Il fut une époque où la députation vaudoise fournissait avec la régularité des bons élèves des papables pour le Conseil fédéral, chaque fois qu’il le fallait.
Nombre de syndics de Lausanne finirent, telle une lettre à la poste, conseillers fédéraux après avoir été des conseillers nationaux écoutés et respectés. Un temps révolu.
Sous la Coupole où il est de retour depuis 2007, le syndic Daniel Brélaz n’a aucun poids. Il n’obtient que 19 points sur 60 dans notre classement.
La faute au double mandat, diront ceux qui condamnent cette forme démodée de boulimie politique. Pas sûr. Elu lui aussi à Lausanne et à Berne, son compère libéral-radical Olivier Français obtient 25 points, presque la note moyenne des élus romands à Berne.
Tare cantonale. Dans le rôle de l’élève dissipé, plus souvent derrière la porte que face au tableau, l’écologiste est bien accompagné. Le manque d’assiduité se révèle une tare cantonale puisque les libéraux-radicaux Claude Ruey et Isabelle Moret, de même que l’UDC Pierre-François Veillon appartiennent au cercle restreint des députés volages ratant plus de 20% des votes.
A l’autre bout du classement, au panthéon des fidèles scotchés à leur fauteuil, d’autres Vaudois, tels que Charles Favre et Ada Marra, sauvent l’honneur.
Quatrième, derrière Fribourg, le Valais et même les frères ennemis genevois, mais nantie de vingt parlementaires, la députation vaudoise aux Chambres fédérales a au moins le poids du nombre.
Déclinée en six sensibilités idéologiques (trois à droite, trois à gauche), elle offre toutes les variantes du talent politique, du meilleur, le socialiste Roger Nordmann (39 points) au plus médiocre, l’UDC Alice Glauser (12).
Avec cinq élus, donc trois en dessous de la moyenne, l’UDC fait pâle figure en comparaison avec l’époque où les paysans du Pays de Vaud étaient représentés par des vignerons ou des agriculteurs libéraux. Les observateurs notent toutefois la crédibilité acquise par Guy Parmelin, par exemple, dans le dossier des caisses de pension.
Mais, si elle ne brille pas par son influence, la cohorte vaudoise a gagné en efficacité. Délégué du Conseil d’Etat aux affaires fédérales, Roland Ecoffey souligne que «la collaboration entre autorités cantonales et députation n’a jamais été aussi bonne».
Est-ce dû à l’absence d’un conseiller fédéral depuis plus d’une décennie ou à l’interdiction du double mandat pour les ministres cantonaux? Quoi qu’il en soit, les députés font scrupuleusement remonter les informations glanées dans les commissions au Conseil d’Etat, qui se rend lui-même volontiers à Berne pour faire le point avec les mandataires fédéraux.
La participation à ces séances d’échanges frise les 100%. Même une conférence convoquée en urgence, comme récemment pour défendre le projet Blue Brain de l’EPFL, reçoit l’attention souhaitée par le gouvernement.
Coordination efficace. Transports, universités, EPFL: sur ces dossiers prioritaires pour le développement de l’arc lémanique, les Vaudois jouent serrés et unis, par-delà les clivages politiques.
Efficaces donc mais peu influents, si l’on songe au passé. A part le sénateur Luc Recordon à la vice-présidence des Verts, aucun Vaudois ne joue un rôle éminent à la tête d’un grand parti ou d’un groupe.
En fait, les meilleurs champions des partis vaudois travaillent au Conseil d’Etat: le socialiste Pierre-Yves Maillard constitue le meilleur espoir de reconquérir un siège au Conseil fédéral, depuis l’échec en 2009 de Pascal Broulis.
Lui-même s’avère le seul radical capable de redonner un jour à la droite cantonale un fauteuil au Sénat. Pour briller à nouveau au firmament de la politique suisse, les Vaudois ont encore un sacré boulot devant eux.
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Tags: Palmarès des Députés romands à Berne, Vaud, Roger Nordmann, Alice Glauser-Zufferey,
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