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QUARTIER D’INNOVATION C’est au Technopark, dans l’ouest de la ville, qu’on trouve une multitude de start-up. Via sa fondation, le Technopark soutient leur lancement et la transition de l’EPFZ au marché. Il compte 270 entreprises, dont pas plus de deux échoueraient par année.
Gian Vaitl

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Croissance
Zurich se rêve Silicon Valley

Par Tasha Rumley - Mis en ligne le 13.04.2011 à 13:46

La ville ambitionne de devenir la capitale des technologies d’information (ICT) et créer des citoyens connectés. Zoom sur un eZurich au fort potentiel.

Zurich regarde son nombril. Tiens, il est au milieu de l’Europe. En plus, il recèle un quart des entreprises de Suisse en technologies de l’information et de la communication, les ICT de leur petit nom. Avec ces atouts, la ville s’abandonne aux rêves de grandeur: devenir, d’ici à 2020, la Silicon Valley de l’Europe.

L’ENCEINTE DU TECHNOPARK A DES AIRS DE MATERNITÉ À ENTREPRENEURS HIGH-TECH.

Alors que certains mettent en cause la croissance effrénée de l’arc lémanique ou se lamentent du manque d’infrastructures (lire L’Hebdo du 7 avril), la capitale économique tient le cap. Ses aspirations à devenir une Silicon Valley, au-delà de l’effet slogan, visent à encadrer une tendance lourde.

Selon les chiffres de 2008, 20 000 personnes travaillent dans les ICT en ville (5,5% de l’emploi), 41 000 dans le canton. Cela reste en deçà des 88 000 postes de la finance, mais avec leur croissance continue, les ICT se dressent comme David face au Goliath de la Paradeplatz.

«D’ici à 2020, Zurich devra être mondialement connue non plus seulement pour ses banques, mais aussi comme ville pionnière et modèle avec ses projets créatifs et innovants en ICT», parie le municipal des Finances Martin Vollenwyder, à la tête du projet.

Posé comme un pilier de la législature 2010-2014, «eZurich» rassemble pour la première fois la Municipalité, les milieux économiques et scientifiques. Ensemble, ils comptent jouer sur deux tableaux: d’une part, encourager la venue d’entreprises et leur éclosion dans ce fertile terreau que l’EPFZ et l’université parsèment de jeunes pousses; d’autre part, muer les Zurichois en cybercitoyens.

C’est clairement l’attraction des firmes étrangères qui pose le grand défi. Certes, l’arrivée de Google en 2004 et de Microsoft en 2006 a inscrit Zurich sur la mappemonde; les deux géants attirent leurs semblables comme des aimants. Google dispose ici de son principal centre de recherche hors des Etats-Unis et a annoncé début mars vouloir l’étendre encore, ce qui l’approchera du cap du millier de collaborateurs (sept cents pour l’instant).

A cette touche glamour s’ajoutent le rayonnement international de l’EPFZ et le prestige du classement de Mercer – qui évalue la qualité de vie des villes et a désigné Zurich en 1re position durant huit ans, en 2e depuis 2009. La cité séduit les cerveaux étrangers.

L’entrave des contingents. Sauf que les barrières administratives entravent cette chasse aux meilleurs. «Les pays d’Europe de l’Ouest, où fonctionne la libre circulation, sont des réservoirs à sec!, prévient Abraham Bernstein, professeur d’informatique à l’Université de Zurich.

Je rêve d’avoir des doctorants excellents, si possible de Suisse ou d’un pays voisin. Mais c’est très difficile, car tout le monde se les arrache. Et si on recrute dans les nouveaux Etats membres, en Roumanie par exemple, organiser le permis de travail prend beaucoup de temps.»

Quant à pêcher outre-Europe, en Inde ou en Chine, c’est pire: les contingents ne laissent venir ces travailleurs qu’au compte-gouttes. «Seules les entreprises avec un service de ressources humaines peuvent se lancer dans ces démarches, explique Annette Kielholz, responsable de la communication pour l’informatique de la ville. C’est trop lourd pour les start-up.»

Or, mettre la main sur les spécialistes d’Inde, de Chine, mais aussi de Russie, du Canada ou des Etats-Unis est indispensable, vu la pénurie chronique d’informaticiens suisses. Selon l’association ICT Switzerland, il en manquera 32 000 d’ici à 2017, tous niveaux de formation confondus.

Malgré les cris d’alarme des milieux économiques, les contingents de travailleurs extra-européens se limitent en 2011 à 3500 personnes, auxquels s’ajoutent 5000 permis de courte durée. Pour Ruedi Noser, président d’ICT Switzerland, «ces contingents si restreints posent un gros problème au secteur informatique».

