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Seraina Rohrer succède à Ivo Kummer, qui a dirigé durant vingt-deux ans les Journées de Soleure.
Photo Gaetan Bally/Keystone

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LES JOURNEES DE SOLEURE
Un vent nouveau souffle sur Soleure

Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 18.01.2012 à 13:57

Seraina Rohrer, qui dirige cette semaine ses premières Journées, souhaite remettre les films au cœur des débats.

«Je suis prête.» Rencontrée à une semaine de l’ouverture des Journées de Soleure, la nouvelle directrice de la manifestation dévolue au cinéma suisse, Seraina Rohrer, est sereine. Reprendre les rênes après le long règne d’Ivo Kummer, qui a passé vingt-deux ans aux commandes avant de succéder au controversé Nicolas Bideau à la tête de la section cinéma de l’Office fédéral de la culture (OFC), cela n’impressionne pas plus que cela la jeune femme de 34 ans.

«Vous savez, partir du principe qu’il y a eu une longue histoire entre Soleure et Ivo Kummer aurait été contre-productif», glisse-t-elle avant d’expliquer que son seul but est que le festival reste une plateforme pour le cinéma suisse. «Soleure doit demeurer l’endroit où l’on montre le cinéma suisse dans toute sa diversité, où l’on peut voir aussi bien des comédies populaires que des œuvres radicales.» Pas question dès lors pour la Zurichoise de révolutionner les Journées, dont le cœur reste et restera la production suisse annuelle. Deux nouvelles sections font néanmoins leur apparition cette année: Upcoming, exclusivement destinée à la relève, et Focus, un programme spécial traitant d’un thème d’actualité propre au cinéma, en l’occurrence l’implosion des frontières classiques en matière de production, de distribution et de diffusion. A l’enseigne de Focus seront projetées, afin de nourrir les débats, des œuvres aussi bien helvétiques qu’étrangères, tel Donoma, un film français produit pour 150 euros et diffusé sur la Toile avant d’intégrer le circuit des salles grâce au soutien des internautes.

De Locarno au Mexique. Le cinéma suisse, Seraina Rohrer l’a d’abord découvert lors de ses études à l’Université de Zurich, avant de rencontrer ceux qui le font en travaillant pour le Festival de Locarno puis en participant au lancement du master Réseau cinéma CH et en collaborant avec la Fondation zurichoise pour le cinéma. Sa thèse, c’est en revanche entre les Etats-Unis et le Mexique qu’elle l’a réalisée, en étudiant les productions transnationales à très petit budget. Qu’attend-elle d’un film? Qu’il marie de manière convaincante forme et fond. «J’adore les films dont les sujets ne m’intéressent pas et qui d’un seul coup réussissent à me toucher. Et j’ai une vision très ouverte, je ne fais pas de distinction entre cinéma d’auteur et cinéma grand public.»

Mais assez parlé d’elle: l’essentiel est en effet pour Seraina Rohrer de montrer des films et de créer une atmosphère propice aux débats et aux rencontres – le public peut notamment cette année redécouvrir, en sa présence, les films phare de la filmographie de Marthe Keller. Le souhait de la nouvelle directrice des Journées est ainsi que le cinéma redevienne roi à Soleure et qu’on oublie les polémiques sur lesquelles se sont souvent focalisés les médias durant les années Nicolas Bideau, dont Ivo Kummer ne partageait de loin pas la vision avant de lui succéder à l’OFC. Que les histoires de cuisine interne restent internes et que la fête au cinéma suisse soit belle, dit en substance la Zurichoise. On ne peut qu’abonder en ce sens.

Journées de Soleure, du 19 au 26 janvier. www.journeesdesoleure.ch




Tags: Les journées de Soleure, Seraina Rohrer,

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