On ne s’y attendait pas. Dans le classement par canton de L’Hebdo, le Valais, dont la députation est quantitativement bien moins fournie que celles de Vaud et de Genève, les précède selon le critère de l’influence.
Elle sait se montrer très soudée lorsque les intérêts supérieurs du canton sont en jeu. Dans les questions énergétiques ou touristiques, elle fait alors éclater toutes les frontières partisanes pour s’exprimer d’une seule voix.
De plus, le Valais a désormais un nouveau chef sous la Coupole après le départ à la retraite de Pascal Couchepin: Christophe Darbellay.
Celui que son propre canton a rejeté dans la course au Conseil d’Etat a beaucoup fait pour dynamiser l’image du PDC suisse. Avec la conseillère fédérale Doris Leuthard, il forme à la tête du «parti de la famille» un duo très glamour.
Christophe Darbellay compose un autre duo bien rôdé avec le président du groupe Urs Schwaller, malgré d’inévitables divergences ponctuelles.
Lorsque après l’initiative antiminarets, le Martignerain a dérapé, c’est le chef du groupe qui a ramené le calme dans la maison PDC. Tous deux n’ont pas hésité à poser des conditions pour réélire Christoph Blocher en 2007, même après le triomphe de l’UDC.
Malgré la polarisation de la scène politique suisse, ils ont tenté de conclure des alliances ponctuelles au centre droit, en tentant d’imposer une politique de la raison face au populisme. Car c’est bien au centre que se gouverne la Suisse.
Modérés. En Valais, on naît avec la politique dans le sang. Le combat verbal peut être violent, à la mesure des passions et de la volonté permanente d’en découdre avec l’adversaire.
Mais certains clichés peuvent être trompeurs! Cette députation valaisanne, qui a été si prompte à dégainer à l’unanimité sur le loup en septembre dernier, est en fait composée de députés plutôt modérés.
Mais oui, même Oskar Freysinger n’est pas vraiment l’extrémiste indécrottable qu’on imagine en regardant ses débats à la TSR.
Ses votes au Conseil national le situent certes clairement à droite (8,7 sur une échelle de 10). Mais à en croire le classement de la NZZ, il figure dans le quart le moins dur du groupe UDC.
Il est d’ailleurs un des seuls à s’être opposé au stratège Christoph Blocher lorsque ce dernier a fait perdre sa ligne au parti à propos de l’accord fiscal avec les Etats-Unis sur UBS.
Il y a deux types de Valaisans à Berne. Ceux qui participent d’emblée aux grands débats nationaux, comme les Darbellay, Freysinger et autres Rossini.
Et puis ceux qui se cantonnent dans le réflexe identitaire, ne montant à la tribune que lorsque les intérêts valaisans l’exigent: la hausse de la taxe hydraulique, l’opposition à la Convention alpine, à la libéralisation du marché postal ou encore à la suppression de cars postaux.
Parmi eux, on trouve Paul-André Roux, qui a débarqué avec deux cars de supporters le jour de sa récente assermentation, mais aussi Jean-René Fournier.
Le «roi du Valais», qui n’a plus à Berne la logistique qu’il avait en tant que conseiller d’Etat, a mis longtemps à s’acclimater au biotope bernois. Il a été très effacé jusqu’ici. Comme le prouvent d’autres exemples romands, le statut d’ancien conseiller d’Etat n’est pas une assurance d’excellence à Berne.
Dans l’ensemble pourtant, les Valaisans soutiennent facilement la comparaison avec Vaud et Genève. Grâce à l’ouverture du tunnel du Lötschberg, le Valais s’est sensiblement rapproché de Berne et de la Suisse allemande.
Christophe Darbellay n’est pas peu fier lorsqu’il affirme: «Nous restons un canton fier de son identité, mais qui s’est départi de sa mentalité de geignard».
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