelle, croissance forte, école, anglais et assurance obligatoires, boom des services et de la construction. Le pays est géré comme une entreprise, les réformes imposées d'une main de fer.

 

Le grand rond-point de Kigali donne le vertige. Est-ce le ballet des rutilantes Toyota Land Cruiser? Les buildings qui poussent à vue d’oeil? Les milliers de moto-taxis se faufilant dans le trafic? Il y a autre chose. Quelque chose d’insolite. Nous sommes bien au cœur de l’Afrique, dans le centre névralgique de la capitale du Rwanda, nous croisons bien quelques femmes en pagne multicolore.

Mais la plupart des passantes sont habillées comme à Genève ou à Zurich, les hommes ont de belles chemises soigneusement repassées et le regard souvent cerclé de lunettes design. Les chauffeurs de moto-taxis portent tous un gilet fluorescent et un casque. Les trottoirs et la rue sont propres en ordre, pas un seul détritus, nulle trace de mégot – d’ailleurs personne ne fume.

Et quand la nuit tombe sur le rond-point, les femmes s’y baladent, sereines, sous l’éclairage des réverbères. Que s’est-il donc passé dans ce petit pays pauvre, sur ces mille collines verdoyantes où coula le sang de 800 000 Tutsis et Hutus modérés, qui laisse à la communauté internationale une mauvaise conscience persistante, celle d’avoir laissé faire?

Le régime autoritaire du président Paul Kagamé, chef militaire qui renversa le régime hutu et mit un terme aux cent jours du génocide, veut sortir de la pauvreté ce pays de onze millions d’habitants, le plus densément peuplé d’Afrique. Un gouvernement qui n’admet pas la critique, mais qui a mené un débat national pour réunirr les meilleures idées et développer sa stratégie – la Vision 2020 – pour faire du Rwanda une société éduquée, efficace, axée sur les services et d’où émerge une classe moyenne.

Mbanda Kalisa, professeur d’université, est un des pères de Vision 2020:«Notre ambition est dedevenir un hub entre l’Afrique de l’Est et de l’Ouest», une plaque tournante en matière de banque, technologies de l’information, commerce, transports, conférences. Le Rwanda voit grand et veut concurrencer Nairobi (Kenya), centre incontournable, mais étouffant sous le trafic et la criminalité. Seulement voilà: un hub qui se respecte dispose d’un grand aéroport international. Or, à Kigali, quand on sort de l’avion, on traverse à pied une petite piste qui mène à un petit aéroport.

Des ambitions, des interdits. Cela pourrait changer. La route qui mène en ville est flambant neuve. Quant à Albert Nsengiyumva, il s’affaire. Le jeune ministre des Infrastructures sort d’une réunion où il était question du futur aéroport. L’emplacement est choisi, le projet est là, sur papier glacé.

«Nous voulons offrir ici ce qui manque ailleurs: la sécurité et la rapidité des services.» Au scepticisme quant au financement et à la fréquentation d’un grand aéroport à Kigali, le ministre hausse les épaules: «J’ai beaucoup d’intéressés, Indiens et Chinois. Vous savez, on nous avait dit que nous ne dépasserions pas les 5000 utilisateurs de téléphones portables. Or, le Rwanda en compte 3,7 millions! Alors les études de marché…»

Il s’agit de désenclaver le Rwanda – la moitié du territoire suisse environ – isolé au milieu du continent. Politiquement, il a rejoint la Communauté des pays de l’Afrique de l’Est et le Commonwealth. Matériellement, tous les chemins devraient mener à Kigali. Il faut terminer la route du port de Mombasa (Kenya) à Goma (est du Congo), étendre la ligne de chemin de fer de Tanzanie jusqu’à Kigali. Quant aux routes de l’information, toutes les villes sont équipées de fibre optique.

Vision 2020 réglemente aussi la conduite de chacun sur l’espace public. «Si tu te fais attraper avec un sac plastique, dit un étudiant, tu paies, la police déchire le sac, tes affaires roulent dans la rue.» «Tu paies aussi si tu jettes un détritus.» Personne ne marche pieds nus, c’est interdit. La fumée? Elle est bannie dans tellement d’endroits que les gens préfèrent s’abstenir.

