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Spécial Eté 2011
Valais : Les p’tits coins de paradis

Par Julien Burri - Mis en ligne le 06.07.2011 à 14:48

Paradis festif

Café Les Vidômes

Une terrasse urbaine et détendue à Sierre

Sur la nouvelle place de l’Hôtel-de-Ville, la grande terrasse du bar des Vidômes est le lieu idéal pour siroter une tequila menthe tout en écoutant un solo de saxo, la fraîcheur de la fontaine voisine embrumant agréablement l’air du soir.

Ambiance cosy mais détendue et conviviale, où il fait bon rester entre amis. La carte propose un joli choix de vins régionaux et une petite restauration.

On en profite pour faire deux pas dans la vieille ville voisine, pour voir l’Hôtel de Ville et le petit château Vidômes, très pittoresque avec ses petites tours en encorbellement.

Du 8 juillet au 12 août 2011, les vendredis soir à 19 heures, l’ambiance sera plus festive. La place sera investie par un festival en plein air gratuit, «Couleur pavé», et les passants invités à s’installer dans des chaises longues pour écouter des concerts de blues, de triphop ou de jazz.


P'tit coin de parapluie

Lac souterrain de Saint-Léonard

Le paradis se cache à 70 mètres sous les vignes et la roche

Après quelques marches d’escalier, vous passez de la moiteur de l’été à un air délicieusement frais. Peu à peu, vos yeux se familiarisent avec la pénombre et vous distinguez des truites arc-enciel dans l’eau à 9 °C. Votre barque, menée par un nocher, fend en douceur l’eau bleue pendant 30 minutes et vous avez l’impression de pénétrer dans un sanctuaire inviolé.

Ce temple de gypse, de marbre et de schiste s’est formé il y a quelque 15 000 ans! Long de trois cents mètres et contenant près de 6000 mètres cubes d’eau, le lac souterrain de Saint-Léonard est le plus grand d’Europe.

Si ce lieu entouré de légendes, découvert en 1943 par des spéléologues, est le passage obligé des classes d’école valaisannes, il est injustement méconnu des autres Romands.

Le must: certaines nuits, des concerts de musique classique sont donnés sur l’eau...

www.lac-souterrain.com


Paysage grandiose

Au Lötschental, le premier jour du monde

Autour du Grundsee, près de Fafleralp, le paysage est vierge de toute trace humaine. On en revient avec un lac bleu cobalt au fond du coeur

Il est tantôt bleu, tantôt vert, selon le point de vue et l’ensoleillement. Le lac Grundsee, dans le Lötschental, est changeant comme un regard. Un sentier minuscule en fait le tour, se perd par moments dans les massifs de rhododendrons.

Ce joyau, serti dans l’herbe et les fleurs, se trouve au fond d’une des vallées les plus sauvages du Valais, le Lötschental. Pour y arriver, on passe par Goppenstein, puis on croise de tout petits villages avec leurs raccards (Ferden, Kippel, Wilder…) pour finir par arriver à Fafleralp. Il suffit ensuite de marcher une demi-heure.

Derrière le lac, au fond de la vallée, se tapit le glacier de Langgletscher. C’est lui qui donne naissance à une rivière aux airs de torrent, la Lonza, qui traverse toute la région et se jette dans le Rhône.

La Lonza est reliée au Grundsee, et lorsque vous la traverserez, souvenez-vous de cette légende: dans la région, on raconte que le Roitschäggättä, fameux masque du Lötschental, y subit chaque année une épreuve. Il doit franchir le torrent en portant une vieille femme (symbolisant l’année sur le point de mourir), et ramener, de retour du monde des esprits, une jeune femme (l’année nouvelle). Cette eau aurait-elle les vertus d’une fontaine de Jouvence?

Le bain est possible dans le lac, mais par grande chaleur. Son eau froide vous brûlera délicieusement! Quand vous y serez, pensez à ces quelques lignes de la plume de Maurice Chappaz, dans son Journal intime d’un pays: «Je voudrais que l’existence des choses façonne mon esprit et m’intégrer à ce pays sauvage. Une étincelle fuse des montagnes fraîches et du silence. Je suis tenté d’arrêter le flux continuel de la vie qui me déchire et d’inscrire, hors du temps, mon soleil.»

