Respirez à fond, tentez de garder votre calme: cette année encore, les primes maladie sont annoncées à la hausse. Je sais, l’effort est surhumain. L’opacité du système de santé? Quasi totale. Chaque augmentation plombe le budget du ménage. Oui, le scandale reste entier. Comment demeurer zen, dans ces conditions?
Le secteur de la santé offre un formidable potentiel économique. A certaines conditions.
On peut par exemple tenter de renverser la perspective et cesser de regarder la santé sous le seul angle des coûts et des factures qui enflent. Médecins, sages-femmes, aides-soignants... Ce secteur occupe quelque 500 000 personnes. Et pèse 60 milliards de francs. Enorme.
Le vieillissement de la population accroîtra encore son poids économique. Et son importance décisive dans la création de nouveaux emplois.
Mais attention, l’infirmière de demain ne ressemblera pas à celle d’aujourd’hui, les chirurgiens vont disposer d’instruments et de technologies qui révolutionneront le métier. Le bistouri, c’est (presque) fini! Place aux pionniers de la médecine du XXIe siècle.
Comme l’explique notre rédactrice Julie Zaugg dans son enquête, il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de jobs exigeant de longues études universitaires. Exemple, ce titre d’assistant(e) en soins et santé communautaire, fruit d’une formation rapide (lire notre article).
Et n’oublions pas les nouvelles industries. Ce printemps, nous parlions, à propos du biomédical et des quelque 25 000 emplois créés entre Genève et Neuchâtel en peu d’années, de miracle économique: l’informatique, la microtechnique et les sciences de la vie se rejoignent pour permettre de nouvelles thérapies.
Les entreprises agroalimentaires flirtent avec la pharma. Voila pourquoi le groupe Nestlé, entre autres, investit massivement dans la recherche et se profile comme un acteur essentiel de ce que nous avions appelé, faute d’un terme français convaincant, la «health valley» romande (lire L’Hebdo du 4 mars 2010).
Une mine de futurs emplois pour les jeunes Suisses, alors? Minute, encore faut-il former ces ingénieurs, ces médecins, ces infirmières, ces aides-soignants du 3e type... Car, si la demande dans ces métiers va continuer d’exploser, les places offertes par les hautes écoles et les filières d’apprentissage sont actuellement insuffisantes. Très insuffisantes.
Une vue d’ensemble et une stratégie de formation s’imposent donc si l’on veut profiter au mieux du potentiel formidable du secteur de la santé. Sinon? On se retrouvera dans dix ou vingt ans avec des primes éternellement à la hausse et sans la création d’emplois endogènes qui devrait aller de pair. Une pilule difficile à avaler.
Elections au Conseil fédéral
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