SPECTACLE
Ute Lemper, un chant pour Berlin.
«Last Tango in Berlin», le formidable spectacle de la chanteuse allemande, passe par Montreux.
Avec elle, ne pas trop vite tomber dans le cliché: car Ute Lemper exprime comme personne aujourd’hui ce mélange vénéneux entre l’Allemagne d’avant-guerre, un art presque perdu du cabaret, et la modernité de son art d’interprète. Lemper, belle à tomber, en fourreau rouge ou noir, classe et forte, élégante et sexuelle, est devenue avec les années un genre d’héritière légitime de Marlène ou de Liza: on connaît de plus mauvaises influences.
C’est une tournée qui fait le tour du monde que l’Auditorium Stravinski accueille le 21 janvier. Rio, Paris, Barcelone ou New York ont déjà fait ovation à Last Tango in Berlin. Une configuration minimale pourtant, avec deux musiciens seulement pour l’accompagner. Le merveilleux Vana Gierig est au piano. Et au bandonéon, une légende absolue: le fabuleux Tito Castro. Le reste est affaire de voix et de conteuse. Parce que Lemper fait bien plus que chanter, contralto écorché ou sensuel. Nourrie de ses rôles en Sally (dans Cabaret) et de Velma (dans Chicago), elle raconte l’aventure et la perdition de ce Berlin où se croisèrent des destins, des amours et les décadentes cruautés du siècle. Pour cela, elle traverse langues et chansons, allant de Kurt Weill à Brel, et encore Piaf, et puis Marlène Dietrich, toujours, évidemment. C’est autre chose qu’un récital: le chant d’une ville et d’une histoire. Courez-y.
Montreux, Auditorium Stravinski. Sa 21 janvier, 20h15. Location Fnac.
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