Informatique
Une cyberguerre de retard
La Suisse en fait-elle assez pour prévenir d’éventuelles cyberattaques? Réponses d’experts.
Les réseaux financiers, énergétiques ou les télécommunications de tout un pays mis hors service pendant des jours, voire des semaines. Voici les conséquences que pourraient avoir une cyberattaque, a expliqué en préambule Guy-Philippe Goldstein, auteur de Babel minute zéro, un thriller qui examine les scénarios d’une cyberguerre mondiale. Un des problèmes auxquels le pays agressé est confronté: ne pas savoir qui est son agresseur, donc ignorer contre qui diriger sa riposte.
Spécialiste de la lutte contre la criminalité, Mauro Vignati a rappelé qu’en Suisse, 50% des postes de travail sont liés à une connexion internet. «L’EPFZ a calculé qu’une panne internet d’une semaine coûterait six milliards de francs.»
A la question de savoir si la Suisse est en retard dans l’organisation de sa défense, André Kudelski, pionnier de la télévision et de la sécurité numérique, président et CEO de Kudelski Group, pense que c’est l’ensemble du monde qui n’en fait pas assez et qu’il faudrait un Tchernobyl pour qu’il en prenne conscience. L’ingénieur a encore expliqué que «tout ce qui se passe sur son ordinateur ou son téléphone peut être dévoilé ou utilisé contre vous».
Docteur en informatique et experte en sécurité du numérique, Solange Ghernaouti-Hélie a rappelé qu’il ne faut pas oublier la façon dont internet est utilisé par les criminels pour le blanchiment d’argent, la traite des êtres humains, les contrefaçons de produits et les paris en ligne.
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