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Campagne
L’expérience Wagner

Par Tasha Rumley - Mis en ligne le 15.06.2011 à 10:16

Candidat libéral-radical au Conseil national, l’avocat bâlois lève une fronde contre Christoph Blocher. Nouveau en politique, il dénonce aussi la somnolence du PLR.

Après des mois de silence, Martin Wagner a lâché le morceau: Christoph Blocher serait un «poison pour la Suisse». Depuis l’automne dernier, l’ombre du tribun UDC plane sur la Basler Zeitung – que présidait Martin Wagner.

En novembre, l’avocat bâlois avait fini par quitter le conseil d’administration. Mais ce n’est qu’aujourd’hui qu’il déballe les détails de l’intrusion blochérienne à la BaZ, au moment de lancer sa campagne au Conseil national.

Il quitte également la présidence de la Weltwoche, dont l’opposition à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne entre en conflit direct avec ses positions politiques.

Certes, la fronde du libéral-radical éclaire sur le «principe Blocher» de management autocratique au sein de l’UDC. Mais elle fleure aussi bon l’opportunisme électoral.

Pourquoi dénoncez-vous Blocher aujourd’hui seulement?

Ce sont ses attaques sur la libre circulation qui m’ont fait sortir de mes gonds. Celle-ci est le moteur de notre croissance et permettra d’assurer nos retraites, que nous ne pourrions pas porter vu le vieillissement de la population. Je suis un homme d’affaires; donc, comme homme politique, je me battrai pour la libre circulation et la voie bilatérale.

Vous dites que Blocher veut détruire le centre. Est-ce que le PLR a manqué une occasion dans l’alliance du PDC, du PBD et des Vert’libéraux?

Non. Car il faut être clair: le PLR n’est pas un parti du centre, mais du centre droit. Sur certaines questions, les élus intelligents de l’UDC se trouvent sur la même ligne. Mais il y a de graves différences.

Sur la régulation des banques, où je veux un moratoire jusqu’à ce que l’Europe fixe sa propre régulation, je lutte contre l’idée de Blocher de forcer les banques à séparer l’investment banking et l’asset management.

Comment le PLR pourrait-il récupérer le leadership?

Nous avons un problème de communication et de réputation: on nous dit morts, sans avenir. En réalité, le PLR a les meilleures personnes! Mais certaines sont endormies, il faut les réveiller.

Cela signifie que certains élus doivent partir?

Un rajeunissement en continu serait préférable. Moi, je ne resterai pas une éternité sur mon fauteuil à croire que je sais tout mieux que les autres. Le jour même de mon élection, je préparerai ma succession. Je vise deux mandats.

Le PLR doit aussi avoir un peu moins de lobbyistes. Parfois, certains sont obnubilés par les intérêts auxquels ils sont liés, il leur manque la vision globale. C’est pour cela que le PLR a manqué les thèmes verts, par exemple.

Obtenez-vous du soutien au parti avec cette vision?

Non, c’est peut-être trop tôt. Je dis les choses sans ménagement, je suis en politique comme en économie: pas un emballage trompeur qui veut plaire à tout le monde. Sur ma lutte contre l’extrémisme, on me traite de fou. On me dit: «Tu ne peux pas te passer des voix panachées de l’UDC.»

Depuis des décennies, Christoph Blocher agit sans contrepoids. Jouerez-vous ce rôle?

Je vais tout faire pour. La politique est une affaire de personnalités. Par contre, au PLR, il serait hors de question d’avoir un «roi», cela est l’inverse de la démocratie et du libéralisme. L’UDC ne représente pas les valeurs suisses. D’ailleurs, comment un parti peut-il reposer sur un seul homme, qui plus est en fin de parcours?

Difficile, de mener la fronde?

C’est une expérience à hauts risques. Il faut que d’autres élus se lèvent pour lutter contre le populisme. Il faut être conséquent et renoncer aux alliances avec l’UDC pour gagner des voix. Mais si «l’expérience Wagner» échoue au 23 octobre, alors ce sera un désastre. Cela prendra longtemps jusqu’à la prochaine fronde. Donc l’autre côté aura gagné.



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Tags: Martin Wagner, Conseil national, Christoph Blocher,

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