La Banque centrale européenne vient d’envoyer un message subliminal aux agences de notation: c’est elle qui décide, en toute souveraineté, des titres qu’elle admet en garantie de ses prêts collatéraux. Et de préciser qu’elle continuerait d’accepter les obligations souveraines grecques. Pied de nez aux officines en charge du classement des bons élèves et cancres du crédit. Elles avaient récemment dégradé au rang de junk bond la note des emprunts de l’Etat grec. Le geste amical de la BCE soulagera de nombreuses banques: les établissements grecs, principaux dépositaires des obligations gouvernementales de leur pays, mais aussi des banques françaises ou allemandes fortement exposées à la dette souveraine hellénique. A l’heure de la solidarité affichée au sein du club de l’euro, pas question de risquer de faire capoter un ambitieux plan de soutien de 110 milliards d’euros – dont 80 venant de la poche des autres pays utilisant la monnaie unique – et une sévère purge des dépenses publiques en Grèce, en affaiblissant encore des banques déjà fragilisées par la récession. Ce message lancé de Francfort fait gagner la politique au sens noble. Et même la logique financière: des banques debout sont nécessaires pour donner une chance de redressement à la Grèce. Même les marchés devraient le comprendre.
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