POLITIQUE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > POLITIQUE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Opération Blogtrotters
Vague de faux passeports au Tessin

Par Marianne Grosjean - Mis en ligne le 18.08.2011 à 10:32

A Chiasso, la saisie de faux papiers d’identité a augmenté de 66% en un mois. Le taux de requérants d’asile ne faiblit toujours pas.

9h du matin, à la gare de Chiasso, ville frontière au sud du Tessin. Un homme est arrêté au sortir du train en provenance de Milan. Son passeport bulgare, pourtant muni de tampons et visas officiels indiens, est un faux. Originaire du Bangladesh, l’homme a payé 3000 euros pour la contrefaçon.

Fouillé par les gardes-frontières, il demande l’asile pour gagner quelques semaines. Il ramasse lentement ses deux sacs de voyage avant d’être escorté par deux gardes-frontières vers le Centre d’enregistrement et de procédure, un bâtiment gris à l’allure carcérale à quelques mètres de la gare.

Les faux passeports sont le nouvel obstacle des 300 gardes-frontières tessinois. Le mois dernier, plus de 50 documents factices ont été interceptés à Chiasso, contre 30 habituellement. «Pour venir en Suisse, il faut un passeport, un permis de séjour et un titre de voyage valables», explique Davide Bassi, porte-parole des gardes-frontières tessinois. «Depuis peu, des faussaires en Italie fournissent un multipack de ces trois papiers falsifiés.»

Les passeports grecs, roumains, bulgares ou italiens sont les plus imités car moins chers à obtenir. Une fausse carte d’identité italienne par exemple s’achète pour 100 euros. Les immigrés veillent aussi à choisir un papier d’identité plausible avec leur physionomie: «Un Nigérian ne se présente pas avec un passeport suédois» souligne Davide Bassi.

Huitante pour cent des clandestins arrêtés à la douane n’ont aucun document d’identité. Quinze pour cent présentent un faux passeport. Leur principale raison? Ils ont été plusieurs fois refusés en tant que requérants d’asile et tentent de travailler en Suisse ou de voyager en Europe malgré tout.

Pour débusquer les contrefaçons, ces gardes-frontières se tiennent particulièrement à jour sur les nouveaux détails techniques des passeports de tous les pays. Ils sont les leaders suisses dans la qualité du contrôle des passeports. Une vérification qui ne se fait pas uniquement à la douane avec des machines spécialisées, mais aussi dans le train, où les gardes-frontières doivent être capables de repérer en quelques secondes un faux passeport avec les moyens du bord.

«C’est d’abord l’instinct et les capacités personnelles du garde-frontière à remarquer des attitudes louches qui permettent le contrôle» explique Davide Bassi.

Une personne qui présente un faux document ou qui n’en possède pas est fouillée, et ses empreintes digitales sont relevées. Parfois, les gardes-frontières mettent la main sur des criminels dangereux recherchés. «On ne sait jamais qui on a en face de soi» déclare Davide Bassi, s’assombrissant en évoquant le souvenir pénible d’un «homme très agressif qui ne voulait pas donner ses empreintes digitales. On a su par la suite qu’il avait violé une fille de 13 ans en Italie.» Ce mois-ci, un criminel russe a été arrêté à la douane routière de Chiasso. Il était recherché pour assassinat.

Il y a aussi des histoires qui finissent bien, comme celle de cette Sri Lankaise abandonnée avec son nouveau-né par le passeur sur un sentier menant vers le Tessin en plein hiver. Les gardesfrontières ont pu recueillir les infortunés et leur donner nourriture et toit. La famille a obtenu par la suite le droit d’asile.

Faux passeport ou non, le nombre des requérants d’asile à Chiasso ne faiblit pas. Le Centre d’enregistrement et de procédure (CEP) en compte 600 par mois. Un chiffre étonnant car habituellement la plus grande affluence intervient en automne. A cette saison, «les gens qui ont travaillé en Italie pendant l’été, dans l’agriculture ou comme vendeurs sur les plages, remontent en Suisse», explique Davide Bassi.

Cette année, le taux d’immigrés est particulièrement élevé, notamment avec les réfugiés tunisiens à la suite des révolutions arabes. Ces derniers arrivent la plupart du temps sans aucun papier d’identité.

La majorité des requérants qui transitent par Chiasso sont refusés par l’Office des migrations à Berne, et sont renvoyés vers l’Italie, premier pays de la zone Schengen par où ils sont arrivés. D’où, peut-être, l’intérêt de tenter le passage avec de faux papiers.


