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Vincent Sager : Le spectacle dans la peau

Par Christophe Schenk - Mis en ligne le 09.03.2011 à 13:33

Vincent Sager est un Nyonnais pure souche. Et a donc le Paléo dans la peau. Son premier souvenir du festival remonte à l’été de ses 12 ans, en 1982, et un concert de Joan Baez. Par la suite, le jeune homme n’a cessé de collaborer à l’événement, récoltant les verres vides sur le terrain avant d’intégrer le comité de programmation.

Mais c’est vers l’écrit qu’il se tourne au moment de choisir un métier. Libraire de formation, il réalise son rêve et travaille durant quatre mois dans un bookshop new-yorkais, bénévolement. Ce lecteur passionné manie également la plume et décroche un stage de journaliste à La Côte dans la foulée.

Mais le virus du spectacle est le plus fort. En 1997, il reprend le poste de responsable du service de presse de Paléo. Et lorsqu’en 2002 il décide de se lancer dans une nouvelle aventure, c’est Daniel Rossellat, fondateur du festival, qui vient le rechercher pour intégrer Opus One.

Directeur de la société depuis 2004, Vincent Sager a su amener en Suisse romande des spectacles variés, de Stomp au Cirque Eloize, en passant par Mamma Mia, qui revient à Genève pour 13 représentations en avril prochain.

Et déborde constamment de nouvelles idées et d’énergie. Son secret? «Je prends chaque matin comme une page blanche. Ce qui me met à l’abri de la routine.»


Son équipe

JANINE LIARDON

Vincent Sager admire la rigueur et la précision de la comptable historique d’Opus One. Qui apprécie pour sa part le dynamisme et la capacité d’écoute de son directeur, «qui sait prendre des décisions et porte la société sur ses épaules».

NICOLAS SANDOZ ET FRANÇOIS MOTTIER

Les deux directeurs de production incarnent le canal historique d’Opus One. Pour François Mottier, son directeur «est une personne extrêmement intelligente, qui sait partager les idées. Surtout, il a une très grande force de travail et est une véritable locomotive pour les personnes qui travaillent avec lui.»

ANNE-CHRISTINE CARDON

Son assistante, qui travaille pour Opus One depuis la création de l’entreprise, aime la complémentarité qu’ils entretiennent: «Mieux qu’un échange, c’est un partenariat, pour mon plus grand plaisir.»

ANGELA DELIENS

Celle qui fut sa stagiaire lorsqu’il était responsable du service de presse de Paléo s’occupe désormais du catalogue francophone d’Opus One. «Vincent est un créateur, un homme plein d’idées, qui m’a suivie durant toute mon évolution.»


Ses refuges

SA FAMILLE

Marié avec Caroline, médecin, Vincent Sager a un fils, Balthazar, né il y a un peu moins de deux ans. «C’est central et capital pour moi, observe-t-il. C’est un bon moyen de garder les pieds sur terre face aux paillettes du showbiz.»

LA SICILE

«Les parents de mon épouse possèdent une maison sur les îles Eoliennes. J’aime y aller en été et gravir les 400 marches qui mènent à l’édifice.»

LA CUISINE

«Comme je ne suis ni sportif ni bricoleur, c’était le meilleur choix, sourit-il. Cuisiner est un vrai plaisir, qui permet de se vider la tête. Et puis c’est un dénominateur commun important pour réunir ses amis proches.»


Ses artistes de coeur

TOM WAITS

«C’est l’artiste, absolument l’artiste! Je ne l’ai malheureusement jamais vu en concert, mais je rêverais de pouvoir organiser sa venue en Suisse un jour.»

ZEP

Vincent Sager admire le savoir musical encyclopédique du papa de Titeuf, qu’il s’agisse de Bob Dylan ou des Rolling Stones. «Je l’ai rencontré en 1995, lors des 20 ans de Paléo. Nous collaborions au sein de l’équipe qui rédigeait le journal du festival, Le petit vingtième.»

