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Spécial été 2011
Vaud : Les p’tits coins de paradis

Par Isabelle Falconnier, Christophe Passer, Knut Schwander - Mis en ligne le 20.07.2011 à 15:11

Paradis Festif

Le Bar

Dans la touffeur d’une belle nuit d’été, on se sent transporté à La Havane sous la majestueuse colonnade du Beau-Rivage Palace, à Lausanne, où le Bar étire ses profonds fauteuils face aux roseraies et au lac.

Dans l’opulente nostalgie de ces marbres et de ces mosaïques Belle Epoque, les douces notes jouées par un duo se perdent dans les brumes d’une centaine de cocktails et d’une trentaine de whiskies.

Et jusqu’à tard, très tard, les noctambules amateurs de cigares peuvent s’adonner à leur passion, tout en savourant l’éclat du clair de lune qui se reflète dans la mer des Caraïbes… ou est-ce le Léman?

Beau-Rivage Palace, Lausanne-Ouchy. 021 613 33 95. www.brp.ch


Le p'tit coin de parapluie

La nouvelle grotte de Vallorbe

Passages incroyablement étroits, stalactites immenses, rivière souterraine et minéraux étincelants, les grottes de l’Orbe laissent les visiteurs bouche bée, à tout âge.

Depuis les grondements des chutes d’eau souterraines aux impressionnants éclairages, on passe dans un autre monde en déambulant dans ces galeries.

Vous connaissez déjà? Depuis le mois de mai dernier, la balade au centre de la terre est enrichie d’un site auparavant inaccessible. La «Cathédrale» mérite à elle seule le voyage. Cette salle de 40 mètres de haut, animée par un bref spectacle son et lumière, est le nouveau clou de la visite.

Si cette dernière nous met à l’abri de la pluie, se munir d’un anorak n’est pas inutile pour autant: température intérieure oblige!

Grottes de Vallorbe. 021 843 22 74. www.grottesdevallorbe.ch


Paysage grandiose

Le Léman vu depuis les Rochers-de-Naye

Assis sur le rebord du monde, à 2000 mètres d’altitude, prêt pour le grand plongeon dans le Léman, c’est ici que l’on comprend vraiment le Pays de Vaud. Quelques centaines de mètres en contrebas, la ligne de partage des eaux Rhin-Rhône.

Le dos au Nord, le nez au vent, on saisit enfin pourquoi cette gigantesque flaque émeraude, la plus vaste d’Europe centrale, ne rêve que de Sud. Droit en bas, à nos pieds, Caux, Glion, Montreux, et toute la Riviera dorée par l’été. Sur la droite, La Tour-de-Peilz, Vevey, Rivaz, Cully, Lutry, Pully et les villages de Lavaux qui s’avancent distinctement dans le lac.

Agglutinés sur ses rives comme des réfugiés qui auraient été chassés du Nord par on ne sait quelle guerre ou famine, et qui n’auraient pas pu aller plus loin, les Vaudois. En face, le Grammont, la côte française, Evian, le Mont-Blanc par ciel clair.

A gauche, la vallée du Rhône qui s’alanguit mollement en arrivant dans le lac depuis le Valais. A droite, le Sud, l’autre vallée du Rhône, celle qui va à la mer et qui aspire le regard autant que le paysage qui tombe d’un coup, comme arrivé au bout du globe.

En 1882, le Guide Diamant «Suisse» écrit qu’il faut compter 45 minutes de voiture «à un cheval» pour monter de Montreux à Glion, puis trois heures à pied pour arriver à Naye. Le train à crémaillère est inauguré en 1892. Aujourd’hui, il lui faut 55 minutes pour grimper de Montreux jusqu’aux Rochers-de-Naye, 1600 mètres plus haut.