Et pendant ce temps... les autres blogtrotters se racontent sur le blog

Thomas

Val d'Illiez : Entre chèvres et alpage

«Si on tend la main, on croirait pouvoir toucher l’imposant massif des Dents Blanches», s’extasie Thomas, en séjour dans un chalet d’alpage à 1790 m d’altitude. Il se fait héberger par la famille Marclay et leurs chèvres. Au milieu de relents de purin, Alexis, fils d’un ancien paysan, lui parle de sa frustration de ne pas pouvoir se lancer dans la paysannerie de montagne: «On ne s’en sort pas avec le prix des produits. Mes copains ont aussi choisi une filière plus sûre.»

Raphaël

Bivio : Soupe linguistique

Italien, allemand, romanche, anglais et portugais, Raphaël se perd en milieu ultra-plurilinguiste dans un hôtel d’un petit village des Grigioni italiani. Si le blogtrotter prend goût à l’exotisme de l’endroit, la communauté italophone de base, elle, lui parle avec amertume de la dissolution de sa langue. Celle-ci perdrait de plus en plus de terrain, notamment face à l’allemand et au suisse-allemand, dont l’importance économique est devenue incontournable.

Caroline

Geneva : "Welcome" dans la ville de l'anglais

Caroline se plonge dans la Genève internationale, avec comme langue maîtresse l’anglais, of course. «Il y a une sorte de paresse anglaise pour les langues. Surtout parce que pour nous, apprendre une langue étrangère n’est pas une nécessité», lui confie Sarah-Jane. Cette nanny d’Angleterre, venue à Genève en 2003, avoue ne pas faire l’effort de parler le français, préférant prendre «son meilleur accent frenchy et demander: vous parlez anglais?»

Manon

Lucerne : Exploration au fin fond d'un tunnel

1971. «C’est le début des travaux de construction du tunnel de Sonnenberg reliant Kriens à Lucerne.» Manon retourne dans le passé pour découvrir le plus grand abri de protection civile au monde. Accompagnée d’anciens membres de l’école de recrues, elle écrit: «L’ensemble de la visite est basée sur des “Et si”. Car le dispositif de défense n’a jamais servi. Chez les visiteurs, le ton est à la plaisanterie. Certaines mises en scène font sourire les anciens militaires.»

Suivez nos blogueurs-voyageurs au quotidien www.hebdo.ch/blogtrotters




Tags: Blogtrotters, faux passeports, Tessin,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


POLITIQUE
 Le massacre oublié (L'élimination)
Pourquoi parle-t-on si peu de la condamnation du tortionnaire khmer rouge Duch ? Parce que ce massacre idéologique nous gêne...
POLITIQUE
Londres accueille une conférence internationale sur la Somalie
 Britain's Prime MinisterLa Grande-Bretagne chapeaute la réunion sur la Somalie Keystone
Le premier ministre britannique David Cameron ouvre jeudi à 11h00 à Londres une conférence internationale sur la Somalie. L'ambition de...
POLITIQUE
Etats-Unis: Romney et Santorum à couteaux tirés lors d'un débat
Rick Santorum (à gauche) et Mitt Romney se sont échangés quelques vives attaques. Keystone
Les quatre candidats à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine se sont affrontés mercredi soir lors d'un débat télévisé en...
POLITIQUE
 Les connivences juteuses
A quoi sert le président de la République fédérale allemande? Une instance morale, dit-on. Là, les Allemands seront servis. Le...
POLITIQUE
 A propos de l'Affaire Mark Muller: Démission et grandeur d'âme
Le président du conseil de banque de la BNS Hansueli Raggenbass ne se représentera pas pour un nouveau mandat. Dommage...


POLITIQUE
 Financement des partis: Le combattant de la transparence
Entre ses deux passions, son cœur balance depuis plus de vingt ans. Entre le droit et la musique. Jean-Christophe Geiser...
POLITIQUE
 Débats&Polémiques: La liberté, thème de campagne
ANTONIO HODGERS «Je ne revendique personnellement pas le terme libertaire», affirme le conseiller national (Les Verts/GE). Luca Da Campo / Strates
Le débat d’idées, par ici, reste plus rare que les piques de campagne et les propos de cantine. C’est pourquoi...
POLITIQUE
 UDC: le parti qui torpille l’économie
C’est le retournement de veste de l’année. Durant plus de six mois, Philipp Hildebrand était devenu l’ennemi public No 1...
POLITIQUE
 La lettre ouverte de Jacques Neirynck à Jean-François Rime
Mon cher collègue, Avant même que la situation devienne cataclysmique, nous eûmes un débat à la RSR au sujet du...