Readigo. C’est le nom de la voiture électrique qui sera présentée au Mondial de l’automobile à Paris, du 4 au 19 octobre. Cette quatre places à bas prix (environ 5000 euros), c’est Ségolène Royal qui l’a voulue.
La présidente de la région Poitou-Charentes désire renforcer la mobilité de ses habitants, notamment en organisant un réseau de voitures partagées. La partie technique de la Readigo a été conçue par Domteknika, une entreprise basée à LaNeuveville. A la tête de cette PME bernoise: Jean-Luc Thuliez.
L’homme n’est pas un néophyte en matière d’innovation automobile puisqu’il a travaillé pour la Swatchmobile. Il a ensuite rejoint l’équipe Smart avant de créer ses propres véhicules.
Le principal défi des voitures électriques?
Le poids et l’autonomie à prix abordable. «Il faut du savoir-faire pour arriver à un produit fiable. Un groupe de compétences s’est formé autour du projet, regroupant des entreprises comme Borotec pour la mécanique ou la Haute Ecole Arc (JU, BE, NE) pour l’aérodynamique.» Le vol d’un ange. Si Jean-Luc Thuliez est ravi d’avoir remporté la mise au concours pour la Readigo, c’est un autre projet qui fait battre son cœur et celui de son équipe d’ingénieurs: Angel Interceptor. «A l’utilisation, le seul bruit émis par cette voiture révolutionnaire est le bruissement de l’air.
Il évoque le vol d’un ange. En fait, nous développons un pur-sang électrique haut de gamme. Il monte à 180km/h et offre une autonomie de 160 kilomètres, passe de zéro à 100 km/h en cinq secondes. Nous voulons vendre de la performance, car les constructeurs asiatiques vont bientôt débarquer sur le marché.» Le public cible?
«Le cadre européen qui veut s’acheter un deuxième véhicule amusant pour accéder au centre-ville.
Il sera ultraperformant et vertueux pour l’environnement.» En clair, tous ceux qui pourront débourser quelque 39000 francs pour rouler vert.
Angel Interceptor sera fabriqué en Suisse en série limitée. En attendant de lancer la production en 2010, Jean-Luc Thuliez et son équipe préparent une version course pour participer à une compétition à travers les Etats-Unis. Elle réunira la crème des véhicules zéro émission. «C’est également un monstre de puissance qui atteindra 240km/h, mais il ne fait pas vroum-vroum au démarrage.» Et c’est bien cela qui est tragique pour l’électrique: ces véhicules n’ont pas le côté viril du moteur à explosion.
Qu’à cela ne tienne, Jean-Luc Thuliez croit dur comme fer à l’avenir des softcars: «Notre ambition est de concevoir et produire des véhicules réellement respectueux de l’environnement à toutes les étapes de leur vie: production, utilisation et recylage.» Un exemple?
Certains tableaux de bord contiennent deux cent soixante polymères différents. «Nous cherchons à imaginer un tableau de bord en utilisant moins de matériaux. Une goutte d’eau dans l’océan des défis écologiques à résoudre très vite pour nous et les générations futures...»
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