Les Vaudois aiment la PPE. Depuis une dizaine d’années, la propriété par étage connaît un prodigieux développement dans le canton, où elle représente aujourd’hui près de 10% des logements contre seulement 7% il y a dix ans. Cette évolution s’explique par l’attrait des taux hypothécaires historiquement bas, mais également par les réserves vaudoises de terrains à bâtir: 20% contre 16% en moyenne suisse.
Le Service du développement territorial estime à 980 hectares les réserves dans les centres et à 1650 hectares celles hors de ces derniers. Ce qui correspond à un potentiel de 211 000 habitants. Soit bien plus que les besoins liés aux perspectives de croissance démographique du canton de Vaud.
«Ce calcul ne tient pas compte de la thésaurisation des terrains, et certaines zones sont mal situées par rapport aux critères de l’aménagement du territoire», tempère toutefois Philippe Gmür, chef du Service du développement territorial vaudois. «Ces réserves sont donc insuffisantes et il y a lieu de développer de nouvelles zones à bâtir dans le périmètre des agglomérations.»
Lausanne, plein à craquer. Ce n’est pas nouveau: les grandes communes de l’arc lémanique sont en proie à une grave pénurie de logements. A Lausanne, le taux de vacance est proche du niveau zéro (0,1% contre 0,4% au niveau cantonal). De 135 000 habitants aujourd’hui, la population de la capitale pourrait passer à 150 000 à l’horizon 2020.
Pour absorber cette croissance démographique, la ville doit mettre les bouchées doubles: il faut construire, construire et construire. Le projet Métamorphose, aux Plaines-du-Loup, prévoit d’ériger un quartier écologique de plusieurs milliers de logements au nord de la ville.
Quant au programme «3000 logements» lancé en 2006, il en est au tiers des constructions prévues. «La demande en PPE est très forte le long du M2», constate Jean-Jacques Morard, de De Rham & Cie. Près de 650 logements devraient sortir de terre à Vennes, aux Fiches-Nord et à la route de la Feuillère.
Yverdon, l’énigme. Lausanne et son agglomération débordent sur les régions alentour, dont le Chablais, la Veveyse, la Broye ou encore La Côte. Certaines zones, pourtant bien placées, ne connaissent toutefois pas le développement escompté. C’est le cas d’Yverdon-les-Bains. Situé au bord du lac de Neuchâtel, à la croisée des grands axes de communication et à vingt minutes en train de Lausanne, le chef-lieu du Jura-Nord vaudois fait office de pôle économique régional.
Et pourtant, son développement peine à décoller. «Cela ne saurait tarder. Le secteur entre le lac et la gare va se développer ces prochaines années, ce qui représente un vrai potentiel», estime Hervé Froidevaux, de Wüest & Partner. Philippe Kaufmann, du Credit Suisse, y voit pour sa part une explication culturelle: «L’accès à Lausanne par la route est assez chargé. Or les pendulaires romands sont davantage attachés à la voiture qu’au train. Ce qui est toutefois en train de changer.»
Un grand projet est en cours de réalisation à la rue du Valentin, au cœur de la cité des bains. Situées à deux pas du centre, les Résidences du Parc proposent 60 appartements dans le segment du haut standing. Il faut débourser environ 800 000 francs pour un 4,5 pièces de 135 m2 avec un garage double. «Ce marché n’existait pas à Yverdon auparavant», note Philippe Tornier, du bureau d’architectes Atelier94.
«Nous venons d’entamer la commercialisation et déjà 12 lots sont vendus.» A contrario, d’autres localités connaissent un succès fou et plutôt inattendu. C’est le cas de Lucens. Entre 200 et 300 logements ont été construits dans le petit village de la Broye vaudoise ces trois dernières années. Des appartements qui ont été loués et vendus en un temps record.
Prix: le grand écart. Sur l’arc lémanique, la pénurie de logement s’accompagne d’une flambée des prix. Le phénomène de variation ne cesse de s’accentuer, l’écart entre certains biens devenant carrément dément. Cette bulle touche des objets très spécifiques.
«A la rue Général-Guisan à Pully, il faut débourser 25 000 francs le m2 pour avoir les pieds dans l’eau, alors que de l’autre côté de la route, les PPE sont vendues pour 9000 francs le m2», illustre Jean-Jacques Morard, qui y voit un phénomène social: «Tout le monde n’a plus les moyens d’acquérir un logement sur le bord des rives.»
Objet hors du commun
Prestige: Du haut de gamme à la campagne

Des villas tout confort en rase campagne, dans un village typiquement vaudois. Avec la surchauffe du marché qui frappe l’arc lémanique, les acquéreurs ont tendance à s’éloigner des rives pour se réfugier dans l’arrière-pays. Les Terrasses des Clyettes en sont une parfaite illustration. Situé sur la commune d’Arzier, à une demi-heure en voiture de Lausanne et à vingt minutes de l’aéroport international de Genève, ce lotissement de neuf villas contemporaines joue la carte du calme et de l’isolement.
Les résidences, d’une surface de 354 m2 à 485 m2 sur deux niveaux (entre 5 et 7 chambres à coucher avec salle d’eau) sont construites sur des parcelles de 1000 à 1200 m2. Orientées plein sud et certifiées Minergie, elles offrent une vue imprenable sur le Léman et les Alpes. Proposées entre 2,8 à 3,7 millions de francs sans la piscine, les neuf villas ont toutes trouvé preneur. Il faut dire que le même bien, posté à proximité des rives du Léman, coûterait 1 à 2 millions plus cher.
Sélection de quelques grands projets immobiliers
Chaud, chaud, chaud. Le marché immobilier de la propriété reste hypertendu sur l’arc lémanique avec des prix qui continuent à flamber. La tension est si forte que le terme de bulle immobilière n’est plus tabou. La demande en propriété par étage (PPE) a le vent en poupe le long du métro lausannois M2.

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