ABSURDE Au gymnase intercantonal de la Broye, les Fribourgeois suivent quatre ans de cursus et les Vaudois, trois ans seulement. Un symbole des disparités. GAETAN BALLY - KEYSTONE
Vaud bloque l'entente sur le gymnase en quatre ans
MATURITÉ. Seuls quatre cantons offrent une maturité en trois ans. Ajouter un an coûterait des dizaines de millions, mais équilibrerait les différences de niveau.
On la dit fédérale. Pourtant, la maturité – décrochée au terme du gymnase, lycée ou collège, selon l’appellation locale – s’illustre dans toute la splendeur des méandres cantonaux. Alors que les experts ont démontré qu’il est impératif de coordonner les systèmes pour garantir aux bacheliers des chances égales à l’université, certains cantons se braquent. Vaud en tête. Cet automne, le Département fédéral de l’intérieur (DFI) et les cantons (CDIP - Conférence des directeurs de l’instruction publique) s’attableront pour discuter l’avenir de la maturité. Car depuis deux ans, la confiance vacille. L’étude Evamar II, voulue par le DFI et la CDIP, a semé le trouble en affirmant que «les gymnases de longue durée apparaissent dans presque tous les domaines testés meilleurs que les gymnases de courte durée». En ligne de mire, les cantons de Berne, du Jura, de Neuchâtel et de Vaud, qui se contentent d’un cursus de trois ans. Ils contournent – légalement – l’exigence fédérale de quatre années en comptant la 9e d’école comme une 1re de maturité. «Ce système est une supercherie», dénonce Françoise-Emmanuelle Nicolet, à la tête des maîtres vaudois (AVMG). «Les enseignants et les manuels ne sont pas les mêmes et il n’y a aucune cohérence entre les programmes. Même les élèves de 9e ignorent qu’ils sont censés être déjà au gymnase!» Cette acrobatie structurelle frise l’absurde, qu’incarne le gymnase intercantonal de la Broye. Dans l’établissement de Payerne, les Fribourgeois (54%) suivent quatre années de cours et ne sont rejoints par les Vaudois (46%) qu’en 2e année. Les classes sont alors recomposées et peuvent commencer l’étude de l’option spécifique, comme l’espagnol. Selon le directeur Thierry Maire, les niveaux s’équilibrent en 3e année. Mais il reconnaît qu’une harmonisation à quatre ans pour tous élèverait le niveau. D’autant que, si l’on considère le développement personnel, un an supplémentaire préparerait sans doute mieux des jeunes parfois âgés d’à peine 18 ans à entrer à l’université.
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