C’est suffisamment long pour changer de monde et passer de celui d’en bas, avec ses quais, ses cinémas et ses palmiers à celui d’en haut, avec ses marmottes, ses pierriers, ses fougères, ses yourtes incongrues et la légende de son trésor, caché au fond des grottes de Naye et gardé par un bouc et son bataillon de gnomes cruels.


Paradis du pique-niqueur

Au bord de l'Aubonne

En amont, il y a le somptueux Arboretum. En aval, l’enchanteresse embouchure de l’Aubonne. Deux lieux où l’on aimerait s’arrêter pour pique-niquer tous les cinquante mètres. Et entre les deux, il y a un tronçon plein de charme, mais moins connu, où la rivière serpente entre les rochers polis par l’érosion, se prélasse sous les grands arbres, s’étire entre les petites plages de galets et les touffes d’herbe.

Pour s’y rendre, on peut garer sa voiture au parking de la piste Vita, ou à côté du pont de la route qui relie Aubonne à Lavigny. Puis il suffit de descendre, ou de remonter (depuis le pont), la rive droite du cours d’eau. La magie opère juste en dessus de l’usine électrique.

Entre deux petits ponts en bois vermoulu, il y a un joli étang d’où un ruisseau s’échappe vers l’Aubonne. C’est là qu’une terrasse naturelle et ombragée permet de faire un feu et que le temps s’écoule au son de la chute d’eau en contrebas.

Quelques dizaines de mètres plus haut, près du No 7 de la piste Vita, il y a aussi un coin un peu caché où faire un feu avec le sentiment d’être seul au monde.

Mais le plus beau coup d’œil sur la rivière, c’est la petite plage près du No 3 de la piste Vita qui l’offre: entre les grosses pierres polies, l’Aubonne fait un lacet et reflète les frondaisons. Vous y avez vu un elfe? Ah, vous aussi…

Evitez le tronçon entre le pont romain et la route Suisse, le parcours n’y est pas balisé et peut se révéler dangereux pour les novices.


Paradis des idées

La Grange aux livres

Allant vers le village, il y a ce vallonnement tendre des collines du pied du Jura. Une terre courbée, presque féminine en son mélange de force et de beauté simple.

La Chaux-sur-Cossonay, Cosette Haenny-Baillod s’y est installée il y a une trentaine d’années, dans une maison aux volets verts qui fut une ferme jadis. Elle était médecin, son mari ingénieur: ils vécurent cinq ans en Colombie, à Medellín. Puis Montréal, avant de rejoindre la Suisse.

Cosette, c’est un prénom de chez Victor Hugo. Petite, elle aimait s’échapper dans les romans. Enfant, elle disait qu’elle deviendrait libraire. La vie la fit docteur. Mais au moment d’arrêter le travail de médecin scolaire qu’elle exerçait à Lausanne, l’envie est revenue d’ouvrir une librairie, la sienne, là.

C’était en 2007, elle avait 63 ans, ne savait rien du métier. Elle consulta alentour, par exemple l’éditeur Bernard Campiche, dont elle appréciait les ouvrages. «C’est une folie!», lui sourit-il. Elle fit cette folie.

C’est un endroit merveilleux parce que c’est un lieu d’infinis partages. A côté de l’auberge communale, donnant sur la place, il y a les arbres, le vent léger, une campagne très vite. Et dans sa maison, ce bout de l’ancienne grange transformé en petite échoppe chaleureuse. On peut y boire son café en choisissant un volume, s’asseoir dans le canapé, prendre son temps pour parler de ce qu’on lit. «Je vends mieux les livres que j’aime», dit-elle avec cette gouaille du Locle, où elle est née.

Sur ses rayons, beaucoup de littérature d’ici, ou des livres racontant voyages ou exils. Et puis aussi les livres qui font l’événement: «On peut évidemment tout me commander.»

Elle organise aussi régulièrement des lectures, des rencontres avec des écrivains. Le village, 420 habitants, a ainsi son théâtre, ses concerts classiques, son petit open air de cinéma tous les deux ans, et cette librairie si heureuse. Rien n’est impossible.