D’autres réformes sont vitales: l’obligation d’avoir une caisse maladie et de vacciner les enfants. «La mortalité infantile et celle des femmes qui accouchent ont chuté», observe Diane Karusisi, directrice de l’Institut national de statistiques. Et le président veut des citoyens éduqués et efficaces. L’école obligatoire dure désormais neuf ans, chaque enfant devrait bientôt avoir son ordinateur. L’autoritarisme du chef d’Etat prend parfois un tour absurde.

Paul Kagamé a banni le français, imposé l’anglais, la langue qu’il a étudiée, la langue des affaires et de l’Est africain. Les écoles primaires ont dû s’y mettre en l’espace de... deux mois. «Durant les vacances fin 2008, les enseignants ont suivi des cours accélérés d’anglais, une langue que beaucoup ne parlaient pas», explique l’abbé d’un internat catholique. Nouveau changement début 2011, les trois premières années d’école se font à nouveau en kinyarwanda. Et le français revient.

Dans les universités, les campus sont des ruches, les étudiants 50 000, contre moins de 3000 en l’an 2000. Au Kigali Institute of Science and Technology, ouvert en 1998, «les architectes diplômés ne doivent pas chercher de travail, on se les arrache», constate la directrice. Peu surprenant dans un paysage urbain piqué de grues et d’échafaudages, où des réalisations de prestige sortent de la terre rouge, comme le gigantesque centre de conférences, mais aussi des buildings, des villas et plusieurs cinqétoiles de Kigali.

Un air de Singapour. L’ordre règne sur le chantier qu’est Kigali. Le masterplan réalisé par une entreprise de Singapour règle la hauteur de chaque bâtiment. L’influence asiatique ne s’arrête pas là. Pour conduire le pays où il veut, le président Kagamé signe chaque année des contrats de performance avec les maires du pays.

Il a fait venir des consultants de Singapour cet été pour inculquer aux maires «la gestion du changement»», explique Apollinaire Mushinzimana, qui a organisé ces semaines de formation. Et des fonctionnaires rwandais vont y suivre des stages. Pourquoi cet engouement pour le dragon du Sud-Est asiatique?

«C’était un petit pays pauvre, sans ressources naturelles, qui s’est développé à grande allure», dit Mbanda Kalisa, l’homme qui a coordonné Vision 2020. «Le président s’inspire aussi de la Corée du Sud, des îles Maurice, il consulte Tony Blair.»

Comme à Singapour, la conduite du pays ressemble à celle d’une entreprise. Paul Kagamé se démène pour séduire les investisseurs. Il fréquente le Forum de Davos. Il a reçu cet été Peter Brabeck, le président de Nestlé qui va y développer ses activités.

En 2010, la Banque mondiale a classé le Rwanda parmi les Etats où la législation est la moins restrictive aux investissements étrangers. La croissance était de 7,5% en 2010, de 8% en moyenne ces cinq dernières années. L’industrie agroalimentaire se développe, on produit du thé, du café, des jus, de la bière. Les services –commerce en tête – font 46% du PIB. Les Chinois construisent, les Indiens commercent.

Mais la croissance profite-telle à tous? Les statistiques le diront vers la fin de l’année. Selon celles de 2006, 56% de la population vivait audessous du seuil de pauvreté. Car si de beaux quartiers se dressent sur Kigali, d’autres sont moins présentables.

Au centre, des bidonvilles ont été rasés, leurs habitants relogés en périphérie dans des logis mieux agencés, mais qui jouxtent des quartiers très pauvres. Les enfants y jouent dans des rues en terre battue, défoncées, qui se transforment en champs de boue à la moindre pluie. Dans la campagne surpeuplée, 80% des Rwandais vivent de petits lopins de terre assurant à peine leur subsistance.

Chouchou de l’aide au développement. Si le pays aux mille collines rêve de voler de ses propres ailes, il reste dépendant de l’aide internationale qui assure près de la moitié du budget. Dans son bureau à Kigali, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) Michel Arrion indique que celle-ci donne 50 millions par an et pourrait augmenter son aide de 20 à 30%: «Nous donnons davantage aux pays qui nous semblent les plus efficaces et les mieux à même de faire diminuer la pauvreté.»