Conseiller national PLR, il entend porter ce combat à Berne: «Nous préparons le terrain pour en obtenir des plus élevés l’an prochain», annonce-t-il. Seules, sans ce lobbying national, les villes comme Zurich n’auraient aucune prise.

Technopark, maternité des ICT. C’est plutôt au niveau de l’éclosion de start-up locales que l’union sacrée de la ville, de l’économie et de la science est fructueuse. L’EPFZ tourne comme une fabrique à PME: chaque année, elle déverse sur le marché une vingtaine de spin-off, pour un tiers dans les ICT.

L’enceinte du Technopark a des airs de maternité à entrepreneurs high-tech. L’immense complexe s’étend sur six ailes dans Zurich-West. A l’intérieur, de longs couloirs criblés de portes latérales, de gigantesques cafétérias et le bilinguisme ambiant (suisse-allemand/anglais) rappellent à s’y méprendre l’atmosphère universitaire. Sans doute un réconfort pour ces entrepreneurs qui font ici leurs premiers pas.

Créé en 1993, le Technopark allie une société immobilière (lucrative) et une fondation pour le transfert des technologies (non lucrative). Dans ses 45 000 m2, il accueille 270 entreprises, scrupuleusement choisies selon leur potentiel d’innovation et la fiabilité de leur business plan.

A peine diplômés, les ingénieurs prennent un aller simple pour le Poly-Technopark, où ils bénéficient d’un accompagnement en gestion d’entreprise. «Ce sont des passionnés de technologie dont le talent est l’innovation: leur intérêt pour la vente et le marketing laisse à désirer», sourit Henning Grossmann, CEO de la fondation.

Et le coaching porte ses fruits. «On dit qu’une start-up sur deux échoue en Suisse, ajoute Heinz Specker, CEO de la société immobilière. Mais cela inclut tout, même la petite onglerie ou le salon de coiffure! Chez nous, il n’y a pas plus de deux flops par an sur 270 compagnies.»

Et les candidats sont nombreux. Une trentaine en moyenne piaffe sur liste d’attente. «Notre sélection n’est pas démocratique, prévient Henning Grossmann, elle s’oriente sur l’avancée technologique. Une spin-off de l’EPFZ passe en priorité.»

Cela, Christoph Seitz s’en était douté. Avec deux amis, le Saint-Gallois de 32 ans a monté une start-up d’application iPhone. Son sentiment est que l’innovation hors des murs du Poly n’a aucune chance, les investisseurs étant obnubilés par ce label «EPFZ». Sans compter que l’école offre à ses diplômés ses propres programmes: l’accompagnement à la création d’une spin-off ou la bourse «Pioneer», jusqu’à 150 000 francs pour monter sa boîte.

Une production qui ne s’exporte pas. La multiplication du nombre de start-up ne fera pas tout. C’est aussi au niveau identitaire que Zurich doit travailler pour être à l’avenir associée aux technologies dans l’esprit du public. Car pour l’instant, le made in Zurich n’existe pas. Seuls 10% des postes en ICT produisent réellement des appareils ou des éléments de télécommunications. Le reste est dominé par ce qui ne s’exporte pas, la vente (20%) et les services (70%).

Les softwares, la programmation ou le conseil occupent 30 000 des 40 000 employés. Cette activité est focalisée sur le marché intérieur: invisible, terrée chez les bataillons d’informaticiens des grandes banques – Credit Suisse, par exemple, en emploie 4000 en Suisse.

«Les ICT à Zurich consistent en logiciels ou appareils taillés sur mesure pour les banques ou les grandes entreprises», explique Annette Kielholz. «Alors que s’aventurer sur le marché international implique un risque entrepreneurial: un informaticien qui touche un bon salaire assuré dans une banque réfléchit à deux fois avant de se lancer dans les softwares standard comme indépendant.»

Du local au global. C’est donc le second défi d’eZurich: passer du local au global. «Avec son petit marché, la Suisse est idéale pour tester les produits, croit Andreas Németh, responsable d’eZurich. Il y a la plus forte densité d’iPhone au monde, notre population est bien formée: ce qui marche ici peut s’exporter.»

Pour cela, Zurich – la Suisse en général – peut capitaliser sur sa réputation dans le monde scientifique. «Les meilleurs en ICT en Europe, ce sont les deux EPF, ainsi que l’Université de Cambridge», lâche Patrick Aebischer, président de l’EPFL.

Mais le Lausannois ne pense pas qu’il soit judicieux de se focaliser sur ce secteur. «Je crois en la convergence info-nano-bio, avec l’élaboration d’appareils petits, fiables et complexes. La Suisse n’est pas faite pour recréer une Silicon Valley, nous ne pensons pas assez vite au niveau entrepreneurial pour cela.»

Patrick Aebischer ne se montre nullement menacé par le projet zurichois. «Il y a deux régions technologiques: le grand Zurich et l’arc lémanique. Chacun met la sienne en avant. En réalité, chaque projet dynamique est bon pour ce petit pays. Après, nous pourrons travailler ensemble.»

