UBS
Une commission d'experts et beaucoup de questions
UBS. A défaut d’enquête parlementaire, la grande banque laissera peut-être des experts externes ausculter ses archives. Insuffisant, pestent les connaisseurs.
Depuis un petit mois, le landerneau politique palabre sur la constitution d’une commission d’experts indépendants pour examiner l’affaire UBS et la responsabilité de ses ex-dirigeants. Une idée avancée, entre autres, par les commissions de gestion du Parlement dans leur rapport critique à l’égard du gouvernement et de sa gestion du dossier UBS. Aux derniers échos, la banque aux trois clés accepterait la mission savante. Et des noms de papables circulent déjà pour la présider (lire encadré). Reste que, du côté des praticiens, cette commission intrigue sans trop convaincre.
est vrai que parler de «commission d’experts indépendants» a le mérite d’allier sérieux et impartialité. Voilà un des arguments servi la semaine dernière au Conseil des Etats pour enterrer une enquête parlementaire sur ce thème. Aujourd’hui, bien des observateurs s’interrogent sur la composition du prestigieux aréopage qui aura peutêtre le droit de fouiner dans les procès-verbaux du conseil d’administration d’UBS du temps de Marcel Ospel et de Peter Kurer. Mais avant cela, encore faut-il réaliser ce que signifie ce travail sur des archives bancaires.
Vite, des savants! Ancien haut commis d’Etat et historien de formation, Peter Hablützel s’interroge sur l’instauration de cette commission d’experts à propos d’UBS. Quel en serait le mandat, la durée ou la nature de l’expertise? A côté d’historiens, ne faudrait- il pas inclure des juristes ou des économistes? «Oui», dit le socialiste, auteur d’un récent essai sur la place financière (Die Banken und ihre Schweiz, Conzett & Oesch, 2010).
A l’inverse d’autres voix, il ne croit pas trop à l’apparition de nouveaux documents, d’autant qu’il n’existe aucune base légale pour que ces experts obtiennent un accès élargi. En fait, préciset- il, «cette commission n’aurait aucun sens si elle ne se faisait pas dans le cadre d’une enquête plus large sur le rôle de la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, ndlr) et ses liens avec UBS». Or, jusqu’ici, la Finma n’apparaît pas dans le radar. Dommage, car elle est en droit d’exiger d’UBS des documents sensibles.
A mesure que l’on se rapproche de l’Académie, le scepticisme grandit quant à la mise sur pied de cette commission d’experts. Surtout chez les historiens, comme l’illustrent les propos de Hans-Ulrich Jost, Thomas Maissen ou Jakob Tanner au Tages-Anzeiger. Tous trois craignent en effet que le politique se défausse à bon compte de ses responsabilités.
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