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Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 31.10.2012 à 10:35 |
Cela s’appelle coordination respiratoire, et il ne s’agit pas d’une énième mode new age. La coordination respiratoire c’est, pour résumer, une méthode visant un renforcement du diaphragme et une meilleure collaboration de tous les muscles liés à l’appareil respiratoire. Avec comme finalité une utilisation plus efficiente de ce magnifique instrument qu’est la voix. Développée par l’Américain Carl Stough dès la fin des années 50, cette méthode est en train d’essaimer un peu partout grâce au travail de celle qui fut sa disciple, sa compatriote Lynn Martin. Mais aussi grâce à la ténacité et à la passion d’un jeune Lausannois, Robin de Haas qui, à 33 ans, est devenu le deuxième spécialiste mondial en la matière. A tel point qu’il s’apprête à partir pour Londres et Liverpool, où il donnera notamment une master classe dans la prestigieuse école de musique de Paul McCartney. Avant de faire de même à New York, Los Angeles et San Francisco. De l’ONU aux JO. Lorsqu’on lui demande de nous présenter la coordination respiratoire, Robin de Haas est intarissable, forcément. L’enthousiasme de celui qui est également prof de chant ainsi que coach et consultant vocal est communicatif, tant il a envie de partager cette méthode qu’il dit révolutionnaire, basée sur des fondements scientifiques et anatomiques. «Grâce à elle, j’ai pu aider de nombreuses personnes, comme par exemple une jeune chanteuse qui avait l’impression d’avoir un couteau dans la gorge. Elle ne pouvait quasiment plus chanter, était extrêmement tendue. Après notre travail, elle a pu enregistrer son premier titre, un gospel.» Les exemples de ce type sont nombreux. Mais le Lausannois ne se contente pas d’aider des chanteurs aux pathologies diverses, allant de l’irritation des cordes vocales à des prénodules ou œdèmes. Il travaille aussi régulièrement à l’ONU avec des cadres de l’Union internationale des télécommunications, afin de les amener à mieux poser leur voix, et donnera l’année prochaine, à Fribourg, un séminaire destiné aux physiothérapeutes. La coordination respiratoire couvre un champ très large. Lors des Jeux olympiques d’été de Mexico, en 1968, l’équipe américaine avait suivi les préceptes de Carl Stough, ce qui lui permit d’être la seule à se passer d’un apport en oxygène... avant de battre toutes les autres nations dans la course aux médailles. De son côté, Robin de Haas a un jour travaillé avec une violoniste, qu’il a aidée à se relâcher en insistant sur le rôle des côtes ainsi que des articulations de l’épaule, du coude et du poignet. «J’ai enfin trouvé le son que je cherchais», s’est réjouie la musicienne après avoir assimilé les bases de la coordination respiratoire. Lecture du corps. La passion de la voix, le Lausannois l’a eue très vite. Même s’il a toujours chanté, ce n’est par contre qu’à 18 ans qu’il prend quelques cours, pour voir. C’est alors qu’une amie, qui aimait son timbre, lui demande de devenir son prof de chant. Il décline, elle insiste. Il finit par accepter mais refuse de se faire payer car il n’a aucune expérience. «En l’observant, je me suis aperçu que je captais énormément de choses. Je voyais plein de petits déséquilibres qui se passaient au moment du geste, comme une langue mal positionnée ou une nuque qui se rigidifie. J’ai réalisé qu’une lecture très subtile du corps de l’autre était efficace. Et j’ai aimé cela. Du coup, sa voix a beaucoup progressé puis elle en a parlé autour d’elle. Très vite, j’avais plein d’élèves.» Le thérapeute en herbe, qui vient de terminer son gymnase, continue à enseigner puis s’inscrit au Conservatoire de Lausanne. C’est en travaillant sur l’opposition pop/lyrique dans le cadre de son mémoire de fin d’études qu’il entend parler de la coordination respiratoire, qui prône l’utilisation de la même gestuelle corporelle pour les deux styles de chant. Après un premier contact avec Lynn Martin, il décide de consacrer tout son temps libre à l’apprentissage de la méthode. L’Américaine avait approfondi les recherches menées de manière intuitive par Carl Stough en se focalisant notamment sur l’anatomie. A partir de la technique qu’elle a mise au point, et sous sa supervision, le jeune Suisse développe après quelques années de recherches des modules de formation. Une première. Il est en train d’instruire cinq personnes, qui seront diplômées en coordination respiratoire dans quelques mois. L’an prochain, il envisage de s’occuper de huit nouveaux élèves. A leur tour, ceux-ci pourront par la suite enseigner cette méthode que de plus en plus de profs de chant intègrent. Dave Stroud, coach vocal ayant entre autres travaillé avec Justin Timberlake et Jamie Cullum, est par exemple à tel point convaincu qu’il a demandé à Robin de Haas de venir partager son savoir avec les profs qu’il forme. Une ligne de plus sur le CV déjà imposant de ce passionné qui tient à souligner que gérer son souffle de manière coordonnée a une grande influence sur le psychisme et la manière d’être, que l’on soit chanteur ou non. www.robindehaas.ch
TANIA ZOPPI, CHANTEUSE (VOXSET)Chanter sans effort superflu«A partir de 2008, de fréquents symptômes d’aphonie m’ont amenée à consulter une ORL. Diagnostic: un œdème et une inflammation des capillaires sur une corde vocale. Chanter était devenu un supplice. Après dix-huit mois de logopédie, qui m’ont certes aidée, le problème n’est pas résolu. Je contacte alors Robin, qui me fait travailler des gestes de détente musculaire et d’ouverture du corps, avant de corriger de mauvaises habitudes respiratoires. Il m’a permis de retrouver toute l’étendue de mon organe vocal et le plaisir de chanter, sans effort superflu ou néfaste.»
MANé BISCHOF, CHANTEUSENe pas forcer, mais comprendre«A l’âge de 16 ans, j’ai commencé à avoir des problèmes avec ma voix, que je perdais petit à petit. Elle était devenue éraillée, voilée. Frustrée, je forçais et la situation empirait. J’avais constamment mal. Lors d’un contrôle au CHUV, un médecin m’explique que j’ai une tension musculaire extrême à la gorge et me conseille de contacter Robin. Alors que certains reléguaient mes problèmes sur un plan émotionnel, il m’a expliqué concrètement ce qui se passait au niveau technique. Grâce à lui, j’ai réappris à chanter.» |









