Ueli Maurer C’est – encore - le scénario le plus probable. Après avoir voté au premier tour pour Christoph Blocher, le groupe UDC reporte toutes ses voix sur Ueli Maurer. Celui-ci devrait être élu au troisième tour, assuré qu’il est de l’appui de 80% des radicaux et d’une petite moitié de PDC, soit environ 130 voix au total. Chez ces deux formations, le besoin de consolider le système de concordance et de réintégrer l’UDC au gouvernement l’emporte sur le malaise que suscite la candidature d’Ueli Maurer.
Par cette élection, radicaux et démocrates-chrétiens veulent surtout clore une fois pour toutes le chapitre traumatisant du passage de Christoph Blocher au Conseil fédéral. Demeuré chef de meute UDC, le trublion avait transformé l’enceinte feutrée du Conseil fédéral en champ de bataille. Sur ce plan précisément, la droite ne voit pas en Ueli Maurer un clone de Blocher totalement instrumentalisé par la direction de son parti. Elle l’imagine capable de négocier des compromis. •
Bruno Zuppiger Tout le génie des vainqueurs de l’an dernier avait consisté à s’entendre pour présenter un(e) «UDC éligible», plutôt que de briser l’équilibre des forces au Conseil fédéral. En reprenant cette tactique, on tombe sur Bruno Zuppiger, un entrepreneur de 56 ans, spécialiste des finances et de la sécurité. Presque aussi à droite qu’Ueli Maurer, mais pragmatique et respectueux de ses adversaires. S’il figurait sur le ticket UDC, il serait élu haut la main.
Mais voilà: sa candidature, trop suspecte d’être souhaitée par les autres partis, a été écartée. Lorsque l’UDC a modifié ses statuts excluant désormais du parti tout membre ayant accepté une élection au Conseil fédéral sans avoir été candidat officiel, d’aucuns y ont même vu une «lex Zuppiger». A son groupe, Bruno Zuppiger a promis qu’il n’accepterait pas une élection. «Je n’ai pas envie de souffrir comme Samuel Schmid des attaques constantes de mon parti, dit-il. Ueli est un ami de la même section UDC et nous avons mené de nombreuses campagnes ensemble.» •
Urs Schwaller C’était le plan B au soir du 12 décembre 2007. Alors que la Suisse entière se demandait encore si Eveline Widmer-Schlumpf allait accepter son élection le lendemain, les adversaires de Christoph Blocher s’étaient mis d’accord sur le conseiller aux Etats fribourgeois en cas de retrait de la Grisonne.
Un an plus tard cependant, les données sont moins favorables à la réalisation d’un tel scénario. D’abord parce que le conseiller aux Etats fribourgeois s’est très vite déclaré hors jeu. «Je ne suis pas candidat», a-t-il déclaré tout en estimant qu’Ueli Maurer était à ses yeux «éligible». Cette simple déclaration a fait monter en flèche les actions de l’ex-président de l’UDC. Aujourd’hui, malgré la pression, Urs Schwaller relativise: «J’ai simplement dit qu’Ueli Maurer avait des chances d’être élu, mais ce n’était pas une recommandation de vote. Tout reste ouvert.» Son nom pourrait apparaître au deuxième tour, le dernier moment pour introduire un nouveau candidat. •
Christoph Blocher C’est le scénario dont n’ose même plus rêver l’UDC. Il est très peu probable, mais pas totalement exclu. Pour qu’il se produise, il faudrait que les adversaires de Christoph Blocher fassent vraiment tout faux. Au premier tour de l’élection du 10 décembre, il est presque sûr que l’ex-conseiller fédéral sortira en tête avec un score de 60 à 80 voix, car son groupe tient à lui réserver un tour d’honneur. La surprise serait de trouver derrière lui le candidat Vert Luc Recordon, soutenu par une bonne partie de la gauche, plutôt qu’Ueli Maurer, qui ne convainc que mollement les radicaux et le PDC.
Si Ueli Maurer tarde trop à décoller, le scénario «catastrophe» est programmé pour les vainqueurs du 12 décembre 2007. Car en cas de duel Blocher-Recordon au troisième tour, les radicaux et une partie des PDC soutiendraient assurément le Zurichois. C’est dire que la marge de manœuvre du centre-gauche pour éviter le ticket Blocher-Maurer n’est pas immense. •
| Dossier 'Conseil fédéral' | | |
|