Immobilier
Valais: Les méfaits de la cherté

Par Cathy Crausaz - Mis en ligne le 06.09.2011 à 15:18

Pression.Les loyers n’ont jamais été aussi élevés et deviennent trop chers pour les autochtones. Il faut s’éloigner des centres-villes pour se loger à meilleur marché.

Le Valais n’échappe pas au phénomène de pénurie. Les zones les plus touchées sont les centres-villes de Sion, Sierre et Martigny. Il y manque cruellement d’appartements de 2,5 et 3,5 pièces, alors qu’il y a suffisamment, voire trop de 4,5 pièces. Une typologie qui a été fortement privilégiée dans les constructions lors de la dernière décennie.

«Avec des 4,5 pièces à 2000 francs, les loyers sont de moins en moins abordables pour les autochtones, qui s’entassent dans des 3,5 pièces», constate Laura Sarrasin, sous-directrice de Duc-Sarrasin & Cie SA à Martigny.

Le débordement de l’arc lémanique s’observe à l’entrée du Valais – où la pression sur les prix est assez forte – et commence à remonter le Rhône. Dans la région de Monthey, en six ans, les loyers ont grimpé de 20%, tout comme à Sierre. C’est à Sion et à Martigny qu’on trouve les loyers les plus élevés du canton. Dans le Chablais, ainsi qu’autour de Martigny, les autochtones peinent à trouver des logements.

«En Valais, il y a beaucoup de propriétaires d’immeubles qui viennent de l’extérieur. C’est le cas des fonds de placement qui pratiquent la même politique de prix que sur Genève ou Vaud», fait remarquer Laura Sarrasin. Président de l’USPI Valais (Union suisse des professionnels de l’immobilier) et directeur d’Immo-Consultant à Sion, Olivier Raemy tire la sonnette d’alarme: «On ne va pas pouvoir aller plus haut! Le Valaisan moyen gagne entre 5000 et 5500 francs.»

Sortir des grandes villes. A Sion, chef-lieu et plus grande ville du canton avec 30 000 habitants, la pénurie est intense. «On a visité quinze appartements pour trouver un 3,5 pièces rénové à 1400 francs. On a vu des choses affreuses à des prix exorbitants», témoigne Pascale, jeune enseignante à la recherche de son premier logement.

Le taux de vacance dans la capitale est incroyablement bas, ce qui pousse les loyers à un niveau jamais vu. Le credo d’Olivier Raemy: sortir des centres. «A cinq ou dix minutes des villes, on trouve tout ce qu’on veut!» Il y a effectivement pléthore d’appartements, mais l’astuce a aussi ses limites. Désormais, les prix des loyers à Fully ont rejoint ceux de Martigny.

Laura, qui travaille à Vétroz, a trouvé son bonheur à Basse-Nendaz. Après avoir prospecté une demi-année sur Sion, elle a «accepté» de monter sur les coteaux. «Je cherchais un 2,5 ou 3,5 pièces. J’ai visité douze appartements à Sion, et aussi en périphérie. C’était petit, vieux, mal entretenu, sans place de parc, trop cher. A Basse-Nendaz, j’ai trouvé un 3,5 pièces avec jardin et garage pour 1200 francs par mois. Ça, ça reste un bon compromis, même si je me suis éloignée de mon réseau social et que les trajets seront plus difficiles en hiver.»

Chez le propriétaire privé. Dans les villes, un bon dossier peut encore faire la différence auprès des gérances. Pour les jeunes et personnes seules à petit revenu, il y a l’appartement chez l’habitant, dans la villa. Peuple de propriétaires (à plus de 60%), les Valaisans sont nombreux à hériter d’un terrain qui alimente les fonds propres lors de la construction d’une maison.

Ce qui leur permet de construire un logement plus grand, très souvent avec un studio ou un petit 2 pièces en annexe. Une fois les enfants sortis de la coquille, ces appartements sont loués, le plus souvent à des tarifs très avantageux.

Quid des loyers à prix modérés? Le parc immobilier valaisan propose à la location environ 2000 appartements subventionnés, qui arriveront à échéance dans une quinzaine d’années. Quant à l’offre en coopératives, elle demeure très confidentielle (624 logements), les Valaisans privilégiant la propriété.


Bon plan

La conciergerie en appoint

Nettoyer les escaliers, tailler les arbres, déneiger les passages... Le cahier des charges des concierges peut impliquer de lourdes tâches, surtout lorsqu’ils s’occupent de quatre immeubles de 60 appartements. C’est le cas d’Edith et de Rui Miguel. Le couple, qui habite un 4,5 pièces à Sierre, a emménagé en novembre 2010.

Depuis, ils sont les heureux parents de jumelles. Disposer d’un logement plus grand était donc une nécessité. «Ce qui est pratique, c’est que je peux m’occuper des filles tout en étant au travail», explique Edith. Et surtout, les honoraires de conciergerie couvrent quasiment le loyer.


SÉLECTION DE QUELQUES GRANDS PROJETS IMMOBILIERS EN LOCATION

 

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