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Une ingénieure au firmament

Mis en ligne le 20.11.1997 à 00:00

Mecanex part à l'assaut du gigantesque marché des satellites et sa directrice, Nicola Thibaudeau, obtient le Prix Veuve Cliquot de la femme d'affaires.

L'Hebdo; 1997-11-20

Prix de la femme d'affaires suisse Une ingénieure au firmament

Mecanex part à l'assaut du gigantesque marché des satellites et sa directrice, Nicola Thibaudeau, obtient le Prix Veuve Cliquot de la femme d'affaires.

Il y a des rendez-vous d'affaires qui n'attendent pas. C'est donc son bébé de trois semaines au sein que Nicola Thibaudeau prend place un beau jour à la table du conseil d'administration de Mecanex, le fabricant de microtechnologie spécialisé dans le spatial, à Nyon. «Pourquoi d'inutiles complications? C'était normal», raconte celle qui a racheté cette entreprise voici trois ans avec un ingénieur-cadre, Volker Gass. Cette Québécoise installée en Suisse depuis 1989 échappe visiblement au carcan des conventions et sait toujours ce qu'elle veut. La voilà à 37 ans directrice d'une entreprise qui travaille pour l'Agence spatiale européenne et des fabricants de satellites commerciaux, tels que l'Aerospatiale.

Alors qu'elle était petite fille, Nicola s'imaginait pilote d'avion. Quinze ans plus tard, diplômée de l'Ecole polytechnique de Montréal, elle devient «ingénieure senior» chez IBM et parachutiste à ses heures. Elle s'éprend des montagnes suisses lors d'un voyage d'affaires. Le management de Cicorel, un fabricant neuchâtelois de circuits imprimés, s'emballe pour cette «ingénieure de premier ordre» et lui offre la direction de son usine. Nicola Thibaudeau s'installe à La Chaux-de-Fonds.

«C'est une femme originale par l'intérêt qu'elle porte à la technologie et à la motricité. Elle vient de passer son brevet de pilote et aime découvrir quelle technologie se cache derrière un avion», observe Hans-Peter Schneiter, directeur d'Oerlikon Contraves à Zurich. «Elle ne voit pas seulement la technique mais se préoccupe énormément des problèmes commerciaux», relève un industriel jurassien. Une qualité indispensable pour s'adapter aux mutations des marchés. L'une de celles dont avait besoin Mecanex, à Nyon, pour aborder le nouveau secteur des satellites commerciaux.

Les fondateurs de l'entreprise, Mariette Bandi et Pierre Salzmann, faisaient alors face à un double problème. Celui de leur succession et celui de l'orientation de Mecanex. Comment s'assurer que le repreneur, si c'était un groupe étranger, ne délocalise pas les 40 emplois et maintienne à Nyon leur savoir-faire dans les collecteurs électriques et dans la communication laser entre satellites? Comment défendre la place de Mecanex face aux consortiums alléchés par le marché du XXIe siècle: celui des satellites commerciaux? Nicola Thibaudeau accepte, avec Volker Gass, cadre chez Mecanex, de reprendre la direction. A une condition: entrer dans le capital de la société. L'UBS s'engage de son côté à financer ce management buy out, via sa filiale EIBA. Après un an de négociation, les deux cadres emportent la majorité du capital. «Nous avons su tenir notre bout», conclut en franco-québécois Nicola Thibaudeau. Qui reconnaît «aimer le pouvoir, au sens que j'aime faire que ça marche et que les gens soient heureux dans l'entreprise. Ce qui est fun, c'est de voir s'envoler nos produits dans l'espace.»

Chantal Thévenoz

Nicola Thibaudeau




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