Puis fermez les yeux et reposez-vous dans l’herbe tendre. A votre éveil, vous verrez peut-être l’aigle qui niche dans la vallée traverser le ciel.


Paradis spirituel

Longeborgne

Au-dessus de Bramois, un ermitage se love contre la montagne

Depuis le village de Bramois, on se rend à Longeborgne à pied. Cela fait partie de la démarche spirituelle: c’est, à proprement parler, une ascension. A chaque pas, on s’éloigne un peu plus des vicissitudes du quotidien. Une vertigineuse falaise de pierre domine le bâtiment construit dès 1522, qui donne l’impression d’être taillé à même la roche de la montagne.

Pour gagner ce lieu spirituel depuis le village de Bramois, on suit le petit chemin du Creux-de-Nax en pleine nature, le long d’une gorge où coule la Borgne. Longeborgne tire son nom de cette rivière qui vient du barrage de la Grande Dixence et se jette ensuite dans le Rhône.

Puis, c’est la première station du chemin de croix, dont la montée prend une vingtaine de minutes. Enfin, on arrive dans la cour de l’ermitage. Reste à pousser une petite porte en bois, très ancienne, pour se retrouver dans les deux chapelles contiguës.

L’une est dédiée à Marie (Notre-Dame-de-Compassion), l’autre à saint Antoine de Padoue. Les murs sont couverts d’ex-voto, certains peints avec une naïveté qui va droit au cœur.

Lorsqu’ils ont perdu un objet, les Valaisans continuent de venir ici invoquer saint Antoine. Et beaucoup font le déplacement pour la messe de minuit, la veille de Noël. Mais des offices sont aussi célébrés quotidiennement à Longeborgne, qui dépend de la communauté bénédictine du Bouveret.

Dans une autre aile du bâtiment, lieu secret, vit un ermite. Le jour de notre visite, nous ne l’avons pas vu. Pourtant, on avait l’impression que quelqu’un nous observait avec bienveillance.

Dans le livre Valais mystique, Slobodan Despot donne une belle description des lieux: Longeborgne est «lové à l’aisselle du rocher comme un Evangile contre la poitrine d’un prêtre».

Sur le chemin du retour, achetez une glace pour vous rafraîchir au restaurant des Pèlerins. Mais n’attendez pas l’automne pour venir: dès le mois d’octobre, l’ermitage sera fermé pour travaux.


Paradis des idées

La Fondation Rilke

A Sierre, un lieu de culture vivant rend hommage au poète

Rilke a écrit en Valais quelques-unes des plus belles pages de la poésie du XXe siècle: la fin des célèbres Elégies de Duino et les Sonnets à Orphée. Il s’est installé dans le petit manoir de Muzot dès 1921, lieu que son mécène Werner Reinhart louait pour lui (et qui appartient toujours à des privés aujourd’hui). Durant son séjour valaisan, il a connu une période créatrice très féconde, «un ouragan de l’esprit», pour reprendre ses mots.

C’est pour en témoigner que la Fondation Rilke a été créée à Sierre, installée dans une belle maison baroque du XVIIIe siècle, bâtie par un maréchal au service du roi de France. Rilke n’y a jamais séjourné, mais on sait qu’il trouvait les lieux «ravissants».

A son inauguration en 1987, la fondation ne possédait «que» 300 ouvrages sur le poète. Elle £en comptabilise aujourd’hui 7000, mis à la disposition des chercheurs et des curieux. Elle organise aussi lectures et conférences, publie de riches catalogues et monte des expositions thématiques.

La dernière en date, Le Valais vu par Rilke, est à découvrir jusqu’au 30 octobre 2011. On peut y écouter quelques-unes des œuvres du poète (Les roses, Les fenêtres), voir une copie de son curieux pupitre (très haut, puisque Rilke écrivait debout).

Mais c’est principalement par le biais de fac-similés et de photographies qu’on comprend comment le Valais est entré en résonance avec les paysages intérieurs de l’auteur.

Ce nomade a rendu hommage à la terre qui l’a accueilli en écrivant les Quatrains valaisans en français, une langue adoptée pour la seule beauté du mot «verger».

Sa dépouille repose dans le petit cimetière de Rarogne, près de Sion. Preuve qu’il continue de fasciner: des admirateurs fanatiques volent régulièrement sa croix.

