Vartan Sirmakes, le groupe Franck Muller souffre-t-il de la crise?
Notre production atteignait entre 43000 et 48000 montres à l’époque de la haute conjoncture. Je ne peux donner de chiffres aujourd’hui. Nous nous adaptons à la demande mondiale.
Est-il exact que votre stock de pièces atteint voire dépasse une année de production?
Toute la branche horlogère fait face à des stocks trop importants. Le nôtre ne nous gêne pas.
Votre groupe emploie 900 personnes dont 450 sur le site de Watchland à Genthod. Comptez-vous licencier des collaborateurs en raison de la crise?
Pour l’instant, nous ne l’envisageons pas. La verticalisation de notre production nous permet de maintenir des emplois. En 2007 et 2008, nous avons engagé de nombreux collaborateurs. Les gens font la queue pour venir travailler chez nous.
Le 30 juin 2008, une trentaine de personnes, dont plusieurs ont été licenciées depuis, ont manifesté leur colère contre la direction par un débrayage sur le site de production de Mies. Comment interprétez-vous ces événements?
Parmi ces manifestants, il y avait des syndicalistes et des personnes n’appartenant pas à la société. Nos collaborateurs, dans leur immense majorité, sont très contents de travailler dans une entreprise qui leur accorde en fin d’année des augmentations de salaire de trois à cinq fois supérieures aux recommandations des conventions collectives. Cela dit, on ne peut plaire à tout le monde. Ceux qui ne se sont pas contents ici peuvent trouver un autre emploi dans l’horlogerie. C’est cela la démocratie. Si 93% des personnes que nous formons complètement s’épanouissent dans leur métier, pourquoi mettre le projecteur sur les 7% restants?
Avez-vous regretté le départ de votre ex-bras droit Didier De-cker?
C’est dans l’ordre des choses. La vie de l’entreprise continue. Vous demandez-vous combien de cadres dirigeants sont partis chez Richemont? En douze ans, nous n’avons changé qu’une seule fois de directeur opérationnel. Je ne vois vraiment pas où est le problème.
Ramon Gil et Moufid Hanna figurent souvent dans la ligne de mire des ex-collaborateurs de votre société. Comment l’expliquez-vous?
Ces deux hommes sont tout simplement jalousés. C’est dans la nature humaine. L’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail, l’OCIRT, est venu nous rendre visite. Il a pu se rendre compte que Watchland n’est pas Germinal comme certains veulent le faire croire. C’est une entreprise formidable.
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