Ne pas snober les Romands. C’est aussi le point de vue zurichois, qui se défend de snober les Romands. «Il est plus simple de commencer à notre échelle et d’accueillir d’autres régions plus tard, lorsque le projet fonctionnera», justifie Daniel Heinzmann, directeur de l’informatique de la Ville. Nombriliste, oui. Mais pas indéfiniment.


Doodle

Un hobby aspiré vers la start-up

A la demande d’interview, Michael Näf répond par un lien Doodle. Forcément. L’entrepreneur ne manque pas une occasion de rallier un énième internaute à son site de planification de rendez-vous, qui en draine plus de six millions par mois. Une idée née dans sa tête d’informaticien en 2003 de la peine à organiser un souper entre amis.

Le diplômé de l’EPFZ ne se sentait pas prédestiné à monter sa boîte. «A l’époque, créer une start-up n’était pas aussi courant», se souvient-il. Il pense avoir juste suivi son flair et sa passion de bâtir de A à Z.

Presque à son insu, Doodle a pris corps à côté de son emploi d’ingénieur chez Telekurs puis de chargé de cours à l’EPFZ. Jusqu’à ce que le temps libre investi et l’afflux d’utilisateurs le posent face au dilemme: se professionnaliser ou arrêter.

Fonder Doodle en 2007 n’était que «la suite logique». Michael Näf a recruté son collègue de l’EPFZ, Paul Sevinç, directeur technique. L’Argovien, lui, a pris le management. Bien bâti, piercé et tatoué sur le bras d’un logo qui évoque l’icone d’une batterie, il joue à merveille le rôle de l’entrepreneur branché.

Difficile de déceler les traces des années maigres. Pourtant, ce n’est que l’an dernier que Doodle est sorti des chiffres rouges. Jusqu’en 2008, le duo a vécu sur ses économies. Le patronage du programme fédéral CTI-Startup a permis d’établir un business plan, qui a convaincu des investisseurs. L’équipe s’est ensuite étoffée jusqu’à compter une dizaine de personnes à Zurich, épaulées d’indépendants en Allemagne, aux Etats-Unis et en France.

Dans le Technopark, Doodle est cité en modèle. Les programmes de soutien sont derrière, «nous entrons en phase de maturité» et la start-up rend à la science ce qu’elle y a appris: des partenariats avec les hautes écoles et les deux Poly envoient chez Doodle des étudiants en travail de master. «Nous restons très liés au monde de la recherche.»

Pour l’ancien étudiant de 37 ans, c’est clairement là que se trouve le potentiel économique de Zurich. «Les spécialistes formés ici ne sont certes pas en surnombre, mais leur niveau est excellent.» Il voit le milieu s’internationaliser – si le suisse allemand reste la langue première du Technopark, l’anglais résonne beaucoup à la cafétéria – et émerger une véritable «scène de start-up». «Les investisseurs étrangers sont de plus en plus attirés ici.»

Les sueurs froides des débuts semblent passées. Si la Suisse reste son marché de base, avec un million d’utilisateurs par mois, Doodle vole au-dessus des frontières, portée par ses traductions en trente langues. Reste à savoir si la part de services élaborés et payants progressera suffisamment, ou si Doodle devra se contenter des revenus publicitaires. Et, ainsi, rester exposée au premier front des crises économiques.


Zattoo

Une seconde chance en Suisse après le scepticisme américain

S’il avait trouvé des investisseurs à Singapour, c’est là qu’il vivrait aujourd’hui. Mais c’est en Suisse que le hasard – et le réseau – a mené Beat Knecht. Après avoir passé la moitié de sa vie d’adulte aux Etats-Unis – études d’informatique et carrière –, l’Argovien est rentré à Zurich en 2007, une start-up sous le bras.

Ainsi, les Suisses ont eu l’insigne honneur de constituer les premiers visionneurs de la télévision sur internet, Zattoo. Car si c’est dans les murs de l’Université du Michigan (USA) que la technologie a vu le jour, selon une idée de l’ancien camarade d’études de Knecht, Sugih Jamin, les négociations avec les chaînes et les investisseurs n’y ont jamais abouti. «Nous avions eu des contacts avec les investisseurs de Facebook, mais ils avaient eu des mauvaises expériences avec la vidéo sur internet.»

En Suisse, à l’inverse, Zattoo a suscité un intérêt immédiat. «Dès qu’on l’a lancé, les investisseurs sont venus à nous», explique l’informaticien de pied en cap reconverti en entrepreneur. Même enthousiasme dans le public. «Nous avions créé une liste d’attente pour la version test, en janvier 2007, et tout le monde voulait s’y inscrire. Et lorsqu’on a lancé Zattoo sur le marché, la croissance a été incroyable!»