Rue du Bourg 30, Sierre. www.fondationrilke.ch


Le lieu de gourmandise

La Sitterie, jardin des délices

A Sion, chez Jacques Bovier, on marie terroir valaisan et cuisine méditérranéenne. Pour le meilleur, uniquement !

On pourrait manquer la Sitterie, si on ne la connaissait pas! A à peine cinq minutes à pied de la vieille ville de Sion, près de la rue du Pont, l’enseigne ne livre pas tout de suite ses trésors au regard. Il faut entrer pour découvrir son jardin, isolé de la route par la végétation. Il est aménagé comme un salon, avec des meubles design (qui s’illuminent la nuit) et on y oublie aussitôt la ville, pourtant si proche.

Le chef, Jacques Bovier, a eu un coup de foudre en visitant les lieux, un ancien bistrot, qui avaient pourtant besoin de travaux. Trois jours plus tard, il signait le contrat de vente! Le côté intimiste lui a plu, ces 45 mètres carrés de salle lui rappelant peut-être une maison de son enfance?

Le restaurant a gardé la convivialité d’un bistrot, mais s’est habillé d’un design discret, reproduisant des mots qui mettent l’eau à la bouche rien qu’à les lire: «coriandre», «gingembre», «pain d’épice»...

Le chef ouvre tantôt la salle, tantôt la terrasse, jamais les deux, ne dépassant pas ainsi 25 couverts, ce qui lui permet d’offrir le meilleur. Trois personnes assurent le service en salle, trois la cuisine: autant dire que vous y serez bichonné.

Si la cuisine est minuscule avec ses 15 mètres carrés, il en sort des merveilles. Les ingrédients sont le plus souvent locaux: légumes croquants et fondants tout à la fois, toujours de saison, viande du Valais, truite du lac de Neuchâtel, fromages AOC.

Seul compromis: «Le homard qui est à la carte ne vient pas du Rhône», concède le chef en souriant. Il aime la cuisine italienne pour «son incroyable simplicité» et s’en inspire. Cela donne des fritures très légères de gnocchi, de fleurs de courgette ou de basilic…

Comme il est curieux de nature, il fait aussi voyager nos papilles dans d’autres régions avec un agneau à l’orientale, une petite bouchée malakoff, une pressée de tomate grappe au Bloody Mary ou une crème au brocoli avec fèves et chorizo.

Côté vin, le chef propose notamment de l’humagne blanche ou rouge, du chasselas, de la petite arvine ou du cornalin… Les vins de Marie-Thérèse Chappaz sont à la carte, ainsi que ceux de caves moins connues (mais qui gagnent à l’être): celle des Sans Terre à Sion, celle de la Romaine à Flanthey, etc. Enfin, l’humagne blanche du Domaine des Muses, à Sierre, est un doux breuvage particulièrement inspirant.

Bref, on comprend pourquoi la réputation de la Sitterie, ouverte en 2004, ne cesse de grandir. Jacques Bovier est pourtant réservé. Au lieu de faire l’apologie de sa cuisine, il préfère vous parler de la merveilleuse terrasse du Coq-en-Pâte, en ville, qu’un confrère à ouvert récemment.

Chez lui, on se sent chez soi, et on n’a pas envie de repartir. Même pour une petite balade au bisse de Clavoz, qu’on distingue depuis le jardin?

www.lasitterie.ch  Le restaurant sera fermé du 29 août au 9 septembre.


Paradis du goût

La fromagerie de La Grenette

280 sortes de fromages et le meilleur des produits du terroir valaisan sur un plateau

«Il y a dix-sept ans, Adrien Rudaz reprenait la fromagerie La Grenette à Sion. Et, depuis neuf ans, il a ouvert une seconde «Grenette», plus grande, à Conthey. C’est là, dans une cave, que s’affinent lentement quelque 1300 pièces de savoureux fromages.

Côté magasin, c’est le pays de cocagne: 280 sortes de fromages ont été sélectionnés pour flatter vos papilles (suisses, mais aussi français, anglais ou italiens).

Heureusement, pour faire votre choix, vous pourrez compter sur les conseils avisés du personnel! Ne manquez pas la tomme de Savièse, au goût légèrement acidulé, ou le sérac d’alpage (disponible de juin à fin août uniquement).