Ch. de la Donaz. 021 861 24 51. www.lagrangeauxlivres.ch  Vacances jusqu’au 15 août.


Le lieu de gourmandise

Auberge de l'Abbaye de Montheron

Filet de bœuf Highland aux graines de paradis, foies de volaille sautés à la raisinée, soupe de poissons du Léman et de L’Isle, magret et onglet de Servion, suprême de poulet fermier au lait d’amandes, épices et safran, crème brûlée à l’hysope, soupe de fraises de Romanel et île flottante aux fleurs de sureau – le menu de l’Auberge de l’Abbaye de Montheron se lit comme une version gourmande du Nom de la rose.

Sur les tables de fer colorées de la terrasse, à l’ombre de l’ancienne abbaye et de la bâtisse seigneuriale millénaire, les assiettes sentent bon les épices, les produits frais, le terroir, la créativité généreuse et l’esprit inspiré des lieux.

Il y a un peu plus d’un an, en apprenant que l’ancien tenancier allait quitter les lieux et que la Ville de Lausanne, propriétaire des murs, cherchait à remettre, Romano Hasenauer, fondateur et gérant du Chalet-des-Enfants, à quelques petits kilomètres de là, n’a pas hésité. «Le lieu est magique et tellement inspirant.»

Avec sa directrice artistique Nathalie Rais, ils ont créé un lieu qui rend bellement hommage à l’esprit du site – des origines qui se perdent dans la nuit des temps, des moines cisterciens longtemps isolés dans un pays de loups et de brigands, une nature touffue, rude, savoureuse, un pied à Berne, l’autre dans le Léman, puisque ce sont les moines de Montheron qui plantèrent, au XIIe siècle, le mythique Dézaley Clos des Moines, désormais vin de la Ville de Lausanne.

Ouvert en février après un an de travaux, c’est une réussite. De la salle intérieure à l’ambiance de taverne au creux des bois, avec ses tables de bois vigoureuses, ses livres de cuisine du Moyen Age négligemment posés sur les banquettes et sa collection de papillons épinglée au mur, on débouche sur la terrasse protégée et bucolique, elle-même les pieds dans le Talent.

Sur l’herbe, quelques bancs et chaises longues invitent à une après-midi paresseuse. Accolée, l’église, restaurée en 2007, sa crypte mystérieuse, son plafond clair appelant à la méditation.

Café et croissants le matin, bière et saucisson vaudois à l’apéro, tarte à l’heure du thé: l’Abbaye accueille tout le monde, à toute heure, du matin jusqu’au soir. Les bobos urbains de Lausanne, Vevey ou Morges ont déjà noté l’adresse et les marcheurs, cyclistes et cavaliers qui hantent les bois du Jorat n’ont jamais hésité à s’arrêter pour la pause thé froid.

Viande, fromage, légumes: le jeune chef Alexander Hofmann, sous la houlette de Romano Hasenauer, va se servir dans les fermes et jardins alentour, ne cuisine que du bio, préfère les herbes et épices anciennes, hysope, miel ou graines de paradis, aux préparations modernes.

De l’autre côté du mur, les croix de bois et de pierre de l’ancien cimetière de l’abbaye font respirer l’air de la vie et des sens à pleins poumons.

021 731 73 73. www.montheron.ch


Paradis du goût

Le salon oriental de l'Hôtel du Lac

C’est l’endroit parfait où élaborer les scénarios les plus machiavéliques pour une révolution de palais ou emmener sa meilleure amie s’empiffrer de baklavas en faisant le classement de ses amants.

Passé le grillage symbolique qui encadre l’entrée du petit salon oriental de l’Hôtel du Lac à Vevey, on pénètre dans une alcôve chamarrée, confortable, sensuelle et hors des regards où tous les après-midi, d’élégants garçons en livrée servent le thé oriental, tantôt amer comme la mort, sucré comme la vie, ou doux comme l’amour.

