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La fiscalité, en Suisse et dans la plupart des pays voisins, a été dessinée dans ses principes en un temps où le commerce de l’argent n’avait pas encore atteint le niveau fou qu’on lui connaît aujourd’hui. Elle frappe les revenus du travail, épargne les gains boursiers. Elle pèse lourd, à travers la TVA, sur ceux qui fabriquent et vendent des biens, ceux qui offrent des services traditionnels. Elle frappe aussi certaines opérations bancaires, mais la plupart sont exemptées. Les prestations dans la finance et l’assurance y échappent.
Les banques paient des impôts en tant qu’entreprises ainsi que leurs collaborateurs, elles le rappellent à juste titre. Reste que la substance même de leur activité, tels les mouvements de capitaux, n’est pas taxée, à la différence des autres domaines économiques.
Achetez n’importe quel objet par internet, à sa réception vous payerez non seulement la TVA, mais des droits de douane et des frais administratifs. En revanche, vous pouvez déplacer des fortunes d’un pays à l’autre sans verser un centime à l’Etat.
Sur les routes de cette jungle mondiale où l’impôt est inconnu, les règles de la circulation quasiment inexistantes, des trafiquants de capitaux s’agitent en tous sens, à l’écoute des rumeurs, à la recherche de profits spéculatifs.
Tous ceux qui travaillent, paient leur dû jusqu’au dernier centime, ne peuvent pas tolérer cette injustice. Que les gouvernements européens s’unissent pour l’atténuer par une taxe bancaire est une bonne nouvelle.
En Suisse, les banquiers se frotteront les mains, heureux d’échapper à cette initiative. Qu’ils ne se réjouissent pas trop. Nos partenaires nous amèneront tôt ou tard à nous aligner sur leurs efforts, afin d’éviter une concurrence qui sera jugée déloyale. Quand cette crise annoncée tournera à l’aigre, nos autorités céderont. Elles résisteront un peu plus que face aux Etats-Unis dans l’affaire UBS, mais elles savent qu’un pays satellite de l’Union européenne ne saurait agir longtemps contre les intérêts de celle-ci.
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