Aujourd’hui, la start-up vit à cheval sur les deux continents. A Ann Arbor, Michigan, l’équipe de programmateurs développe options et qualité, comme la diminution de la pixellisation. Alors que, à Zurich, la dizaine d’employés établit les contrats avec les chaînes et vend la publicité – les cinq secondes qui surgissent à chaque visionnage, base du financement du programme.

Zattoo draine un million de téléspectateurs dans six pays d’Europe, principalement en Allemagne et en Suisse (400 000). Pour chaque pays, la start-up doit négocier les droits avec les chaînes de télévision, ce qui l’a poussée à se constituer en une équipe aux origines nationales bariolées. «La position géographique de Zurich, au milieu du continent, constitue un atout», estime Beat Knecht. La qualité de vie et l’imposition attractive achèvent de convaincre les étrangers.

Par contre, l’entrepreneur forgé aux Etats-Unis ne croit pas à l’idée d’une Silicon Valley zurichoise. «Cela ne se copie pas. Mais on peut créer quelque chose de propre.» Il songe aux avantages qu’apporterait une concentration plus forte de start-up. «Lorsqu’on fait venir des travailleurs étrangers, on endosse une responsabilité: si cela ne marche pas, on ne peut pas juste les renvoyer chez eux.»

A la Silicon Valley, l’effervescence économique permet à chacun de sauter de projet en projet. «Idem pour le succès d’une start-up: si elle échoue, les Américains se disent qu’à la cinquième tentative, cela marchera! Alors qu’en Suisse, on se concentre sur l’échec.»

Outre ces différences culturelles, l’Argovien pense que la Suisse doit combler ses lacunes de certains spécialistes. Il songe au design interactif – «les Suisses et les Allemands ont du mal à faire de l’abstraction, il faut que ce soit joli et parfait tout de suite» – et aux product managers, ces gens en charge d’un article de A à Z: «Pas suffisamment technique pour que l’EPFZ en forme, trop concret pour l’université».

Ces préoccupations pointues pourraient, si la nouvelle courroie de transmission e-Zurich fonctionne, enfin remonter du terrain à la science et à la politique.


Spontacts

La foi et le financement improvisé

Serait-ce de la foi qui brille dans les yeux de Christoph Seitz? L’entrepreneur en herbe vit sans salaire depuis des mois. Mais il y croit: cet été, l’affaire décollera. C’est sûr.

Depuis un an, le Saint-Gallois se consacre à Spontacts, une application iPhone pour réunir connaissances ou inconnus lors d’activités de dernière minute. Ses deux amis informaticiens Florian Specker et Daniel Kästli élaborent la technologie alors que lui, le créatif, étoffe le contenu et cherche des financements.

Pas facile. «Internet est vu comme un domaine à risques par les investisseurs», regrette-t-il, observant avec envie l’attraction qu’exercent les start-up en pharma ou en biotech. Il a découvert que même le profil des entrepreneurs joue un rôle. «Nous ne sommes plus des petits étudiants comme on imagine dans les start-up, nous avons dépassé la trentaine. Surtout, nous ne venons pas de l’EPFZ. Il suffirait qu’un d’entre nous y ait étudié pour qu’on puisse attirer les investisseurs avec ce label!»

Pour trouver des fonds, Spontacts frappe aussi aux portes de fondations. Mais le fait d’avoir déjà créé la société constitue un handicap. «En plus, les fondations exigent de l’innovation et un produit à breveter: cela ne marche pas sur un software.»

Le trio invente donc un modèle de business basé sur un pari d’avenir: il emploie des informaticiens indépendants, qui recevront un jour l’équivalent de leurs heures en parts de l’entreprise.

L’impétueux Christoph Seitz s’est aussi lancé sur le plateau de la télévision alémanique pour gagner de quoi remplir les caisses de la start-up, dans le quiz Traders. Las! La mauvaise réponse à l’ultime question a fait évaporer les 18 000 francs accumulés.

Les trois jeunes hommes le savent: seul un succès préalable de leur application alléchera les investisseurs. Ils développent donc leur produit dans leur entreprise virtuelle – chacun chez soi, pour éviter le loyer d’un bureau, avec une réunion sur Skype quotidienne. D’ici un mois, ils lanceront la nouvelle version avec laquelle ils espèrent dépasser le cercle confidentiel d’un millier d’utilisateurs.

Christoph Seitz fonde aussi ses espoirs sur la publicité. Les négociations sont en cours, des médias, des sociétés de divertissement ou de formation pourraient s’associer. «Notre produit est devenu réel et les partenaires qu’on avait approchés l’été dernier reviennent. Il fallait juste que trois tarés se lancent au départ!»




Tags: Zurich, technologies d'information, ICT,

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