Outre la Banque mondiale et le FMI, la Grande-Bretagne est une grosse contributrice les Pays-Bas, la Belgique, le Japon et l’Allemagne sont présent. Et les USA y dépensent 235 millions de dollars en aide au développement cette année. La communauté internationale voit d’un bon oeil une zone stable à côté du chaos du Congo et des richesses naturelles de son sous-sol.

Comme le note Diane Karusisi, qui siège au conseil d’administration de la Banque populaire du Rwanda: «Gisenyi est une place importante car elle est située à la frontière de l’est du Congo où il y a beaucoup d’argent, mais pas de banques.» D’où l’essor du secteur. Du Rwanda, on veille aux intérêts économiques et géostratégiques de la région.

Dans le quartier des ministères, l’ambassade des Etats-Unis trône au sommet de l’avenue dans un gigantesque bunker, où sont postés, notamment, trois attachés militaires. Les USA soignent une longue relation diplomatique et militaire avec Kagamé qui avait suivi une formation militaire aux Etats-Unis, un de ses fils faisant de même aujourd’hui.

Une ombre plane sur le pays. Depuis l’an dernier – année électorale qui a vu le président réélu à 93%! – les médias critiques sont interdits. Le chef d’un bimensuel a été assassiné, la directrice d’un magazine condamnée à dix-sept ans de prison. Seul média indépendant, la BBC produit chaque jour 30 minutes de programme en kinyarwanda et un débat contradictoire le samedi, animé depuis Londres.

Un ancien proche du président, exilé en Afrique du Sud, a été victime d’une attaque armée, d’autres – à Londres – mis en garde qu’ils courraient un danger. Au pays, on ne tolère pas les partis d’opposition. Les Verts n’ont pas reçu l’autorisation de participer aux élections et on a retrouvé leur vice-président décapité. Les gens critiques sont souvent accusés d’incitation à la division ethnique.

Depuis l’an dernier et plusieurs attentats à la grenade, le gouvernement déploie soldats et policiers dans les endroits fréquentés, cela dès la fin d’après-midi. La méfiance reste forte au Rwanda. Pourtant, de l’étranger, le président fondateur des Verts Frank Habineza nous écrit qu’il espère que Kigali puisse un jour dépasser Nairobi.

Il croit que son pays pourrait jouer un rôle capital: «Si le Rwanda pouvait laisser la démocratie prendre racine dans le pays, il donnerait une grande leçon à tous les Etats africains: malgré un passé horrible, une nation peut avancer vers un avenir meilleur.» Au grand rond-point de Kigali, il est 17 heures. On s’était habitué au trafic, mais que penser des soldats armés postés tout autour? Le Rwanda donne le vertige.


Vanny Nicole Kayirangwa

23 ans, étudiante à Kigali

Elle est belle, elle est sûre d’elle, elle créera sa propre entreprise, elle fera six enfants. Vanny a confiance en l’avenir. Elle aime danser «là où c’est trop chaud», et elle est assez fière de ce que devient son pays: «Tu as vu comme la rue est bien éclairée!»

Dans un an, son diplôme d’ingénieure en poche, elle se lancera dans une maîtrise. En attendant, elle étudie l’informatique et la télécommunication au Kigali Institute of Science and Technology. Elle a bénéficié d’une bourse parce qu’elle était bonne élève, elle a toujours aimé les maths, ce qui ne l’empêche pas de parler couramment l’anglais et le français.

Au Rwanda, un ingénieur, s’il trouve du travail, gagne bien sa vie, quatre fois plus qu’un enseignant secondaire. Mais Vanny veut plus, elle compte devenir sa propre patronne. Ce sera plus facile pour organiser la vie de famille. Au campus, elle vit dans une petite pièce. Une longue table à droite, une douche et une armoire au fond, un lit à étage à gauche. Deux jeunes filles dorment en bas, deux autres en haut.