La fromagerie est aussi une épicerie fine: on y trouvera en sus un très beau choix de vins, d’huiles artisanales, de pestos, de pâtes, etc. La saucisse de Bruson vaut le détour (pur bœuf fumé) et la confiture de Grimentz itou (aux abricots, myrtilles, framboises...).

Route Cantonale 28, à Conthey, et rue du Grand-Pont 24, à Sion. www.la-grenette.ch


Ex-coin de paradis

Le Château Stockalper

Un riche marchand du XVIIe siècle a donné à Brigue des airs de ville italienne de la Renaissance

Ses tours sont chapeautées de toits baroques en forme de bulbes. Il y en a trois. Trois, c’était le chiffre fétiche de l’ancien propriétaire des lieux: Kaspar Jodok Stockalper (1609-1691).

Baptisé «le roi du Simplon» par Louis XIV, ce marchand était redoutable en affaires. Rien ne passait par le col sans son accord! De plus, il jouissait du monopole de denrées précieuses comme le sel ou les escargots (!), et exploitait des mines d’or.

Sa fortune lui permit de construire la plus grande demeure privée suisse du XVIIe siècle: 30 000 mètres carrés, répartis entre plusieurs bâtiments jumelés.

Le château, racheté par la ville de Brigue en 1948, comporte une belle cour intérieure d’inspiration florentine et une galerie suspendue en tuf évoquant un palais vénitien...

Une visite guidée vous fera découvrir la salle grecque, la salle des chevaliers et la chapelle privée.

www.brig-belalp.ch


Paradis des sens

Le Cube

Le long du bisse de Clavoz, on déguste des vins dans une ancienne guérite rénovée

De la terrasse du Cube, on surplombe Sion et les forteresses de Valère et Tourbillon. A 700 mètres d’altitude, on a pourtant l’impression d’être à la montagne!

Depuis quatre ans, cette guérite qui tombait en ruine a été rénovée par l’architecte Pascal Varone, cousin du propriétaire, le vigneron Philippe Varone, et s’est métamorphosée en un petit monolithe couleur de rouille, qui rougeoie au soleil.

Sur la terrasse de 40 places (mieux vaut réserver!), on pourra associer mets et vins grâce à une petite carte réélaborée chaque année: par exemple une syrah à tomber avec des cubes de bœuf aux vapeurs de coriandre. Ou un pinot noir avec un chèvre cendré de Grimisuat et «une confiote de fraises aux baies roses».

Sur demande, pour des groupes, des dégustations peu communes y sont organisées: chacun est invité à découvrir la richesse sensorielle du vin, en associant les crus à des couleurs, des matières, des musiques... Ouvert par beau temps les vendredis, samedis et dimanches, ou sur demande.

www.varone.ch


Paradis gourmand

Hôtel Fafleralp

C'est ici, dans le Lötschental, que se déguste le meilleur risotto au safran

Le chef de l’Hôtel Fafleralp, Christian Henzen, aime voyager. Du coup, il marie plat du terroir et épices inattendues, en douceur.

Sur la terrasse, on dégustera son risotto préparé avec le safran récolté dans la vallée voisine. Il est accompagné de beignets aux pommes et au fromage, dans un sucré salé subtil.

A ne pas manquer non plus, en entrée: la typique soupe à la viande du Lötschental avec son pain de seigle, ou le potage à l’absinthe et au fenouil. Et en plat: les filets de perche «Rilke» ou les côtelettes d’agneau «Guggialp».

La terrasse en pleine nature est exquise. On ne peut que donner raison à Charlie Chaplin qui s’était écrié, en arrivant à l’hôtel, «Y a pas plus beau!» Il y avait passé trois étés de suite.


La balade romantique

Le Kurhaus, au coeur d'une forêt d'arolles

Aux confins du val d'Hérens, cet hôtel mythique se niche au milieu d'arbres vieux de 500 ans

Au Kurhaus, le visiteur remonte le temps. Et pour cause: cet hôtel de 63 chambres a peu changé depuis sa construction, en 1896, et il est toujours dirigé par la même famille depuis quatre générations.