Le miel des pâtisseries aux amandes colle aux doigts, dehors le soleil et le lac inondent le monde de leur lumière mais, bien à l’abri dans cette grotte à l’odeur musquée et aux tentures lourdes devant la fenêtre, la course du monde s’arrête et c’est tant mieux.

Hôtel du Lac, Vevey. 021 925 06 06. www.hoteldulac-vevey.ch Service du thé tous les jours de 15 h à 18 h.


Ex-coin de paradis

Avenches-Vallon : duo romain

On ne présente plus les trésors de la passionnante Aventicum, capitale de l’Helvétie romaine (riche musée, remparts, théâtre, amphithéâtre, thermes…), qui valent bien une visite estivale.

En revanche, tout le monde ne sait encore pas que, à moins de dix kilomètres de là, l’exploration antique peut se poursuivre dans une enclave fribourgeoise, dans le palpitant petit musée de Vallon (FR).

Une exposition courte, amusante et efficace raconte la vie dans une luxueuse villa romaine dont on découvre une maquette ainsi que les restes (il y a même une carapace de tortue domestique!). Clou de la visite, les deux époustouflantes mosaïques sont d’une rare beauté...

Musée romain d’Avenches. 026 557 33 00. www.aventicum.org Musée romain de Vallon, Carignan 6. 026 667 97 97. www.museevallon.ch Billet combiné pour les deux visites: 8 fr.


Paradis bucolique

Le chalet La Tsalounâ

Tournesols et pétunias, transats colorés et bancs en bois, devant ce chalet centenaire il fait bon s’arrêter le temps d’un verre, ou plus. En fond sonore, des cloches de vaches, des chants d’oiseaux et le bruissement du torrent en contrebas. Et pour le regard, les fleurs, les sapins et le Grand Muveran.

C’est là que Cécile et Philippe Kronauer ont élu domicile en 2008. Dans leur beau chalet, ils louent huit chambres d’hôtes, ravissantes, et proposent des petits-déjeuners avec du pain maison.

Pendant que lui, passionné de jazz, aménage une annexe en salle de concert inattendue (50 places tout de même!), elle, tapissière de formation, accroche de jolis rideaux aux fenêtres. Le résultat est insolite et accueillant.

Les jeunes hôtes apprécieront la présence de tortues et de lapins dans le jardin. Les nostalgiques adoreront le juke-box et les radios des années 50.

La Tsalounâ, route des Plans, Les Plans-sur-Bex. 024 498 15 60. www.latsalouna.ch


Paradis des sens

Spa du RoyAlp

La vaste baie vitrée de la piscine de cet élégant cinq-étoiles s’ouvre sur la terrasse herbeuse protégée par les rochers et orientée vers le panorama alpin. Dans le décor doux et pur du spa, il y a le clapotis de l’eau dans le grand bassin bleu, les tons chauds de la pierre et du wengé, les confortables lits de repos pour se remettre d’une balade en montagne ou oublier le stress du quotidien.

Seules quelques marches suffisent pour atteindre, effort suprême, le jacuzzi et se laisser aller à la rêverie en regardant le feu de la cheminée se refléter dans l’eau de la piscine. Plus loin – le spa s’étend sur 1200 mètres carrés – fitness, sauna, hammam et fontaine de glace poursuivent l’aventure bienfaitrice qu’un massage permet d’amplifier.

Envie d’encore plus d’intimité? Il y a aussi un spa privé…

Domaine de Rochegrise, Villars-sur-Ollon. Spa du RoyAlp. 024 495 90 07. www.royalp.ch/#/fr/spa-by-royalp.html Entrée 90 fr. ou gratuite en cas de réservation d’un soin ou d’un massage de 60 minutes.


