Dans L’Hebdo du 6 octobre 2011, l’encadré paru sous le titre «La guerre des chiffres» met en cause la communication des primes 2012 de l’assurance maladie obligatoire par le Département fédéral de l’intérieur (DFI). Ainsi, on aurait en particulier omis de préciser que la hausse de 2,2% concerne la prime pour adulte avec la franchise de base à 300 francs.
En fait, non seulement nous n’avons pas omis de faire cette précision, mais l’information a été donnée de manière complète, transparente et conforme à la réalité, aussi bien lors de la conférence de presse que sur Internet (voir www.edi.admin.ch).
Depuis le lancement de la Loi sur l’assurance maladie (LAMal), l’évolution des primes est présentée pour la prime de base avec la franchise à 300 francs. Il n’y a donc là rien de nouveau. En utilisant les mêmes paramètres, il est possible de faire une véritable comparaison sur la durée. Enfin, à notre avis c’est juste, car il s’agit de la prime en francs la plus élevée.
Cette évolution a été présentée clairement et accompagnée d’explications permettant de la juger, notamment de prendre acte que le volume de l’ensemble des primes évolue quasiment dans la même proportion (+2,3%), que les primes couvrent les coûts depuis 2010 et que la modération de la hausse des primes ne se fait pas au détriment des réserves.
Voici quelques extraits de la communication officielle du DFI, accessible par Internet.
Indicateurs de tendance. «Ces 2,2% représentent la moyenne des hausses de primes annoncées par les assureurs pour la catégorie des adultes ayant opté pour la franchise de 300 francs, avec la couverture pour accidents. (…) Ces chiffres sont évidemment à prendre comme un indicateur de tendance.
Les primes sont en effet différentes, selon le modèle, le canton ou l’assurance choisis. Mais cette faible hausse se confirme aussi globalement, pour l’ensemble des assurés et pas seulement pour ceux qui ont opté pour une franchise à 300 francs. En effet, le volume global de toutes les primes augmentera, l’an prochain, quasiment dans la même proportion, soit 2,3% par personne.»
Dans un système de concurrence régulée, et c’est son grand avantage sur la caisse unique, l’assuré a le choix. Le choix d’opter pour un modèle qui correspond le mieux à son état de santé, à ses souhaits, au budget qu’il entend ou peut consacrer à sa santé.
Mais pour qu’il puisse bien choisir, il faut qu’il soit bien informé. C’est désormais possible grâce au nouveau site, complet, neutre et gratuit, www.priminfo.ch.
Efforts de rationalisation. Si la hausse des primes est modérée cette année, c’est grâce aux efforts de rationalisation fournis par les partenaires de la santé et les mesures d’économies à court terme prises par les autorités fédérales. Les mesures d’économies décidées entre 2009 et 2011 représentent environ 1 milliard de francs, soit plus de 4% de primes, soit plus de 400 francs par an et par famille de deux adultes et deux enfants.
A l’avenir, cette situation améliorée ne peut être confirmée que si des réformes réelles sont entreprises. Il s’agit d’orienter les incitations vers la qualité et l’efficience et non vers la quantité et les volumes non nécessaires.
C’est possible en particulier par le nouveau financement hospitalier (qui récompense les prestations réelles), le nouveau cadre pour les réseaux de soins intégrés (qui améliore la coordination des soins) et une réelle compensation des risques (qui élimine les incitations à sélectionner les soi-disant «bons risques» et qui encourage à accroître la qualité des traitements des malades chroniques).
Tous ces éléments ont été communiqués par l’Autorité. Ils montrent que nous avons notre destin pour la politique de santé entre nos mains. C’est une question de volonté et de cohésion. Et c’est aussi une question de transparence et de confiance.
La guerre des chiffres
Pour évaluer l’évolution des primes d’assurance maladie, le DFI prend en compte les augmentations des primes pour adultes avec une franchise de 300 francs (et qui représente moins d’un tiers de l’effectif total des assurés). Ce qui lui fait dire que la hausse pour 2012 est de 2,2%.
Pour la troisième année consécutive, L’Hebdo a choisi de se fier au calcul de Comparis, qui prend en compte toutes les primes payées par toutes les catégories d’assurés (enfants, jeunes, adultes), toutes les franchises et tous les modèles d’assurance. La hausse pour 2012 apparaît ainsi de 3,6%. Notre dossier du 6 octobre dernier décline au surplus ce calcul dans tous les cantons romands auscultés.
(Réf. L'Hebdo N° 40 du 6 octobre 2011, ASSURANCE MALADIE, SPÉCIAL PRIMES 2012, Comment la LAMal ronge le pouvoir d’achat des familles.)
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