Nous sommes à Arolla, au fond du val d’Hérens, au cœur de la forêt. Autour de nous se déploie un cirque de montagnes à couper le souffle: l’aiguille de la Tza (3668 mètres), le Petit-Mont-Collon (3555 mètres), la Dent-Blanche (4357 mètres) ou encore le glacier d’Arolla. On n’entend aucune voiture, seulement la Borgne, qui coule au fond de la vallée.

Il faut absolument suivre le sentier qui part de l’hôtel et s’enfonce dans la forêt d’arolles multiséculaires (on fait la boucle en une heure).

Ici, la nature n’a que trois mois par année pour se développer: du coup, les arbres restent de petite taille, même à leur âge ancestral. Ce sont les fameux arolles, aux branches couvertes de lichen et de mousse. La forêt est laissée depuis toujours à l’état sauvage, et c’est pourquoi on la qualifie de «primaire».

Le long du chemin, en picorant quelques myrtilles, on pourra admirer des troncs plusieurs fois centenaires déchirés par la foudre, sculptés par le temps. Pas étonnant que les lieux aient inspiré le dessinateur Derib, qui les a utilisés comme décor pour une de ses BD, le dernier volet de sa série Buddy Longway.

On passera par des petits ponts, audessus d’étangs presque asséchés (à cause d’une année 2011 particulièrement aride), et on découvrira les anciens fours à chaux construits lors du chantier de l’hôtel.

Tout au long de la balade, on apprendra les secrets de la faune et de la flore de ce biotope grâce à une trentaine de panneaux très documentés. On verra peut-être des cerfs, des biches, ou des cassenoix (ces oiseaux qui ont pour habitude d’enterrer des graines d’arolle, favorisant la pousse de la forêt). Et on pourra admirer plus de cent variétés de fleurs.

Sur ce sentier, on s’attendrait à croiser aussi des touristes anglais de la fin du XIXe, friands d’alpinisme, ceux qui constituèrent la première clientèle du Kurhaus. Jusqu’en 1950, on arrivait encore ici à dos d’âne.  Le piano droit qui se trouve dans le salon de l’hôtel a suivi le même chemin, tout comme les blocs de pierre qui ont permis l’édification du bâtiment!

Jusqu’en 1968, l’établissement fermait ses portes pendant l’hiver. Depuis, on a fait quelques concessions à la modernité (le chauffage, des salles de bains dans les chambres, une vaste salle de mariage ou encore un club pour les enfants). En revanche, on juge les téléviseurs inutiles, et seules quelques chambres en sont pourvues. Ici, le vrai spectacle, on l’aura compris, c’est la montagne, et chaque fenêtre est un tableau.

Les prix sont modestes, on trouvera une première gamme de chambres doubles pour 50 francs par personne (sous les toits, avec salle de bains à l’étage). Pour un week-end en amoureux, on choisira une des chambres «Edelweiss», avec son balcon privé, et la pension complète (150 francs par personne).

Et ne vous fiez pas aux apparences, si ces lieux respirent la paix, on sait aussi y faire la fête. Pour la petite histoire, on se souvient encore de la venue de Joséphine Baker, en 1968, avec ses douze enfants. Le soir de Noël, alors que l’hôtel était privé d’électricité, elle avait chanté devant le sapin, éclairée à la bougie.

www.hotel-kurhaus.arolla.com


Paradis du pique-niqueur

Le jardin japonais de Nendaz

Un paysagiste divin oeuvre à 2217 mètres d'altitude

Au sommet du télésiège de Siviez, après quarante minutes de marche, un délicieux jardin naturel s’offre à vous: le bien nommé «jardin japonais». Son ruisseau, qui se déploie en méandres, ses rochers pittoresques: tout semble avoir été aménagé sous la houlette d’un paysagiste de génie, qui reviendrait tous les matins tailler les arolles et entretenir les platebandes.

Pourtant, cet écosystème est entièrement sauvage. Rhododendrons, gentianes, potentilles dorées ou pulsatilles soufrées poussent naturellement... Ecoutez! Vous entendrez chanter le coucou et la bergeronnette des ruisseaux.

Prenez le temps de vous asseoir sur un rocher. Est-ce que vous ressentez l’énergie de ce lieu, propice à la méditation, et pourquoi pas au yoga? Après avoir trempé vos pieds dans l’eau glacée, le moment est venu de pique-niquer.