La balade romantique

La vie de château autour de Salavaux

Pour accéder à la propriété, il faut traverser un petit pont tout simple qui enjambe le ruisseau. Les voitures restent de l’autre côté. Symboliquement, on change d’univers, ou d’époque. Au-delà des roseraies, la tourelle de cette ancienne cure édifiée en 1391, devenue ensuite résidence d’été de la famille von Wattenwyl, domine un joli jardin, une fontaine et une terrasse où les pas crissent sur le gravier.

On y retrouve le charme à la fois champêtre et romanesque d’une gentilhommière qui pourrait être celle du père de Cendrillon. Mais sans marâtre, ni méchante belle-sœur.

Sous le porche, Doris Loretan, copropriétaire du lieu, accueille chaque hôte avec ce sourire un peu mystérieux, empreint de retenue, qui ajoute une touche de noblesse à la demeure. Une demeure pas compassée pour autant: tout ici a fait l’objet d’une minutieuse rénovation, il y a à peine trois ans.

Aux cheminées et poutres d’autrefois répondent donc un éclairage contemporain et un mobilier confortable et sobre. Pas de téléphone ni de téléviseur dans les chambres: ici on privilégie la quiétude, l’essentiel. Pas de chichi, donc. Au point que la salle de restaurant surprend même par sa rigueur un peu sévère, genre galerie d’art. Mais Doris Loretan explique: «Nous misons beaucoup sur la qualité de l’accueil.»

Le jeune maître d’hôtel, Ricardo Freitas, en apporte la preuve. Polyglotte et très attentionné, il explique et décrit avec talent les mets de Christof Pannwitz, le chef enthousiaste et fraîchement arrivé. Les efforts conjugués de l’un et de l’autre feront de chaque repas un très bonmoment, que ce soit au restaurant, dans l’intimité de la cave voûtée éclairée aux chandelles, ou sur la terrasse au pied de la tour.

Avant de partir le lendemain se balader, à pied ou à vélo, à la découverte du vignoble du Vully, ou de se jeter dans le lac de Morat (la plage n’est pas loin), le luxe suprême reste de dormir sur place.

Les chambres sont toutes différentes. Equipées de belles salles de bains modernes, elles intègrent presque toutes des éléments d’autrefois: cheminées, lambris ou portes sculptées. La 12 est grande et ornée de boiseries anciennes. Celle de l’annexe dispose d’un lit à baldaquin. Alors que les chambres du moulin attenant offrent un calme parfait, comme celles donnant sur l’arrière de la maison et sur les vergers.

Et les défauts? Les grincheux regretteront la route qui passe au bout du parc. Le jardin encore jeune, donc peu épanoui. Et le nom Schloss, qui peut paraître colonialiste en terre vaudoise. Mais Doris Loretan a réponse à tout: «Depuis sa construction, ce domaine a toujours été en mains bernoises, c’est pourquoi nous avons opté pour la version germanique.»

Schloss Salavaux, Route de Villars-le-Grand 16, Salavaux. 026 677 89 20. www.schloss-salavaux.com


Paradis spirituel

Le menhir du Tomeley à la Forclaz

Le jour du solstice d’été «les rayons, telle une boule de feu, une lame d’épée lumineuse, déferlent dans le ravin et les précipices au pied de la Tour-de-Mayen et arrivent devant la pierre dressée» écrit Jean-Adrien Lavanchy à propos du menhir du Tomeley dans son fameux livre Les symboles de l’Occident.

Du coup, tous les 21 juin, vers le soir, la grasse prairie qui l’entoure regorge de promeneurs et d’observateurs curieux, venus voir ce bloc qui se dresse telle une colonne en marge du chemin champêtre qui mène depuis La Forclaz vers le lac des Chavonnes.

Servait-il vraiment de repère aux Celtes, aux guides et aux chasseurs, notamment, qui vivaient au rythme du calendrier solaire? D’autres voix, moins passionnées mais plus pragmatiques, mettent en doute cette vision très romanesque du lieu.