Vanny a l’habitude d’être serrée: quand elle va chez la tante qui l’a élevée, elle dort aussi avec elle et une petite fille de la famille. Elle n’aime pas être seule. «Ma tante, c’est ma maman, c’est elle qui m’a recueillie.» Elle n’a alors que 6 ans, mais a déjà perdu ses parents, ses sœurs, une autre tante, «découpée en morceaux» alors qu’elle tenait un bébé dans les bras. «C’est comme cela qu’ils faisaient.» Vanny a vu le bébé et la tante tomber, elle a pris la fuite. Suivra un long chemin à travers le pays, avec un cousin de 12 ans.

Des cachettes, des blessures, de la faim et de la peur, jusqu’au lac Kivu, à l’ouest du pays. C’est grâce à un militaire qui, des mois plus tard, trouve un membre de sa famille, qu’elle revient à Kigali. Sa tante, qui a eu six enfants, dont trois sont morts, la recueille ainsi qu’un autre orphelin. Elle nourrit tous ces enfants grâce à l’argent qu’elle gagne avec la bière au sorgho qu’elle fabriqueelle-même. Un destin comme tant d’autres au Rwanda. Pourtant Vanny se sent forte aujourd’hui. Oui, elle fera six enfants, un pour chaque mort de sa famille.


Paul Karangwa

43, architecte et patron d'une entreprise de construction

Paul Karangwa est un des hommes qui dessinent le nouveau visage de Kigali. Il signe par exemple le premier vaste mall du centre-ville, flambant neuf, bleu chatoyant, dix-huit niveaux. Les petits marchands du vieux marché traditionnel sont au rez-de-chaussée, tandis que les autres niveaux alignent boutiques de vêtements, électronique, banques, restaurants avec terrasse.

C’est le plus gros budget de Paul jusqu’ici, près de 30 millions de dollars, mais pas son premier gros chantier. Il construit aussi le bâtiment administratif de l’Université libre de Kigali, un établissement privé. Deux collines plus loin, l’agitation fait place à la quiétude du quartier résidentiel de Gaculiro où l’architecte vient de vendre 60 maisons individuelles, dont une quarantaine de 260 m2 pour 200 000 dollars.

Ces maisons sont souvent achetées par des Rwandais qui les louent ensuite à des expatriés. Une quarantaine d’autres villas sont en chantier juste à côté. Mais il a fait aussi des blocs d’appartements à une ou deux pièces. Au grand rondpoint, centre névralgique de Kigali, il va ériger un complexe de 18 étages.

Il s’agit d’obéir au masterplan qui définit avec précision chaque parcelle: 18 étages, pas un de moins, aux alentours immédiats du rond-point, ailleurs ce sera 10, 12 ou 8 étages, tout est réglé. Né au Congo où ses parents avaient fui après la prise de pouvoir des Hutus en 1959, il fait architecture à Kinshasa. Il arrive au Rwanda après le génocide, profite d’une bourse d’Etat pour parfaire son savoir à Rome.

Puis il revient définitivement. «J’ai pensé que c’était bon pour moi de faire quelque chose pour mon beau pays que j’aime beaucoup.» C’était bon pour lui, de toute évidence. Avec son bureau d’architecture et son entreprise de construction, Paul est à la tête d’un petit empire.

Il emploie près de 120 personnes: architectes, ingénieurs, techniciens et une centaine d’artisans, sans compter les journaliers qui viennent prêter main forte les jours où il faut couler le béton. Et il coule beaucoup de béton, ces jours-ci, à Kigali. Ils sont parfois 300 personnes de plus à travailler pour lui.

L’architecte a aussi construit sa propre villa, 600 m2, colonnades, véranda, plafonds boisés. Ses quatre jeunes enfants vont dans la meilleure école privée de la capitale. Paul s’est échappé d’une fête de mariage pour nous montrer ses chantiers et une réussite décomplexée en costume italien.


Sina Gérard

48 ans, entrepreneur modèle de l'agroalimentaire

«Gérard? Un homme parti de rien, une carrière fantastique, même le président Kagamé le cite en exemple», dit le ministre. «Il fait vivre des milliers de familles d’agriculteurs», ajoute le banquier. «Ses jus sont exquis», entonnent les étudiants.

A Kigali, tout le monde le connaît. Il faut dire que ses cakes à la vanille, dodus et dorés, mettent l’eau à la bouche. Quand il quitte un de ses magasins pour prendre le volant de sa Mercedes 4x4, un attroupement de jeunes gens se forme aussitôt, qui pour de l’argent, qui pour un travail.