Pour rejoindre ce paradis, il faut monter de Siviez à Tortin à pied (comptez une heure), ou en télésiège. Ensuite, vous ne pouvez pas vous tromper: un seul chemin s’offre à vous, bien balisé. Il longe une forêt d’arolles au sommet d’une moraine appelée «le toit de Tortin».

Deux glaciers s’étendaient jadis de part et d’autre: celui de Tortin et celui de Chassoure. C’est à eux que l’on doit la topographie de ce paysage. Dans les arbres, un oiseau donne l’alarme et avertit la forêt de votre arrivée, c’est le cassenoix moucheté, au plumage brun tacheté de blanc. Après avoir enjambé un petit torrent, vous y êtes.

La balade est courue les week-ends. Choisissez plutôt de vous y rendre le matin ou en fin d’après-midi. Au moment de repartir, veillez à ne laisser aucun relief de votre agape sur place, même les peaux d’orange et de banane, qui mettraient des années à se décomposer!


Paradis du bien-être

Le Bella Tolla, spa des cimes

Soins pour le corps et l'esprit, à 1652 mètres d'altitude

L’eau des Cimes, le spa de l’hôtel quatre étoiles Bella Tolla, a su mettre en scène et ritualiser les soins dans un cadre grandiose, à 1652 mètres d’altitude.

Glissez-vous d’abord dans la piscine à 31°C, décorée d’un beau mur en pierre de taille. Autour de vous, un salon cosy, presque surréaliste à côté d’une piscine, avec sa cheminée et ses trophées de chasse. Enfin, en face de vous, à travers les baies vitrées, les montagnes semblent à vos pieds.

Après un passage au hammam et à la fontaine de glace, rejoignez une des trois cabines de massage pour un soin personnalisé. Par exemple, «Le rituel d’Anniviers», qui commence par un bain de vapeur aux senteurs de pin, se poursuit par un gommage à l’achillée millefeuille, puis par un enveloppement à la terre glacière, et se clôt par un massage relaxant de 50 minutes.

A la fin, dégustez une infusion de thym, allongé sur une des chaises longues de la terrasse panoramique…

www.bellatola.ch


Paradis des enfants

Le Fun Park Bibi

Du sur-mesure pour les petits !

Bibi, la marmotte, a créé un parc d’attractions gratuit pour les bambins, sis au bord d’un étang de nénuphars. Ambiance goûters d’anniversaire et spectacles de cirque.

En plus des toboggans et des animaux à bascule, les enfants pourront faire des bricolages et des jeux collectifs organisés par des animatrices. Et tous les mercredis après-midi, Bibi accueille un clown, ou organise une animation surprise (spectacle ou atelier de maquillage). Il est même possible de faire un tour en petites voitures électriques (payantes, celles-là).

Enfin, Bibi étant plutôt farceur, il cache des trésors dans la station de Crans-Montana. Une grande chasse est organisée en permanence par l’office du tourisme, qui distribue le matériel ad hoc.

Si les plus grands veulent être de la fête, qu’ils se rassurent. A côté du parc, d’autres activités les attendent: un minigolf, ou une aventure en forêt pour se la jouer Tarzan en se déplaçant d’arbre en arbre. Frissons garantis.

Crans-Montana. Allée Katherine-Mansfield www.crans-montana.ch


Paradis aquatique

Le lac de Bettmersee

Un bain d'eau fraîche

Voici un lieu idéal pour une baignade estivale revigorante après une balade: un lac de montagne bleu saphir. Bettmersee, situé à 2006 mètres md’altitude, allie tous les avantages: sauvage, il comporte néanmoins des aménagements (notamment des W.-C.) et convient aux enfants.

Pour le rejoindre, il vous suffit de marcher pendant une dizaine de minutes depuis le village de Bettmeralp. Si vous n’avez pas envie de vous baigner: une promenade en barque ou en pédalo s’impose!

Vous pourrez ensuite pique-niquer sur place, et même buller et attendre le soir (le lac est encore plus beau à ce moment-là). Vous pourrez alors vous préparer une grillade en faisant un feu sur les places prévues à cet effet.





Tags: Valais, p'tits coins de paradis,

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