MÉDECINE Alexandra Calmy est cheffe de clinique scientifique aux Hôpitaux universitaires de Genève. DR
Alexandra Calmy
Une vie au service de la lutte contre le sida
Par OONA BAUMIER - Mis en ligne le 25.08.2010 à 11:16
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Fille de conseillère fédérale, cette Genevoise de 40 ans a consacré sa vie au VIH. Un engagement lourd d’implications politiques et personnelles.
«Je suis assez impatiente, mais je suis aussi quelqu’un de passionné, j’aime quand ça marche et dans ce cas, je suis prête à m’investir beaucoup.» Genevoise d’origine et fille de la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, Alexandra Calmy est actuellement cheffe de clinique scientifique aux Hôpitaux universitaires de Genève. Décidée depuis sa jeunesse à lutter contre le VIH/sida, elle a suivi un parcours atypique. Alors qu’elle avait à peine 17 ans, elle finit sa maturité gymnasiale en grec-latin, et part à Haïti. «J’étais choquée de ce que j’avais vu là-bas et je me suis dit qu’il n’y avait pas grandchose qui pouvait avoir un impact sur la vie des gens en dehors de la médecine.» Malgré son ambition de devenir archéologue, Alexandra entame des études de médecine à l’Université de Genève. Pendant ces années, elle décide de s’investir dans la prévention du sida en participant au BIPS (bus itinérant de prévention sida) en 1992 en tant que bénévole. L’envie de collaborer avec une action humanitaire dans les pays du Sud reste alors une idée omniprésente. Mission au Rwanda. A la fin de ses études, elle part en mission au Rwanda avec MSF (Médecins sans frontières) pour soutenir une population en plein génocide. Elle partira ensuite dans d’autres pays en se concentrant sur la prévention du sida. Un rôle qui n’est pas toujours facile, spécialement en tant qu’expatriée. «La crédibilité d’une jeune fille blanche lorsqu’elle doit montrer à un groupe d’hommes noirs comment mettre un préservatif sur un pénis en bois n’est pas optimale», se souvient-elle en souriant. Cependant, il lui manque un parcours plus classique en médecine pour compléter sa formation. Elle est interne pendant quelques années. Ensuite, toujours fortement motivée par l’humanitaire et plus particulièrement par la prévention du sida, elle se tourne vers Bernard Hirschel, responsable de l’unité sida des HUG, lui exposant clairement ses ambitions. Ce dernier l’engage et lui offre l’opportunité d’exercer à mi-temps à l’hôpital, en complément de son engagement à MSF. C’est d’ailleurs en collaboration avec cette association qu’elle monte les premiers programmes sida au Mozambique et au Cameroun dès le début des années 2000. Entre-temps, elle met au monde ses trois filles et part avec elles en Australie pendant deux ans, pour faire sa thèse de PhD (doctorat de médecine). «J’avais une expérience trop atypique, essentiellement acquise durant mes voyages, alors il a fallu que j’assure une base académique à mon cursus.» Aujourd’hui, elle est cheffe de clinique scientifique à plein temps à l’hôpital cantonal. La moitié de son temps de travail est dédié à la recherche, une petite partie à l’enseignement et le reste à la clinique. Cela lui permet de rester en contact avec la campagne d’accès aux médicaments de MSF, comme «consultante VIH». Admiration pour sa mère. Malgré leurs deux carrières chargées, bien que différentes, Alexandra et sa mère entretiennent une très bonne relation. «Je ne pense pas que d’être la fille de Micheline Calmy-Rey soit ce qui me qualifie le plus, j’ai suivi ma propre voie. Néanmoins, je suis très admirative de son travail.» Avant d’ajouter, à propos de son propre parcours: «J’ai toujours voulu faire ce dont j’avais envie, mais ce n’est pas toujours facile d’assurer une certaine stabilité. En plus j’ai eu des enfants, je ne pouvais pas rester des années à MSF en voyageant aux quatre coins du monde. Il fallait que je trouve une voie qui me permette de faire ce qui m’intéresse, la clinique, le VIH, tout en assurant une collaboration avec MSF.»
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