Sina Gérard vient d’une famille de paysans très humble – on préfère dire humble que pauvre à Kigali – et ne parle bien que le kinyarwanda. Il a commencé par une petite boulangerie pour finir avec une fabrique qui transforme les fraises en jus, les bananes en vin, les céréales en pâtisseries. Cette année, il s’est lancé dans le yogourt, l’an dernier dans la vigne, il est le premier à oser.

C’est l’entrepreneur modèle: il ajoute de la plus-value aux produits du terroir, développe une industrie dans le pays, collectionne les prix de qualité jusqu’à Paris ou Francfort, exporte vers l’Europe, fait vivre 3000 familles dans sa région natale, au nord-ouest de Kigali.

Il a aussi ouvert une école qui, de la maternelle au gymnase, accueille 880 élèves. Et Tony Blair lui a rendu visite. Mais Sina Gérard n’est pas homme à faire de grands discours, il parle peu, il dit simplement que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est travailler.


Diane Karusisi

35 ans, directrice de l'Institut national de statistiques du Rwanda

La directrice des statistiques est une Rwandaise qui repère l’accent biennois. C’est qu’elle est Suisse aussi, ayant acquis la nationalité après plusieurs années dans notre pays. Née au Congo, envoyée à Bulle chez de proches parents, elle fait son doctorat d’économie à l’Université de Fribourg, travaille au Séminaire de statistique puis au Credit Suisse, à Zurich, comme «portfolio manager».

Elle n’avait jamais vécu au Rwanda. Mais un bel hiver, des membres de la délégation qui accompagne le président Kagamé au Forum de Davos lui disent que son pays a changé, qu’elle devrait venir voir. Elle est venue, elle a vu. Une semaine durant, elle explore et boit des cafés avec des cadres de l’administration.

Plusieurs offres lui sont faites. L’Institut de statistiques la séduit: «Un bon endroit pour observer tout ce qui se passe dans le pays», sourit-elle. Elle débute en été 2009. Ses craintes de passer pour une «bounty, noire dehors, blanche à l’intérieur» sont vite envolées.

Elle épouse un homme qui, comme elle, a grandi ailleurs. Ses parents sont revenus au Rwanda, la famille est nombreuse, les amis aussi, les fêtes innombrables, si bien que la maigre offre culturelle lui manque à peine. Et le quotidien est confortable: «Les fonctionnaires sont bien mieux payés que dans les autres pays africains, ce qui réduit la tentation de corruption et augmente le professionnalisme», estime-t-elle. Diane aime sa nouvelle vie. Elle attend un enfant.




Tags: Kigali, Rwanda, croissance, réfomes,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page

Réaction de Jean-Loup
le 04.10.2011 à 13:44
Un bon article de Catherine Bellini. Après 30 ans de séjour...
 
Réaction de Ras Ngabo
le 03.10.2011 à 18:55
Continuez comme ca,j'ai tjrs eu cette fierté,les rwandais,...oh la la,on...
 



Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


ÉCONOMIE & FINANCE
Tamedia licencie 21 personnes en Suisse romande
Logo de Tamedia (archives) Keystone
Tamedia a annoncé à 21 de ses collaborateurs leur prochain licenciement. Le groupe qui édite notamment "La Tribune de Genève",...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Les "100 personnalités", édition 2012
Les
Pour la 8ème fois, L’Hebdo a présenté dans sa dernière édition, à l’occasion du Forum, sa séléction de "100 personnalités...
ÉCONOMIE & FINANCE
Bankia: le nouveau président défend l'équipe qui l'a précédé
La banque espagnole Bankia, a demandé un pr^et de 19 milliards d'euros (archives)  Keystone
Le nouveau président du groupe espagnol Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, qui a sollicité vendredi une aide record de 19 milliards...
ÉCONOMIE & FINANCE
L'Espagne poussée au sauvetage public le plus cher de son histoire
Bankia a besoin de 19 milliards d'euros d'argent public (archives). Keystone
La situation est pire que prévue chez Bankia, quatrième banque espagnole, qui croule sous les actifs immobiliers risqués. Elle a...
ÉCONOMIE & FINANCE
Avions militaires: Pilatus signe avec l'Arabie Saoudite
Des Pilatus PC-7 en démonstration (archives) Keystone
Pilatus va fournir 55 avions d'entraînements à l'Arabie Saoudite. La firme a signé vendredi un contrat avec le groupe de...