STEPHAN EICHER

«C’est quelqu’un qui a du cœur et qui est fidèle. Surtout, il se réinvente sans cesse et continue à avoir envie de nouvelles choses.»

LE CIRQUE ELOIZE

«C’est le premier projet dont j’ai eu à m’occuper quand je suis arrivé chez Opus One, un cirque d’hiver plus contemporain que le cirque classique. Cela a été une belle aventure, avec pas mal d’angoisses et de grandes satisfactions.»


Ses inspirateurs

DANIEL ROSSELLAT

«Il m’a fait confiance très jeune et m’a renouvelé cette confiance de nombreuses fois par la suite.»

JACQUES MONNIER

Le programmateur historique de Paléo est un soutien précieux, vers lequel Vincent Sager peut se tourner au moment de lancer de nouveaux projets. Quant à Jacques Monnier, il voit en lui «un véritable “Paléo Kid”, devenu gendre idéal, charmant, cultivé, toujours élégant, fin gourmet et fidèle en amitié.»

ANDRÉ BÉCHIR

Le créateur de l’agence zurichoise Good News faisait partie des cofondateurs d’Opus One. «C’est donc un partenaire de longue date, auprès duquel j’ai pu beaucoup apprendre.»


Ses relais

MARC RIDET

Pour Vincent Sager, le directeur de la Fondation romande pour la chanson et les musiques actuelles (FCMA) est la mémoire vive de la musique suisse. «C’est drôle qu’il ait fallu un Français pour aider à mettre en valeur la scène romande. Mais en treize ans, on a pu constater de grands changements, tant dans son développement que dans sa reconnaissance, en Suisse et à l’étranger.»

ALAIN BOYACI

Le producteur français est l’homme qui a amené le spectacle Stomp en France. «Depuis 2000, nous collaborons pour les représentations en Suisse romande. Avec le temps, il est devenu un interlocuteur régulier pour d’autres projets, plus en lien avec le spectacle ou le théâtre.»

MATHIEU JATON

Le secrétaire général du Montreux Jazz Festival est un interlocuteur précieux, tant pour échanger des idées que pour réfléchir à des projets communs.

FRANÇOIS PINARD

Le directeur d’Opus One a beaucoup d’échanges avec l’agent français, patron d’Arachnée Productions (Indochine, Thiéfaine). «C’est lui qui m’avait contacté pour organiser le concert de soutien à Haïti en février 2010.» Quant à François Pinard, il apprécie sa réactivité et sa rapidité de compréhension. «Deux qualités essentielles dans ce métier.»


Ses écueils

LA POLITIQUE CULTURELLE

S’il ne remet pas en question le choix des Lausannois de ne pas abroger la taxe sur le divertissement, Vincent Sager est agacé par la manière dont on oppose culture et divertissement. «Les deux participent d’une même offre. Ce que l’on peut constater, par exemple, lorsqu’un artiste passe d’un statut underground au succès public.» Le directeur d’Opus One ne cache pas non plus son incompréhension face aux investissements prévus par la Ville de Genève pour rénover l’Alhambra. «Cela permettra d’offrir une salle de spectacle d’environ 750 places. Une taille déjà assumée par l’Usine. Alors que ce qu’il manque c’est une salle de 1500 à 2500 places.»

SES CONCURRENTS

Ces derniers mois, quelques polémiques ont opposé Opus One à d’autres organisateurs romands de spectacle. Directrice d’Art Contacts, Charlotte Carrel a ainsi attaqué Opus One devant les tribunaux en juillet dernier, pour l’utilisation de la marque One Night In Vevey With… Mais a été déboutée. Quant à Michael Drieberg, patron de Live Music, il a récemment accusé Opus One de concurrence déloyale, car derrière l’entreprise on retrouve une société à caractère associatif, Paléo. L’affaire a été très médiatisée, mais n’a pas connu de suites juridiques.





Tags: Réseau, Vincent Sager, Opus One,

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