Les habitants de La Forclaz constatent que le soleil caresse alternativement, mais tout naturellement, la pierre lorsqu’il est au déclin derrière les sommets qui surplombent Leysin. Mais pas seulement le 21 juin…

Qu’on y croie ou pas, la légende n’en demeure pas moins fascinante. Et la pierre elle-même imposante. Ainsi la magie opère à toute heure depuis ce promontoire qui regarde le glacier des Diablerets d’un côté, les tours de Mayen, de Famelon, et d’Aï de l’autre.

Avec sa touche de mystère, le lieu se révèle fort propice à la rêverie. D’autant plus que, croquis à l’appui, Jean-Adrien Lavanchy décèle dans le panorama depuis Tomeley une «bande dessinée naturelle surgissant de la préhistoire».

Il faut dès lors se montrer très terre à terre pour s’ennuyer sur la route du lac des Chavonnes… et de son auberge.


Paradis des enfants

Virée à Juraparc

Une toute nouvelle place de jeux vient d’être inaugurée pour les enfants, près de ce restaurant insolite à plus d’un titre. D’une part, il est entouré d’enclos qui permettent de découvrir, perché sur une passerelle d’observation, des bisons, mais aussi des ours et oursons, des loups et des chevaux de Przewalski.

D’autre part, on peut y manger de la viande de bison, même en burger pour les enfants! Si tout se passe comme prévu, un lynx sera bientôt visible dans le tout nouvel enclos construit pour lui.

Il s’en passe des choses dans ce bel écrin de verdure entre Vallorbe et la vallée de Joux.

Juraparc, chalet du Mont d’Orzeires, Le Pont - Vallorbe. 021 843 17 35. www.juraparc.ch  Tarifs: 6 fr. par adulte, 4 fr. 50 pour les enfants dès 6 ans.


Paradis aquatique

Safari nature

C’est une vraie aventure lacustre! Pendant une heure et demie, l’Aquarel, un bateau solaire qui avance sans bruit, explore le Vieux-Rhône et sa faune. Dans un décor de verdure sauvage où les libellules virevoltent au-dessus des troncs rongés par les castors, on découvre une multitude d’oiseaux que présente Jean-Marc Fivat, ornithologue et photographe. C’est beau, c’est passionnant, c’est dépaysant.

Villeneuve, Tem Navigation. 021 960 41 34. www.tem-navigation.com  Tarifs: adulte 42 fr. AVS, AI, étudiant 33 fr. Moins de 16 ans 27 fr. 50. Tarifs réduits pour croisières sans guide.


Paradis du bien-être

Bain de petit-lait à Château-d'Oex

Au XIXe siècle, les touristes et les citadins partaient en cure de petit-lait à la montagne. Ils le buvaient. Aujourd’hui on s’y baigne.

C’est chez Michel Isoz, agriculteur et fromager réputé pour son Etivaz et son Piat, pour ses vaches en leasing, aussi, que ça se passe. Près de son chalet d’alpage datant de 1600, à 1610 mètres d’altitude, au-dessus de la Lécherette, il a installé une grande cuve (jusqu’à sept baigneurs) et une baignoire individuelle en cuivre. De la marmite où il prépare tous les jours le fromage, il peut évacuer le petitlait directement dans les bains!

Particulièrement prisé pour les enterrements de vie de jeune fille/homme, le bain de petit-lait – «très bon pour la peau» affirme l’agriculteur – se prend sur la terrasse, en plein air. Autant être averti, l’installation est vraiment rustique. Mais l’expérience est unique.

Suivant l’heure, elle peut se prolonger par un petit-déjeuner ou une fondue sous le plafond noirci du chalet, et même dans les dortoirs.

Michel Isoz, 079 230 77 03, lepiat@bluewin.ch




Tags: coins de paradis, vaud, sorties, bonnes adresses,

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