ÉCONOMIE & FINANCE
 Nuuk, Danemark: Sous la glace, la liberté
DERNIERE FRONTIERE Héritier de traditions culturelles et architecturales danoises autant que de références et dune sensibilité venues du monde inuit, le Groenland cherche une voie pour concilier le tout alors que le réchauffement climatique le place en première ligne des enjeux écologiques. Fotosearch
Une reine du Danemark, à Nuuk, Groenland, c’est une vieille dame digne au chignon serré qui boit son thé sans...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Uyuni, Bolivie: La longue route du lithium
OR BLANC Le lithium est abondant dans les saumures des hauts plateaux andins. Ford et l'Université du Michigan estiment que les réserves mondiales actuelles suffisent jusqu'en 2100. Les Boliviens, eux, pensent que leur pays peut en approvisionner la planète pendant au moins mille ans. Martin Bernetti / AFP Photo
Dans un soulèvement de poussière, cinq jeeps arrivent à la queue leu leu et s’arrêtent à quelques mètres de la...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Chiang Mai, Thaïlande: Alzheimer sous les tropiques
SORTIE Promenade dans les rues du village de Faham pour Gunther, accompagné de Cutjay. Patrick Brown
Confortablement installé dans un fauteuil, les jambes allongées sur un coussin, Hans* couvre une feuille de papier de sa signature....
ÉCONOMIE & FINANCE
 Macao, Chine: Les nouvelles règles du jeu
Le cliché colle à la ville comme le sparadrap du capitaine Haddock. «L’enfer du jeu»: une île entière ensuquée dans...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Singapour: Capitale des fortunes de l'Asie
LUXE Vue de la ville, depuis la piscine installée au 57e étage de l'Hôtel Marina Bay Sands. Bloomberg / Getty Images
Souvent appelée «La Suisse d’Asie», Singapour ravira-t-elle sous peu à l’Helvétie sa place de numéro un mondial de la gestion...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Mumbai, Inde: Tous derrière Bacchus
SYMBOLE Que l'Inde se mette à consommer mais aussi à produire du vin atteste du mouvement du
La route est longue jusqu’à Nasik. En quittant Mumbai direction nordest, on longe les tours modernes et insipides de la...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Kaust, Arabie saoudite: De l'or noir à l'or gris
AMBIANCE Grandeur, par la dimension des bâtiments, et convivialité, par les formes, les couleurs et l'omniprésence de l'eau: le campus reflète la nature et la cité arabe. Kaust
Jessica Bouwmeester avait l’intuition qu’un événement important allait se produire ce 16 avril 2011. Une nuit de pleine lune. En...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Kinshasa, République démocratique du Congo: L'avenir du français s'écrit en noir
 Dessin original Kash
«Migre», mot compte triple, 27 points. Agacé, Jean-Paulin Saula claque de la langue et jette ses mains vers le ciel...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Toshka, Egypte: Un jardin dans le désert
CLIMAT EXTREME Pour irriguer ce sol aride, un pivot tourne sur lui-même pratiquement en continu - 18 heures par jour au plus fort de l'été. Le sable se gorge d'eau, perd sa salinité et, au bout de quelques saisons, on peut y faire pousser de la luzerne, comme ici. La plante fourragère sera ensuite exportée vers les pays du Golfe. Shawn Baldwin
Le ciel est presque blanc, comme délavé par le soleil brûlant qui avoisine les 45 degrés. Le long de la...
ÉCONOMIE & FINANCE
 Istanbul, Turquie: Le lion vaillant campé sur deux continents
CROISSANCE Perché sur la plus haute tour d'Europe, Alpaslan Korkmaz domine le jeune quartier des affaires d'Istanbul. Bulent Kilic / AFP Photo
Du sommet de la tour Sapphire, le regard fier et noir d’Alpaslan Korkmaz se perd dans les méandres infinis d’Istanbul,...
12