Vers un accord de libre-échange
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 11.06.2009 à 06:00
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Nestlé fait cause commune avec le monde paysan.
2013. Une date butoir qui signe la fin de la loi chocolatière, le «Schoggigesetz». Les normes plus sévères en Suisse que dans l'UE dans le domaine des denrées alimentaires de même que le coût plus élevé des prestations intermédiaires helvétiques et des matières premières font que les entreprises suisses ne jouent pas à armes égales avec leurs concurrents européens. Aujourd'hui, la loi chocolatière permet d'édulcorer cette distorsion de concurrence par un mécanisme de compensation: la différence entre le prix des matières premières suisses et européennes est remboursée à l'exportation. La suppression de ce mécanisme, décidée lors des négociations de l'OMC, porterait un grave préjudice aux entreprises helvétiques. Le «trafic de perfectionnement» instauré par l'Uruguay Round pourrait en atténuer la rigueur. Pour l'ensemble de l'économie suisse, un accord de libre-échange serait la solution, car les pays émergents veulent un meilleur accès au marché suisse. Cet accord en crée les conditions. Suisse et UE viennent tout juste de se mettre d'accord sur la nécessité de poser des délais transitoires « raisonnables et supportables pour l'agriculture». Voilà qui devrait mettre du baume au cœur de Roland Decorvet, responsable du marché suisse de Nestlé. Lequel plaide «pour des mesures d'accompagnement fortes, importantes et sur une durée significative». Une prise de position qui tranche singulièrement avec celle prise à la fin de mars dernier par economiesuisse. L'organisation faîtière «accepte, pour des raisons d'ordre politique, que soient prises des mesures d'accompagnement modérées (...) aménagées de manière temporaire et dégressive». Certes, Nestlé ne soutient pas certains paysans qui estiment que rien ne doit changer. Mais la société ne partage pas non plus l'avis des milieux industriels qui ne font, par exemple, aucune différence entre l'agriculture et la sidérurgie. «L'industrie alimentaire a besoin d'une agriculture forte, et vice versa, souligne Roland Decorvet. Si l'on doit partir, les paysans mourront. Si ces derniers disparaissent, le chocolat ne sera plus vraiment suisse.»
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